Dead Bob - 9 mai 2026
Ils sont venus conquérir nos oreilles tels des guerriers punks musicaux. Le nombre de la foule leur importait peu. Le plaisir n’est pas un nombre!
J’attendais cette soirée avec impatience, je vous l’avoue. Un autre magnifique coup de circuit signé par les productions de La Source de la Martinière.
La première partie était assurée par la formation Mvll Crimes, qui offre un son street punk avec une belle férocité, surtout au niveau de Jill, qui est la chanteuse du groupe de London en Ontario.
Une combinaison entre Amyl and the Sniffers et Dayglo Abortions, sans l’aspect métal et technique de la mythique formation Canadienne.
Ils ont captivé la foule tout au long de leur performance. C’était une découverte pour tout le monde présent.
Les punks de l’Ontario ont apprécié leur soirée à Québec, j’ai pu jaser avec eux à la fin de leur spectacle.
Dead Bob était à leur deuxième passage dans la vieille capitale. La bande de John Wright gagne rapidement du terrain, surtout avec le nouvel album, Nothing Changes Everything. Il combine un son de punk progressif avec du jazz fusion, dans un univers au son absurde.
C’est leur deuxième album en carrière.
C’est une musique qui rappelle la formation The Residents, sur certains aspects. Un peu fucké sur les bords.
Il faut replonger dans l’histoire du punk canadien pour pouvoir comprendre l’ampleur du groupe.
Victoria est une ville d’environ quatre-vingt-dix mille habitants. La ville est la capitale de la Colombie-Britannique. On doit y accéder par voie maritime, ce qui explique sûrement le fait que peu de groupes punks allaient les visiter. Ils ont connu le punk, bien évidemment!
Cependant, à l’époque où le groupe s’est formé, à la toute fin des années soixante-dix, l’influence de la vague punk n’a pas résonné de la même façon dans leur coin de Canada.
L’impact sur les musiciens a été différente et cela a amené le groupe à se démarquer de tous les autres. Un son unique qui combine les techniques du jazz avec l’énergie du mouvement punk.
Un autre bon exemple de la scène de Victoria est Dayglo Abortions, qui ont été les précurseurs du cross over, c’est-à-dire le mélange entre le punk et le métal.
Personne ne sonnait comme eux, à ce moment de l’histoire. Le terme prog punk s'est forgé autour d’eux. Tout comme Hüsker Dü, il était avant leur temps.
Tout comme la scène de Seattle, ils ont créé une scène locale qui leur était propre. Elle est devenue, avec le temps, historique et mythique. D’ailleurs, la troupe des frères Wright, soit Nomeansno, est un phénomène en soi. Leur succès est indéniable. Tous ceux qui les ont vus en concert sont devenus des passionnés du trio. Ils ont conquis rapidement l’Europe et les amateurs de la maison de disque Alternative Tentacles, soit celle de Jello Biafra ex Dead Kennedys.
Soudgarden a ouvert pour la formation à leur début, puisqu’à Seattle ils étaient déjà considérés comme un pilier de la scène punk. D.O.A. et Nomeansno ont influencé la scène punk de Seatles, de façon majeure. Peu de tournées se rendaient dans cette ville nuageuse.
La musique du groupe punk de Victoria a résonné chez Kurt Kobain, Dave Grohl, Chris Cornell qui ont tous été présents lors de leur passage et qui les ont cités comme étant une grande influence sur leur musique. Le mot grunge est l'invention des maisons de disque commerciales pour vendre la scène punk de Seattle, puisque le punk ne se vendait pas bien au début des années quatre-vingt-dix.
Ils étaient des guerriers de la route. Cela les a amenés à rapidement tomber sous le radar de Jello Biafra, qui les a signés sous sa maison de disque. John Wright est un des meilleurs batteurs de la scène punk, par son style unique et surtout son énergie. Il a étudié le jazz et cela paraît juste à la façon dont il tient ses baguettes de drums.
John a participé à plusieurs projets, Hanson Borthers, son projet de soutien, a été lui aussi très populaire. Le groupe est inspiré par les mythiques Ramones de New-York. Il parle de hockey, de bière et de thème de party sans fin.
Typiquement Canadien de leur part!
Il a participé au projet Compressorhead, ce sont des robots qui font du rock et du métal. Il utilise un processus de compression à air. John a écrit les partitions de drums, ils n’ont pas utilisé l’intelligence artificielle pour ce projet seulement leur connaissance et leur intelligence. Cela montre mon point que John Wright, tout comme son frère, est un génie musical.
Peut-être connaissez-vous la formation The Show Business Giants, dans laquelle il a évolué pendant quelques années. Je crois que tous les groupes de cette vague punk auraient aimé avoir John Wright en arrière de la batterie.
Dead Bob est la suite logique de tous ses projets, une erreur puisque le groupe n’aurait jamais vu le jour sans la faillite du pub de John dont Isaac Tremblay de la microbrasserie Trou du Diable était actionnaire.
J’avais dit qu’il est brasseur de bière, en fait un pionnier puisqu’il a sorti des vidéos en vhs dans les années quatre-vingt, sous forme de tutoriel, à savoir comment brasser de la bière à la maison.
C’est une beer geek, comme on dit dans le jargon.
Le groupe rassemble les meilleurs musiciens de la scène punk, ils ont un bassiste du nom de Colin MacRae qui est littéralement au même niveau que Matt Freeman, de la formation Rancid. Ford Pier est lui aussi une légende de la scène canadienne. Il a joué dans plusieurs projets, dont D.O.A. Il est un multi-instrumentiste accompli, avec Dead Bob il joue du trombone, clavier, il danse et il chante. De plus, la guitariste de la formation, soit Byron Slack, est lui aussi un virtuose ; il amène une touche punk rock mélodique au projet.
La force du groupe repose sur John Wright, mais je dois dire que Kristy-Lee Audette offre une touche spéciale au niveau du groupe. Elle amène une énergie à travers une personnalité unique. Sa présence sur scène est magistrale, les faces qu’elle fait sont très drôles et punk.
Sur scène, le groupe est dans son élément, on le voit par leur sourire et la puissance qu’il dégage. C’est une force de la nature qui ne laisse personne indifférent, qu’on aime ce type de musique ou non.
C’est leur pouvoir de super-héros punk, celui de vous amener dans une zone où vous n’êtes jamais allé et de vous permettre de plonger dans une transe où tous vos sens sont amenés à vivre quelque chose de nouveau, voire spirituel.
C’est comme un trip de peyote, de champignon magique ou de lsd, sans avoir à rien prendre.
On sort de sa zone de confort et on plonge avec eux dans ce délire musical.
La batterie de John Wright est placée sur le côté droit de la scène, il est de côté à nous et non en arrière du groupe. Je n’avais jamais vu une batterie placée de la sorte. Je me suis collée à lui pour le regarder jouer de son instrument une bonne partie du spectacle. Il m’a envoûté, voire hypnotisé.
Du haut de ses soixante-quatre ans, John Wright affiche une forme olympique derrière sa batterie. Il a une aisance et le sens de la précision. Il a mis beaucoup de temps avant d’atteindre ce niveau et son âge ne dilue pas son talent. C’est beau à observer, il y a quelque chose de poétique dans chacun de ses coups de baguettes. On voit immédiatement qu’on a affaire à un joueur de batterie hors norme.
Byron aime s’amuser avec la foule, il va souvent voir le public tout en offrant un solo. On sent l’expérience infinie des musiciens sur la scène.
Mon moment fort de la soirée est survenu lorsque le groupe a performé la pièce No Fun, qui est sûrement une de leurs meilleures.
Je dois dire que Punk Rock-A-Rama est une chanson qui sort bien en spectacle. La basse est très dominante dans au niveau de leur composition et en spectacle, cela offre une intensité enivrante.
Ils ont joué plus d’une heure au plaisir du public qui démontrait avec enthousiasme leur amour pour Dead Bob. Comme on dit, on était une petite poignée d’amateurs de musique punk prog, mais la qualité du public était au rendez-vous.
C’est comme si tu étais dans un petit groupe de personnes qui a trouvé le sens de la vie, qui se retrouve ensemble pour partager leur découverte et se disant intérieurement : toi, tu as compris quelque chose que les autres ont manqué.
Ce n’est pas de la musique pour tout le monde, je le consens. Cependant, n’importe qui avec une ouverture musicale se doit d’aller écouter et découvrir cette formation. Vous allez trouver votre première écoute étrange, votre deuxième intriguante et lors de la troisième vous allez devenir un amateur de Dead Bob.
Bienvenue dans cette grande famille dysfonctionnelle!
J’ai adoré ma soirée à La Source de la Martinière, un spectacle qui va rester gravé dans ma mémoire.
Je vais pouvoir faire un crochet sur mon rêve de voir John jouer de la batterie sur scène.
Je vais avoir la chance de les revoir la fin de semaine prochaine, soit le 16 mai 2026 lors du Pouzza Fest.
Si vous êtes dans le coin, je vous recommande d’aller les voir et de vous coucher tard, car ils vont monter sur scène à 1h00 du matin.
Dormir c’est pour les faibles, pas pour les punks!
L'entrevue que j'ai réalisé avec John Wright est disponible via le lien suivant: https://www.youtube.com/watch?v=57qZA3rExIA
Un extrait du spectacle est disponible ici: https://www.youtube.com/shorts/yUhpXU07Kjg
Texte: Eric Bedard – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
Photos : L'oeil de Mel-C. – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
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L'Oeil de Mel-C
Pépé et sa guitare et Rouge Pompier - Radiothon de CKRL 89,1
L’histoire s’est introduite dans le meilleur scénario musical, jamais produit lors d'une émission spéciale de Prescription punk rock.
Le radiothon de CKRL 89,1 est un incontournable à chaque année. Non seulement c’est un moment essentiel dans l’équation de la survie de la station, mais il nous amène aussi à nous dépasser l’instant d’une fin de semaine.
Chaque année on me demande de venir crier mon fameux hurlement, devant un public. C’est un défi de taille puisque chaque année nous avons poussé la coche plus haute. L’an passé nous avons eu la chance d’avoir Vincent Peake, de Groovy Aardvark et Grimskunk en duo avec Joe Evil de GrimSkunk. Ils ont offert une performance unique et tellement chaleureuse en nous replongeant dans une nostalgie devant l’œuvre de leur formation respective.
Quelques semaines avant l’évènement qui a eu lieu le samedi 25 avril 2026. Je n’avais pas de confirmation dans le béton, je ne vous dis pas le stress que ça amène!
Cependant, les astres se sont enlignés rapidement, par la suite puisque Pépé et sa guitare et Rouge Pompier ont accepté de venir vivre l’expérience avec nous.
Soulagement, je savais à ce moment que je tenais un moment qui allait passer à l’histoire de l’émission et du radiothon de CKRL 89,1.
J’avais une grosse journée devant moi, j’étais à Montréal pour un tournage qui avait lieu tôt le matin. Ensuite, je reprenais la route pour revenir à Québec. L’adrénaline a été mon meilleur ami pour cette aventure hors norme.
Tout a bien été, mon père est venu souper avec nous et garder mon plus jeune, soit Eden.
Je suis partie vers la station vers sept heures, je demeure proche. Le stress avait pris possession de mes moyens, comme chaque édition.
Va-t-il y avoir du monde, peut-être trop de monde et pas assez de place. Plein de questions me traversaient l’esprit.
Une fois sur place, à grande surprise, il y avait déjà des amateurs des deux artistes d’arriver sur place. Mon stress s’est automatiquement dissipé quand j’ai vu le sourire qu’affichait Jessy Fuchs de Rouge Pompier et Pépé. Cette soirée s'annonçait épicée.
Le marathon qui a suivi l’arrivée des auditeurs a été fulgurant. La salle s’est remplie dans le temps de le dire, et j’ai hurlé le coup d’envoi. Après l’introduction, nous sommes plongés dans un bloc musical qui a compris entre autres le groupe THE MATCHUP et leur reprise de la formation Indochine, Des fleurs pour Salinger paru sur l’étiquette de disque à Jessy Fuchs, Slam Disques.
Jessy est venue me rejoindre pour une courte entrevue et il est ensuite allé se placer, pour sa première performance en solo, en carrière. Il affichait une petite nervosité, qui s’est vite transformée en moment historique puisque le public l’a non seulement rassuré en chantant ses pièces, mais en lui donnant l’énergie nécessaire pour une amenée dans un autre monde, loin de nos problèmes.
Quand on parle de sortir de sa zone de confort, c’était clairement le cas! Je lui lève ma casquette pour cet exploit.
J’ai même eu la chance de faire du surf de foule, puisqu’il invitait la foule à me soulever pour donner le thon à la soirée. Clairement, la première fois que la station vivait un moment comme ça!
La magie de la musique a fait son effet et le moment fort de la soirée est arrivé lorsque Pépé a décidé spontanément de suivre Jessy à la guitare et nous a démontré tout son talent. Il avait organisé de jouer ensemble la dernière chanson de la soirée, mais ce moment était purement improvisé. C’est la beauté de la musique, de se réunir afin de la célébrer.
C’est indescriptible comme expérience, chaque année j’essaie de le décrire, mais il faut le vivre pour le comprendre. Se ramasser ensemble, coller dans un petit local qui sent le punk, devant un spectacle avec un caractère unique diffusé sur les ondes radiophoniques.
J’adore le spectacle de Rouge Pompier en formule solo, ça va rester gravé dans ma tête à jamais.
Par la suite, j’ai eu la chance de piquer une jasette avec Pépé et parler punk avec lui. On oublie rapidement qu’il a évolué dans la formation punk Flying Vomit.
Il a offert un show enivrant avec tout le talent qu’on lui connaît. Il ne nous a pas laissé de répits, nous avons chanté sur toutes ses pièces parce qu’on les adore et qu’on les connaît par cœur.
Je dois dire que le moment fort est survenu lorsque Pépé et sa guitare a fait Bobettes Bob et Ma ptite 50 qui sont devenus des classiques du répertoire de la musique francophone.
J’étais tellement heureux de pouvoir l’avoir pour le radiothon, ça fait plusieurs années que j’essayais de l’avoir en prestation, car je savais que c’est toujours un match parfait avec lui. J’avais raison, la réaction de la foule n’a pas menti.
Nous avons ramassé plus de six mille dollars durant les trois heures
grâce à vous, les auditeurs. Je peux vous dire que cette émission a été non seulement un succès, mais qu’elle a passé à l’histoire de la station.
On va s’en rappeler toute notre vie.
Sans l'équipe technique de CKRL 89,1, cette émission n'aurait pas été possible, je me mets à genoux devant leur travail qui est coriace.
Merci à Simon Roy, Jean-Sébastien Doré et Dany Fortin.
Merci à Pépé et sa guitare et Jessy Fuchs de Rouge Pompier, Slam Disques, Hell for Breakfast, ainsi que tous les gens qui se sont déplacés et tous les auditeurs qui ont suivi le radiothon à la radio. Il est primordial de soutenir nos artistes locaux
Je vous rappelle que nous sommes en ondes tous les lundis à neuf heures.
Vous pouvez écouter la vidéo de la pièce Un café, un bat par Pépé et sa guitare lors du radiothon ici : https://youtu.be/DzBJirKSsfo?si=CxGFOqf-SnVnxLgY
Texte: Eric Bedard – Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89,1
Photos: L'oeil de Mel-C. - Melanie Clement – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
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Carbo Photographe Quebec
+LIVE+ - 11 mars 2026
Que ce soit LIVE ou +LIVE+, ou non pour vous, ils ont offert une performance honnête sans pyrotechnie, avec comme seule arme leur classique.
Dans l’univers d’un groupe de musique, il y a toujours deux mondes, celui des amateurs inconditionnels et celui des gens qui aiment la musique, mais se foutent éperdument de l’histoire et des déboires du groupe.
Dans le cas de LIVE, je suis de la deuxième catégorie. J’aime plusieurs pièces du groupe, mais je ne me considère pas comme un fan et les drames autour du groupe m’intéressent très peu.
Comme tout le monde, je voulais revivre la nostalgie et cela a fonctionné à merveille, tellement que j’ai même versé quelques larmes. Je vous raconte pourquoi plus loin dans le texte.
La première partie de la soirée a été assuré par The Damn Truth, qui m’a littéralement charmée par leur mélodie originale et la voix mielleuse de la chanteur Lee-La Baum. Une formation de Montréal qui a fait paraître leur premier album en 2012. Il y a un univers dans leur musique qui est complexe et charmant. Je me suis laissé emporté dès la première note, un voyage planant qui mixe psychédélique et vieux rock des années soixante.
Le groupe a travaillé avec Bob Rock, pas mon réalisateur favori, mais il reste qu’il a projeté plusieurs groupes au sommet. Sur scène, il y a une aisance envoûtante et déroutante. Malheureusement, les gens commençaient à arriver vers la fin de leur performance, sûrement dû à la tempête de verglas qui rageait à l’extérieur.
La soirée débutait en force!
Je me rappelais la formation Big Wreck, qui avait eu du succès dans les années quatre-vingt-dix. Ils étaient sur la compilation Big Shiny Tunes trois. Une formation de Boston qui mixe le blues et le rock alternatif avec une touche de funk. Le quatuor n’a pas eu tant de succès aux États-Unis, mais il a trouvé un publique au Canada. C’est pour cela que plusieurs pensent à tort qu’ils sont Canadiens.
Ils sont séparés en 2002, pour revenir en 2010.
J’avais hâte de les voir, je suis encore à ce jour un grand amateur de musique alternative. Le groupe se débrouille bien sur scène, ils sont de bons musiciens. Cependant, ils alternent entre les chansons rapides et les plus tranquilles, ce qui rend difficile de garder la constance au niveau de l’énergie des téléspectateurs qui ne semblait pas connaître le groupe. Je trouvais que d’avoir deux groupes de la scène rock alternative était un beau mixe, mais finalement le spectacle de Big Wreck manquait de punch.
Je ne sais pas combien de personnes étaient présentes pour le concert de LIVE ou pour certains d'Ed Kowalczyk, clairement moins que Megadeth. En revanche, les milliers de personnes présentes étaient prêtes à un voyage dans le temps et c’est ce que le groupe a offert au public de Québec.
Dès les premières notes de la pièce Operation Spirit, le temps s’est littéralement arrêté et tous nos problèmes se sont envolés pour nous ramener en 1990. Ed a une voix hallucinante qui peut monter très haut. Certains amateurs dévoués m’ont dit qu’il en avait un peu perdu avec les années, mais il reste qu’il tient encore la route et il est en grande forme.
La première explosion auditive s'est produite tout de suite après avec la chanson Selling the Drama qui rappelle la force de composition du groupe. La nostalgie commençait à prendre contrôle de moi, ce qui n’arrive que rarement, puisque je ne suis pas tant nostalgique. Le fait de ne pas avoir replongé dans leur catalogue récemment m’a amené à me faire prendre par surprise.
Tout comme Megadeth, les gens ont préféré en majeur partie de regarder le spectacle bien assis ce qui n’a pas donné une soirée historique remplie d’énergie. Je sentais par contre que les gens éprouvaient du plaisir à redécouvrir le groupe.
Ma seule b-mole est le fait qu'Ed, chanteur de la formation, a choisi de performer trois compositions acoustiques soit Heaven, Horse et Overcome. J’ai trouvé tout comme lors du dernier passage de Pearl Jam à Québec, il avait fait cinq pièces acoustiques en débutant le spectacle, que cela a brisé l’énergie de la foule.
En revanche, tel un maître d’orchestre, il a rapidement su ramener les gens dans un concert rock comme il se doit.
C’est à ce moment que j’ai été pris par surprise, le groupe a choisi de jouer en ligne Rattlesnake et Lakini’s Juice, deux pièces sorties en 1997 sur l’album Secret Samadhi. En un instant, je me suis retrouvé en 1997 dans un restaurant Subway, assis en face de Mélanie, ma copine de l’époque. Ironiquement, mon meilleur ami de cette époque, le parrain de ma plus vieille, était au concert en face de moi. Une époque où j’étais au secondaire, les premières blondes, aucune responsabilité et sans tous les drames qui me sont arrivés, par la suite. J’ai littéralement fondu en larmes, c’est fou ce que la musique peut faire.
Le groupe a terminé avec ses deux plus gros classiques soit I Alone et Lightning Crashes, que la foule s’est époumoné à chanter avec vigueur.
C’était magique et clairement le moment fort de la soirée.
Ed a promis de revenir à Québec, j’ai hâte de voir avec la poursuite qui pend sur le nom du groupe.
Texte: Eric Bedard – Prescription punk rock – CKRL 89,1
Photos: Philtanoize - Prescription punk rock – CKRL 89,1
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Philtanoize
Megadeth - 6 mars 2026
Personne n’a versé de larmes de métal, une finale qui n’avait pas l’air d’un adieu, lors du dernier spectacle de Megadeth dans la vieille capitale.
Est-ce que la formation américaine compte sur le spectacle avec Iron Maiden le 3 septembre 2026, prochain du côté de Montréal, pour nous offrir un adieu senti avec les émotions qui en découlent.
Peut-être que Dave Mustaine n’a pas envie de baigné dans une nostalgie, comme le dernier spectacle de NOFX en sol québécois?
Néanmoins, une soirée électrique nous attendait et les trois formations avaient une carte spéciale dans leurs jeux pour nous rappeler à quel point le trash metal reste un mouvement important et que malgré la popularité de la musique pop, le métal aurait toujours son mot à dire.
Exodus a ouvert le champ de bataille avec une énergie fulgurante. Malgré un son de canne, le groupe a démontré leur force de frappe avec l’élégance qu’on leur reconnaît.
J’étais heureux de les voir pour une première fois, j’ai tout de suite reconnu le jeu de guitare de Gary Holt, on ressent l’influence de Slayer depuis qu’il a rejoint le groupe en 2012. De plus, je pense que le son unique des guitares d’Exodus (se retrouvant sur l’album Repentless) a fini par trouver sa voix sur le chemin des derniers morceaux de Slayer. Je vous rappelle que Kirk Hammett de Metallica a débuté sa carrière avec la formation, il fait partie de l’alignement original du groupe de Richmond en Californie.
Exodus devrait faire partie du Big Four, soit les quatre meilleurs groupes trash metal, que j’étendrais au Big Six, puisque Testament devrait aussi être inclue. J’aurais pensé que la raison pour laquelle ils n’ont pas été inclus est que le groupe est difficile à suivre avec les changements de musiciens et surtout au niveau des chanteurs. Il y a eu quatre voix au total si on considère Tom Hunting, batteur du groupe, comme un chanteur principal, puisqu’il a été la voie principale entre 1980 et 1982. Cependant, Anthrax a eu plusieurs chanteurs aussi, au fil de leur histoire depuis la naissance de ce projet en 1981, ce qui fait que j’aurai tort de penser ça.
J’ai eu l’occasion d’avoir Steve Zetro Soiza en entrevue avant son départ et je dois dire que j’aurais adoré le voir performer derrière le micro. Une personne fort sympathique et qui est très généreuse quand il est temps de partager ses histoires de tournées et ses expériences avec le groupe. Le lien pour écouter l’entrevue se retrouve plus bas.
C’est Rob Dukes qui a œuvré au sein du groupe entre 2005 et 2014, qui jouait le rôle du chef d’orchestre métal.
Trente minutes dans l’univers du métal, c’est court, j’aurais aimé en avoir plus, je me confesse.
La formule à trois groupes limite souvent l’amplitude de la qualité musicale puisque les groupe n’ont pas le temps de prendre leur envol, comme il se doit.
Quand on dit qu’un groupe était dû!
Le dernier passage d’Anthrax dans la vieille capitale remonte a plus de onze ans, soit en 2015. Le groupe était de passage à Trois-Rivières en 2022, mais nous avait boudés lors des dernières tournées, pour des raisons de logistiques j’imagine.
Il reste que pour beaucoup de gens présents lors de ce retour du quatuor. Ils ont littéralement volé le spectacle.
Tout comme leur frère de sang, Exodus, le son laissait à désirer et je ne comprends pas trop pourquoi. L’amphithéâtre est un des beaux au Canada et il est clairement un des plus sophistiqués, on est loin du Colisée Pepsi. Pourquoi a-t-il autant de misère quand ce sont des groupes de style métal ?
Il reste que le groupe a accumulé tellement d’expérience sur scène qu’il n’a rien laissé paraître et la performance était olympienne.
Dès le départ, le groupe a levé le niveau d’énergie du public, surtout dans le parterre.
Malgré tout ce que le groupe donnait, il restait des spectateurs assis et cela a piqué Ian Scott, guitariste de la formation, au vif, puisqu’il a arrêté une pièce pour rappeler à la foule qu’un spectacle de musique métal se vit debout avec les mains dans les airs pour afficher le signe du métal ou en hochant sauvagement la tête.
Il a fait exploser un abcès qui me tombe un peu sur les nerfs depuis plusieurs années. Québec n’est plus aussi intense et n’a plus l’énergie qu’il a déjà eu autrefois.
Plusieurs vont pointer du doigt la clientèle vieillissante, mais je suis allé au festival brésilien dernièrement, avec des gens plus vieux que moi, j’ai quarante-quatre ans. Je vous jure, ils ont dansé pendant deux à trois heures sans s'arrêter, sauf pour boire et prendre une bouchée. Si on n’est pas capable de rester debout pour un concert de moins de trois heures, c’est qu’on a un problème!
Merci aux gens au parterre qui ont entretenu le mush pitt, du mieux qu’ils pouvaient.
C’est à ce moment que la soirée a atteint son apogée, puisqu’on était tous debout unis pour le trash metal.
Les gens laissaient aller leur énergie et on sentait un regain pour la ville de Québec.
Je crois que c’est la raison pour laquelle le spectacle a marqué autant les gens, vendredi.
Megadeth a annoncé que cette tournée était la dernière et que le groupe allait se dissoudre dans quelques années, après avoir fait le tour de la planète, soit près de quarante-cinq ans après sa formation.
Québec a toujours été accueillant pour la formation américaine, leur premier passage remonte en 1986, quelques mois avant la sortie du massif album Peace Sells... but Who's Buying? Le premier spectacle avait eu lieu à Gatineau. Par la suite, ils ont joué à Québec et Montréal.
Pour vous dire, il jouait Looking Down the Cross à cette époque!
Ils sont venus au Québec près de quarante fois, depuis, ça concrétise à quelle point l’histoire d’amour entre eux et la belle province est intense, plus intense que la performance que Dave Mustaine a offerte, en revanche.
Les hostilités ont débuté sur la pièce du nouvel album Tipping Point, qui s’est retrouvé au numéro un des billboard américains. J’ai bien aimé l’album éponyme, soit leur dernier en carrière qui lui aussi a été propulsé au numéro un aux États-Unis. On retrouve un retour aux sources et le retour de l’influence punk dans l’univers du groupe est rafraîchissant, je pense à la pièce I Don’t Care. Dave est un maniaque des Sex Pistols, il a toujours été fan du mouvement punk britannique.
Discharge a beaucoup influencé le trash metal avec GBH et plusieurs groupes de cette vague.
Tout comme lors de leur dernier passage en 2023, la seconde chanson était Dread and the Fugitive Mind qui se retrouve sur l’album The World Needs A Hero. Personnellement, j’aurai préféré entendre une pièce de l’album Youthanasia comme Train of Consequences, Victory ou Reckoning Day que de retourner sur un album qui a moins bien marché. Il reste que Youthanasia qu’on aime ou pas est un album marquant dans leur catalogue et une époque importante pour le quatuor.
Bon, Set the World AFire aussi, cette œuvre qui est un monument musical. Je l’ai entendu lors de leur retour à Montréal pour la tournée The System Has Failed, après l’accident qui lui avait causé une lésion du nerf radial, du côté gauche. Il s’était endormi sur une chaise, dans ses années de consommation intense, soit 2002. Je pense que cette chanson aurait donné encore plus de chaire à cette soirée.
Il reste que le groupe m’a comblé lorsqu’ils ont joué Skin Of My Teeth.
Mon moment fort de la soirée est arrivé lorsque le groupe a joué Countdown to Extinction. Je ne pense pas l’avoir entendu en spectacle dans le passé, ça m’a comblé de bonheur.
J’aurais pensé que l’intervention d'Scott Ian aurait changé l’attitude passive d’une bonne partie des amateurs de musique, mais non.
Les gens se sont tranquillement assis après A Tout le Monde, à ma grande surprise, l’énergie n’est jamais revenue.
Une chance, les puristes eux donnaient tout ce qu’il avait comme énergie, moi-même qui headbanger comme jamais. Je vous écris ces lignes et j’ai toujours mal au cou.
Ils ont choisi de nous interpréter leur version de Mechanix, dans la capitale mondiale des amateurs de Metallica, mais rien n’y fait, une grande partie des gens ont décidé de s’écraser et rester tranquillement assis dans un confort qui n'est pas lié à la racine du métal, chez les puristes.
Certains sur leur cellulaire, sur Facebook?
Je ne suis pas surpris que Mustaine ne se soit pas éternisé dans un discours pour nous remercier de notre fidélité. On ne leur donnait pas l’énergie d’une grosse date, comme par exemple New-York.
Le groupe a terminé la soirée avec Holy Wars... The Punishment Due. Les personnes assises durant la performance du groupe, ont commencé à quitter en plein milieu de la chanson. Le buzz qu’était le dernier show du groupe aura attiré des gens qui ne sont pas des puristes et je trouve que ça gâchait cette finale, parce que je considère que quitter avant la fin est un manque de respect, surtout quand c’est leur dernier passage à vie. Le groupe aurait mérité une ovation digne de ce nom.
Sûrement pour éviter quelques minutes de trafic, la grosse affaire!
Je comprends quand c’est une urgence!
Ça va avec le reste, on doit arrêter de se leurrer, on est endormi à Québec depuis un bon moment.
Par chance, ce ne sont pas tous les spectacles qui sont dans cette situation, mais je l’ai vu trop souvent.
Ceux qui, comme moi, sont restés, auront pu assister à la virtuosité des membres du groupe avec une finale époustouflante, ce sont les solos de guitare et les instruments qui ont fait de ce spectacle une réussite, somme toute. La voix de Mustaine a été préservée, c’est clair car, elle manquait de force comparée aux fois où je l’ai vue. Il l’a joué safe, si je peux me permettre l’anglicisme.
Je ne peux pas en vouloir au groupe d’être épuisé de cette tournée canadienne, nous étions la dernière date.
Je sais que Dave Mustaine a vaincu un cancer et avec toutes ses années de consommation d’héroïnes, il est clair que cela aura laissé des traces. Il reste que ça faisait du bien de voir la légende une dernière fois, ici dans ma ville natale.
J’avais le sourire aux lèvres quand Dave est venu lancer ses piques de guitares sur la pièce My Way et la version de Sid Vicious de ce classique.
Il est clair qu’il l’aura fait à sa façon, à quelques compromis près.
Au revoir Megadeth, en espérant pouvoir se revoir en septembre du côté de Montréal!
Texte: Eric Bedard – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
Photos: Philthanoize – Philippe Clavet - Prescription punk rock – CKRL 89,1
L’entrevue que j’ai réalisée avec Exodus est disponible ici :
Galerie
Philtanoize














































































































