+LIVE+ - 11 mars 2026

Que ce soit LIVE ou +LIVE+, ou non pour vous, ils ont offert une performance honnête sans pyrotechnie, avec comme seule arme leur classique.

 

Dans l’univers d’un groupe de musique, il y a toujours deux mondes, celui des amateurs inconditionnels et celui des gens qui aiment la musique, mais se foutent éperdument de l’histoire et des déboires du groupe.

Dans le cas de LIVE, je suis de la deuxième catégorie. J’aime plusieurs pièces du groupe, mais je ne me considère pas comme un fan et les drames autour du groupe m’intéressent très peu.

Comme tout le monde, je voulais revivre la nostalgie et cela a fonctionné à merveille, tellement que j’ai même versé quelques larmes. Je vous raconte pourquoi plus loin dans le texte.

La première partie de la soirée a été assuré par The Damn Truth, qui m’a littéralement charmée par leur mélodie originale et la voix mielleuse de la chanteur Lee-La Baum. Une formation de Montréal qui a fait paraître leur premier album en 2012. Il y a un univers dans leur musique qui est complexe et charmant. Je me suis laissé emporté dès la première note, un voyage planant qui mixe psychédélique et vieux rock des années soixante.

Le groupe a travaillé avec Bob Rock, pas mon réalisateur favori, mais il reste qu’il a projeté plusieurs groupes au sommet. Sur scène, il y a une aisance envoûtante et déroutante. Malheureusement, les gens commençaient à arriver vers la fin de leur performance, sûrement dû à la tempête de verglas qui rageait à l’extérieur.

La soirée débutait en force!

Je me rappelais la formation Big Wreck, qui avait eu du succès dans les années quatre-vingt-dix. Ils étaient sur la compilation Big Shiny Tunes trois. Une formation de Boston qui mixe le blues et le rock alternatif avec une touche de funk. Le quatuor n’a pas eu tant de succès aux États-Unis, mais il a trouvé un publique au Canada. C’est pour cela que plusieurs pensent à tort qu’ils sont Canadiens.

Ils sont séparés en 2002, pour revenir en 2010.

J’avais hâte de les voir, je suis encore à ce jour un grand amateur de musique alternative. Le groupe se débrouille bien sur scène, ils sont de bons musiciens. Cependant, ils alternent entre les chansons rapides et les plus tranquilles, ce qui rend difficile de garder la constance au niveau de l’énergie des téléspectateurs qui ne semblait pas connaître le groupe. Je trouvais que d’avoir deux groupes de la scène rock alternative était un beau mixe, mais finalement le spectacle de Big Wreck manquait de punch.

Je ne sais pas combien de personnes étaient présentes pour le concert de LIVE ou pour certains d'Ed Kowalczyk, clairement moins que Megadeth. En revanche, les milliers de personnes présentes étaient prêtes à un voyage dans le temps et c’est ce que le groupe a offert au public de Québec.

Dès les premières notes de la pièce Operation Spirit, le temps s’est littéralement arrêté et tous nos problèmes se sont envolés pour nous ramener en 1990. Ed a une voix hallucinante qui peut monter très haut. Certains amateurs dévoués m’ont dit qu’il en avait un peu perdu avec les années, mais il reste qu’il tient encore la route et il est en grande forme.

La première explosion auditive s'est produite tout de suite après avec la chanson Selling the Drama qui rappelle la force de composition du groupe. La nostalgie commençait à prendre contrôle de moi, ce qui n’arrive que rarement, puisque je ne suis pas tant nostalgique. Le fait de ne pas avoir replongé dans leur catalogue récemment m’a amené à me faire prendre par surprise.

Tout comme Megadeth, les gens ont préféré en majeur partie de regarder le spectacle bien assis ce qui n’a pas donné une soirée historique remplie d’énergie. Je sentais par contre que les gens éprouvaient du plaisir à redécouvrir le groupe.

Ma seule b-mole est le fait qu'Ed, chanteur de la formation, a choisi de performer trois compositions acoustiques soit Heaven, Horse et Overcome. J’ai trouvé tout comme lors du dernier passage de Pearl Jam à Québec, il avait fait cinq pièces acoustiques en débutant le spectacle, que cela a brisé l’énergie de la foule.

En revanche, tel un maître d’orchestre, il a rapidement su ramener les gens dans un concert rock comme il se doit.

C’est à ce moment que j’ai été pris par surprise, le groupe a choisi de jouer en ligne Rattlesnake et Lakini’s Juice, deux pièces sorties en 1997 sur l’album Secret Samadhi. En un instant, je me suis retrouvé en 1997 dans un restaurant Subway, assis en face de Mélanie, ma copine de l’époque. Ironiquement, mon meilleur ami de cette époque, le parrain de ma plus vieille, était au concert en face de moi. Une époque où j’étais au secondaire, les premières blondes, aucune responsabilité et sans tous les drames qui me sont arrivés, par la suite. J’ai littéralement fondu en larmes, c’est fou ce que la musique peut faire.

Le groupe a terminé avec ses deux plus gros classiques soit I Alone et Lightning Crashes, que la foule s’est époumoné à chanter avec vigueur.

C’était magique et clairement le moment fort de la soirée.

Ed a promis de revenir à Québec, j’ai hâte de voir avec la poursuite qui pend sur le nom du groupe.

Texte: Eric Bedard – Prescription punk rock – CKRL 89,1

Photos: Philtanoize - Prescription punk rock – CKRL 89,1

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Philtanoize

Megadeth - 6 mars 2026 

Personne n’a versé de larmes de métal, une finale qui n’avait pas l’air d’un adieu, lors du dernier spectacle de Megadeth dans la vieille capitale.

Est-ce que la formation américaine compte sur le spectacle avec Iron Maiden le 3 septembre 2026, prochain du côté de Montréal, pour nous offrir un adieu senti avec les émotions qui en découlent.

Peut-être que Dave Mustaine n’a pas envie de baigné dans une nostalgie, comme le dernier spectacle de NOFX en sol québécois?

Néanmoins, une soirée électrique nous attendait et les trois formations avaient une carte spéciale dans leurs jeux pour nous rappeler à quel point le trash metal reste un mouvement important et que malgré la popularité de la musique pop, le métal aurait toujours son mot à dire.

Exodus a ouvert le champ de bataille avec une énergie fulgurante. Malgré un son de canne, le groupe a démontré leur force de frappe avec l’élégance qu’on leur reconnaît.

J’étais heureux de les voir pour une première fois, j’ai tout de suite reconnu le jeu de guitare de Gary Holt, on ressent l’influence de Slayer depuis qu’il a rejoint le groupe en 2012. De plus, je pense que le son unique des guitares d’Exodus (se retrouvant sur l’album Repentless) a fini par trouver sa voix sur le chemin des derniers morceaux de Slayer. Je vous rappelle que Kirk Hammett de Metallica a débuté sa carrière avec la formation, il fait partie de l’alignement original du groupe de Richmond en Californie.

Exodus devrait faire partie du Big Four, soit les quatre meilleurs groupes trash metal, que j’étendrais au Big Six, puisque Testament devrait aussi être inclue. J’aurais pensé que la raison pour laquelle ils n’ont pas été inclus est que le groupe est difficile à suivre avec les changements de musiciens et surtout au niveau des chanteurs. Il y a eu quatre voix au total si on considère Tom Hunting, batteur du groupe, comme un chanteur principal, puisqu’il a été la voie principale entre 1980 et 1982. Cependant, Anthrax a eu plusieurs chanteurs aussi, au fil de leur histoire depuis la naissance de ce projet en 1981, ce qui fait que j’aurai tort de penser ça.

J’ai eu l’occasion d’avoir Steve Zetro Soiza en entrevue avant son départ et je dois dire que j’aurais adoré le voir performer derrière le micro. Une personne fort sympathique et qui est très généreuse quand il est temps de partager ses histoires de tournées et ses expériences avec le groupe. Le lien pour écouter l’entrevue se retrouve plus bas.

C’est Rob Dukes qui a œuvré au sein du groupe entre 2005 et 2014, qui jouait le rôle du chef d’orchestre métal.

Trente minutes dans l’univers du métal, c’est court, j’aurais aimé en avoir plus, je me confesse.

La formule à trois groupes limite souvent l’amplitude de la qualité musicale puisque les groupe n’ont pas le temps de prendre leur envol, comme il se doit.

Quand on dit qu’un groupe était dû!

Le dernier passage d’Anthrax dans la vieille capitale remonte a plus de onze ans, soit en 2015. Le groupe était de passage à Trois-Rivières en 2022, mais nous avait boudés lors des dernières tournées, pour des raisons de logistiques j’imagine.

Il reste que pour beaucoup de gens présents lors de ce retour du quatuor. Ils ont littéralement volé le spectacle.

Tout comme leur frère de sang, Exodus, le son laissait à désirer et je ne comprends pas trop pourquoi. L’amphithéâtre est un des beaux au Canada et il est clairement un des plus sophistiqués, on est loin du Colisée Pepsi. Pourquoi a-t-il autant de misère quand ce sont des groupes de style métal ?

Il reste que le groupe a accumulé tellement d’expérience sur scène qu’il n’a rien laissé paraître et la performance était olympienne.

Dès le départ, le groupe a levé le niveau d’énergie du public, surtout dans le parterre.

Malgré tout ce que le groupe donnait, il restait des spectateurs assis et cela a piqué Ian Scott, guitariste de la formation, au vif, puisqu’il a arrêté une pièce pour rappeler à la foule qu’un spectacle de musique métal se vit debout avec les mains dans les airs pour afficher le signe du métal ou en hochant sauvagement la tête.

Il a fait exploser un abcès qui me tombe un peu sur les nerfs depuis plusieurs années. Québec n’est plus aussi intense et n’a plus l’énergie qu’il a déjà eu autrefois.

Plusieurs vont pointer du doigt la clientèle vieillissante, mais je suis allé au festival brésilien dernièrement, avec des gens plus vieux que moi, j’ai quarante-quatre ans. Je vous jure, ils ont dansé pendant deux à trois heures sans s'arrêter, sauf pour boire et prendre une bouchée. Si on n’est pas capable de rester debout pour un concert de moins de trois heures, c’est qu’on a un problème!

Merci aux gens au parterre qui ont entretenu le mush pitt, du mieux qu’ils pouvaient.

C’est à ce moment que la soirée a atteint son apogée, puisqu’on était tous debout unis pour le trash metal.

Les gens laissaient aller leur énergie et on sentait un regain pour la ville de Québec.

Je crois que c’est la raison pour laquelle le spectacle a marqué autant les gens, vendredi.

Megadeth a annoncé que cette tournée était la dernière et que le groupe allait se dissoudre dans quelques années, après avoir fait le tour de la planète, soit près de quarante-cinq ans après sa formation.

Québec a toujours été accueillant pour la formation américaine, leur premier passage remonte en 1986, quelques mois avant la sortie du massif album Peace Sells... but Who's Buying? Le premier spectacle avait eu lieu à Gatineau. Par la suite, ils ont joué à Québec et Montréal.

Pour vous dire, il jouait Looking Down the Cross à cette époque!

Ils sont venus au Québec près de quarante fois, depuis, ça concrétise à quelle point l’histoire d’amour entre eux et la belle province est intense, plus intense que la performance que Dave Mustaine a offerte, en revanche.

Les hostilités ont débuté sur la pièce du nouvel album Tipping Point, qui s’est retrouvé au numéro un des billboard américains. J’ai bien aimé l’album éponyme, soit leur dernier en carrière qui lui aussi a été propulsé au numéro un aux États-Unis. On retrouve un retour aux sources et le retour de l’influence punk dans l’univers du groupe est rafraîchissant, je pense à la pièce I Don’t Care. Dave est un maniaque des Sex Pistols, il a toujours été fan du mouvement punk britannique.

Discharge a beaucoup influencé le trash metal avec GBH et plusieurs groupes de cette vague.

Tout comme lors de leur dernier passage en 2023, la seconde chanson était Dread and the Fugitive Mind qui se retrouve sur l’album The World Needs A Hero. Personnellement, j’aurai préféré entendre une pièce de l’album Youthanasia comme Train of Consequences, Victory ou Reckoning Day que de retourner sur un album qui a moins bien marché. Il reste que Youthanasia qu’on aime ou pas est un album marquant dans leur catalogue et une époque importante pour le quatuor.

Bon, Set the World AFire aussi, cette œuvre qui est un monument musical. Je l’ai entendu lors de leur retour à Montréal pour la tournée The System Has Failed, après l’accident qui lui avait causé une lésion du nerf radial, du côté gauche. Il s’était endormi sur une chaise, dans ses années de consommation intense, soit 2002. Je pense que cette chanson aurait donné encore plus de chaire à cette soirée.

Il reste que le groupe m’a comblé lorsqu’ils ont joué Skin Of My Teeth.

Mon moment fort de la soirée est arrivé lorsque le groupe a joué Countdown to Extinction. Je ne pense pas l’avoir entendu en spectacle dans le passé, ça m’a comblé de bonheur.

J’aurais pensé que l’intervention d'Scott Ian aurait changé l’attitude passive d’une bonne partie des amateurs de musique, mais non.

Les gens se sont tranquillement assis après A Tout le Monde, à ma grande surprise, l’énergie n’est jamais revenue.

Une chance, les puristes eux donnaient tout ce qu’il avait comme énergie, moi-même qui headbanger comme jamais. Je vous écris ces lignes et j’ai toujours mal au cou.

Ils ont choisi de nous interpréter leur version de Mechanix, dans la capitale mondiale des amateurs de Metallica, mais rien n’y fait, une grande partie des gens ont décidé de s’écraser et rester tranquillement assis dans un confort qui n'est pas lié à la racine du métal, chez les puristes.

Certains sur leur cellulaire, sur Facebook?

Je ne suis pas surpris que Mustaine ne se soit pas éternisé dans un discours pour nous remercier de notre fidélité. On ne leur donnait pas l’énergie d’une grosse date, comme par exemple New-York.

Le groupe a terminé la soirée avec Holy Wars... The Punishment Due. Les personnes assises durant la performance du groupe, ont commencé à quitter en plein milieu de la chanson. Le buzz qu’était le dernier show du groupe aura attiré des gens qui ne sont pas des puristes et je trouve que ça gâchait cette finale, parce que je considère que quitter avant la fin est un manque de respect, surtout quand c’est leur dernier passage à vie. Le groupe aurait mérité une ovation digne de ce nom.

Sûrement pour éviter quelques minutes de trafic, la grosse affaire!

Je comprends quand c’est une urgence!

Ça va avec le reste, on doit arrêter de se leurrer, on est endormi à Québec depuis un bon moment.

Par chance, ce ne sont pas tous les spectacles qui sont dans cette situation, mais je l’ai vu trop souvent.

Ceux qui, comme moi, sont restés, auront pu assister à la virtuosité des membres du groupe avec une finale époustouflante, ce sont les solos de guitare et les instruments qui ont fait de ce spectacle une réussite, somme toute. La voix de Mustaine a été préservée, c’est clair car, elle manquait de force comparée aux fois où je l’ai vue. Il l’a joué safe, si je peux me permettre l’anglicisme.

Je ne peux pas en vouloir au groupe d’être épuisé de cette tournée canadienne, nous étions la dernière date.

Je sais que Dave Mustaine a vaincu un cancer et avec toutes ses années de consommation d’héroïnes, il est clair que cela aura laissé des traces. Il reste que ça faisait du bien de voir la légende une dernière fois, ici dans ma ville natale.

J’avais le sourire aux lèvres quand Dave est venu lancer ses piques de guitares sur la pièce My Way et la version de Sid Vicious de ce classique.

Il est clair qu’il l’aura fait à sa façon, à quelques compromis près.

Au revoir Megadeth, en espérant pouvoir se revoir en septembre du côté de Montréal!

Texte: Eric BedardPrescription Punk RockCKRL 89,1

Photos: Philthanoize – Philippe Clavet - Prescription punk rock – CKRL 89,1

www.prescriptionpunkrock.com

https://philthanoize.com/

L’entrevue que j’ai réalisée avec Exodus est disponible ici :

https://youtu.be/ymNik4gN7bA?si=Sqn7p2rdkJ7MlNkn

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