Les Ramoneurs de Menhirs - 6 novembre 2025

Loran me l’a crié avant le spectacle, on va te ramoner le Menhir!

La dernière visite des Ramoneurs de Menhirs remontait en 2023, il avait créé un raz de marée et enivré un public qui les attendait depuis plus de sept ans. Il était venu lors de la St-Jean Baptise en 2016, lors du Rockfest à Montebello. C’est à ce moment que j’avais rencontré Loran, ex-Berurier Noir.

Un moment loufoque, puisque j’étais en pleine entrevue avec The Lost Love et une main a surgi de nulle part pour prendre mon micro pour s’introduire dans l’entrevue. Je ne vous dis pas la tronche qu’on avait les cinq quand on a réalisé que c’était Loran des Ramoneurs de Menhirs, tout sourire, qui nous vantait l’accueil des Québécois envers lui et son groupe.

Il nous a aussi instruits sur le petit bidet.

Leur retour au Québec marquait leur quatrième passage, depuis la formation du groupe en 2012.

Quand le groupe vient, une légion de vieux punks se réveille pour venir soutenir le message du groupe qui est le même depuis les années quatre-vingt, il est juste spéculé sous différentes formes.

Que ce soit Bérurier Noir, No Suicide Act, Molodoï ou Les Ramoneurs de Menhirs, la mentalité reste la même, soulevant une foule avec comme allié des textes flamboyants qui soulignent l’indignation qu’amène le malaise de vivre dans une fausse démocratie appuyée par des politiciens qui ont une richesse infinie.

La porcherie est toujours active, les porcs sont plus porcs que jamais et nous avons besoin de plus d'artistes comme Loran et François (fanfan), deux ex-Bérurier Noir.

La soirée a débuté avec le quatuor québécois Les Toffes, que je ne connaissais pas. Je n’ai pas beaucoup d’informations sur l’histoire du groupe. Cependant, ils ont donné un spectacle rempli d’énergie.

Le chanteur dégageait une vibration digne d’un Mike Jagger des Rolling Stone en version punk rock. Je vous jure le groupe a tout donné et les membres ont atteint un âge honorable. Une belle surprise, mais pas la seule que la soirée nous réservait.

Le retour de Barricade Mentale dans la ville de Québec aura été historique, selon moi.

Un groupe qui est arrivé charger à bloc et qui a délivré un spectacle digne des grands artistes de la scène. Ils sont imposants et la riposte des membres de la formation était déjantée. C’est venu me chercher jusque dans les tripes. La vibration était si intense que le public a explosé tel une bombe. J’ai passé un bon moment et le terrain était tapissé pour Les Ramoneurs de Menhirs qui allaient eux aussi marquer l’histoire de la salle Montaigne au fer forgé, version bretonne.

Le quatuor est arrivé sur la pièce Makhnovtchina sous l’acclamation de la foule qui devenait des vikings Celtic le temps d’une soirée bien arrosée.

Loran avait sa corne, brandie dans les airs et bien remplie.

Sans perdre de temps, histoire de nous fracasser le crâne en deux, les membres de la tribu ont enchaîné la reprise légendaire du groupe Bérurier Noir, Porcherie. Elle reste actuelle, comme je le mentionnais plus haut dans le texte.

La chaleur ne faisait qu’augmenter et l’intensité s’épaississait sous la musique charnière des troubadours. Les filles, les gars, les non-genrés, les misfits et tous cette symbiose s’unissait sous les pas de danse et le plancher vibrait comme il n’avait jamais vibré. C’était clair pour moi, la fête était prise jusqu’en enfer et au ciel.

Personne ne pouvait rester indifférent.

La soirée passait à un autre niveau et cette fois on allait se le rappeler pour le reste de nos jours puisque l’interaction entre le public et l’artiste devenait de plus en plus majestueuse.

Les gens s’amusaient, dansaient et plusieurs étaient dans un niveau de transe pas mal intense. Je trouve ça magnifique, car il y a quelque chose de beau qui se crée avec notre génération qui a clairement refusé de vieillir, comme on nous le demandait. Le moment où la génération d’avant nous, a commencé à accrocher leur patin, bien nous on explose sous la crise de la quarantaine.

La sécurité avait le mot de ne pas intervenir et les spectateurs s’en sont rapidement rendu compte, car les sauts de la scène vers les bras des centaines de punks en soif de musique commençaient à devenir plus fréquents et la foule accaparait la scène au grand plaisir de Loran et sa troupe.

C’est ça Les Ramoneurs de Menhirs, c’est votre spectacle et vous en faites ce que vous voulez avec.

En revanche, on vous garantit une chose, personne ne va s’emmerder pendant sa soirée et surtout personne ne va emmerder personne durant son historique soirée.

Peu de gens savent qu’ils offrent plusieurs reprises, cette soirée en était un bon exemple, nous avons entendu leur magnifique reprise

If The kids Are United de Sham 69. Ils ont offert une pièce de Tromatism et de Crass.

Mon moment fort de cette fête punk est arrivé à la fin du spectacle, lorsqu’ils ont interprété la reprise des Bérurier Noir, Vive le feu, tout suite après leur classique Menez daou.

Si je peux vous démêler, le breton appartient à la langue celtique qui fait partie des langues indo-européennes. Il y a plus de deux cent mille personnes qui le parlent, encore aujourd'hui.

La plupart des pièces des Ramoneurs de Menhirs sont dans ce dialecte. Il y a une splendeur et étrangement une ressemblance avec le francophone au niveau de la prononciation, même si nous ne sommes pas de la même souche. Loran, me dirait-il, nous sommes tous unis sous la même langue, celle de l’amour.

 

Une soirée que je n’oublierai jamais. Chaque passage, je ne l’oublierai pas! Vous devez absolument voir ce monument de la scèn underground punk. Ils n’ont pas de patrie puisque le monde est leur patrie. Ils ont du cœur, comme il en manque cruellement dans ce bas monde.

Merci Loran, merci les Ramoneurs.

Texte: Eric Bedard – Prescription punk rock – CKRL 89,1

Photos: L’Oeil de Mel-C – Melanie Clement - Prescription Punk RockCKRL 89,1

L’entrevue complète avec Loran des Ramoneurs de Menhirs et Prescription punk rock est disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=9MZAdCHI6g4

Bonne écoute et merci d’avoir pris le temps de lire ma critique et regarder les photos prisent par Mel!

Merci à Punx Make Noise Productions et Max Noise pour la belle opportunité!

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L'Oeil de Mel-C

Bryan Adams - 9 Octobre 2025 - Centre Vidéotron 

La vibration créée par Brian Adams était tellement intense que le Centre Vidéotron a littéralement explosé de bonheur.

Si on retourne à la base, avant la musique, on se rend compte que ce qui nous réunissait c’est l’amour de se sentir vibrer, voir vivant.

C’est cette expérience qui nous attire tous vers cette forme d’expression, qu’est la musique. Plusieurs ont vécu l’expérience qu’apporte un bracelet qui s’illumine à la guise de l’artiste, lors d’un concert.

Dans mon cas, c’était une première et j’étais très curieux de voir le résultat.

C’est donc bracelet au poignet que je suis allé m’installer pour la première partie, soit les Sheepdogs.

Le groupe Canadien nous offre un retour dans les années 70, avec tout ce qui vient culturellement durant cette période. Le style, le son et l’attitude étaient au rendez-vous. On ressent l’amour pour la musique de cette époque et la reproduction est intégrale à travers une originalité déstabilisante.

Un coup de foudre à travers une électricité mordante et des solos réalisés impeccablement. On retrouve un Québécois derrière la guitare, soit Ricky Paquette, ce qui amène un élément charmant pour le public québécois. Ricky est né au Québec, mais il a déménagé en Colombie-Britannique. Il a joint le groupe en 2022.

Ils ont offert toute une performance avec une belle intégrité et le public a embarqué dans leur folie nostalgique.

Le terrain était préparé pour le plus grand rockeur canadien, soit Bryan Adams.

Il faut dire que l’artiste a toujours affiché une forme olympique et ses prestations sont toujours spontanées et vraies. On sait que ce qu’il fait provient du cœur et ce soir la foule allait en avoir pour son argent.

À la grande surprise de la foule, l’artiste a commencé seul près de la console de son accompagné de sa guitare acoustique sur la pièce Can’t Stop This Thing We Started suivi de Straight From The Heart.

Par la suite il a pris le temps de se diriger vers la scène principale à travers un couloir qui lui a permis de serrer la main à ses amateurs, ce qui montre le côté humain d’Adams.

Une fois sur scène, avec sa guitare électrique à la main, on a senti une décharge d’énergie émanant de la scène du Centre Vidéotron.

Je vous jure, j’en ai un frisson juste à vous le décrire.

Il est entouré de musiciens incroyables et on voit qu’il a encore le même plaisir qu’à ses débuts.

Run To You a été un moment fort de la soirée, puisque c’était la première pièce où tout le monde s’est époumoné à chanter les paroles. Le bracelet s’est mis à illuminer et c’est à travers le rouge, le vert et le bleu que nous avons réalisé à quel point la foule est un membre important de la formation.

C’était d’une beauté renversante.

Si la vibration reste une chose importante pour l’humain, la lumière nous fascinera toujours.

Le concept du bracelet est génial, cela amène une autre dimension au concert.

La tournée supporte son dernier album intitulé Roll With The Punches, qui est paru le 29 août 2025, dernier. C’est son seizième album en carrière et il comptait nous démontrer que les pièces étaient de taille, puisqu’elles ont fait bonne figure autour de ses classiques tels que (Everything I Do) I Do It for You, Heaven et Back To You.

Le moment fort de la soirée est bien sûr arrivé lorsque les premières notes de son éternel classique Summer of 69 ont débuté. La foule a gardé son énergie tout au long de cette extraordinaire aventure auditive.

Nous avons eu droit à vingt-sept pièces au total et une soirée qui va passer à l’histoire du Centre Videotron, par le côté visuel, mais surtout l’énergie constante de la foule qui a bien effectué son travail.

Texte : Eric Bedard – Prescription punk rock – CKRL 89,1

Crédit photos: Steven Stanley

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 Steven Stanley

Korn - 19 septembre 2025 - Centre Vidéotron 

Un spectaculaire retour des prodiges, qui voulait montrer à la ville de Québec que les épis de maïs étaient tout aussi maléfiques qu’à leur début.

Ce que j’aime qualifier de raggacore a toujours un effet hypnotisant, puisque le Centre Vidéotron affichait presque complet.

C’est la formation de metalcore, que je qualifierai à la limite de post-hardcore, Loathe qui a ouvert la soirée.

Les Britanniques ont réchauffé la foule qui arrivait rapidement pour bien se positionner pour la soirée. Malgré la noirceur sur la scène, le groupe a réussi à offrir quelques bons moments. Le spectacle ne passera pas à l’histoire, mais il a offert une humilité et on sentait que les gars étaient fiers d’être en première partie de la légendaire formation américaine, Korn.

Gojira est une bête indomptable qui se métamorphose avec le temps. Leur death métal technique offre une dynamique hors pair avec la foule. Je trouve que le mix entre Korn et Gojira est parfait.

J’irai même à avancer que les deux groupes semblent s’avoir influencé sur cette tournée, surtout du côté de Korn.

Le groupe anciennement intitulé Godzilla affichait une forme phénoménale. Ils sont au sommet de leur carrière et leur virtuosité est aliénante, dans le bon sens du terme, par sa frénésie. Leur acharnement et leur détermination ont payé puisque le groupe a joué lors de l’ouverture des Jeux olympiques en France. La formation était pour l’occasion accompagné avec la chanteuse d'opéra Marina Viotti sur la chanson Ah ! Ça ira en 2024. Les Français se sont fait découvrir par le monde entier et ils sont le premier groupe de métal à avoir performé lors des Jeux olympiques.

Le batteur de la formation n’a rien à envier aux athlètes qui ont performé lors des olympiques, il affiche une forme tel un Hulk rouge derrière la batterie. Il est au milieu des flammes, malgré la chaleur, il se donne en spectacle avec une aisance, et on peut voir tout le plaisir qui habite chaque mouvement de son corps.

Les flammes sont l’élément majeur de leur pyrotechnie, mais cela suit bien les arrangements musicaux au moment de surgir. Le groupe n’a pas seulement subjugué La Conciergerie, ils ont réussi à conquérir le cœur des Québécois de façon bien calculée et savoureuse.

Il reste que le groupe est l’exportation musicale la mieux réussie de la part d’un artiste de la France, vers les marchés américains. Dans toutes catégories confondues, ce qui amène le quatuor d’Ondres dans les Landes, à cumuler plusieurs exploits phénoménaux.

Un choix audacieux de première partie, puisque musicalement ils sont supérieurs à ce que Korn offre, mais un choix qui sera historique puisque cette tournée offre pas mal de panache.

J’ai adoré le moment que j’ai passé avec eux et j’ai vibré sur leur musique comme jamais auparavant. Leur musique est extraordinaire et tout le monde sentait l’énergie positive que le groupe nous offrait de façon si généreuse.

Si je pouvais décrire leur son de façon spécifique, je dirais que leur musique est l’extériorisation du démon à l’intérieur de nous.

On avait du temps devant nous entre Gojira et Korn, ce qui m’a amené à aller prendre une marche. Comme d’habitude, il fallait que je ramène une histoire loufoque avec moi.

Il semble que la sécurité a eu du fil à retordre avec un amateur du groupe américain, puisqu’ils ont mis un bon quinze minutes avant d’être capable de le maîtriser et le sortir. Ce qui a bloqué le passage et une allée au complet. Ils ont effectué un travail impeccable devant la personne qui a manqué de respect à tout le monde présent par son comportement enfantin, sûrement attisé par une bonne quantité d’alcool.

L’individu ne voulait pas manquer Korn, même si à la fin de l’histoire il a manqué le spectacle.

Néanmoins, j’ai trouvé la situation loufoque et à la limite drôle puisque la personne en tort n’était pas violente non plus, juste très lourde à porter et très réticente à quitter les lieux.

Ça sentait le popcorn, le moment temps attendu arrivait.

La salle s’est assombrie par la suite, pour laisser place à la distorsion des guitares de la pièce Blind.

On sentait la foule fébrile et l’excitation augmentait à chaque coup de pique de guitare.

Lorsque Jonathan Davis, du haut de ses cinquante-quatre ans, est arrivé et a lancé son cri qui se traduirait par êtes-vous prêt, l’amphithéâtre de Québec a littéralement fendu en deux et le sol s’est mis à vibrer sous les sauts de la foule qui est devenue complètement cinglée sous chaque note de cette pièce qui était le hors d’œuvre de la soirée.

C’est Twist qui a suivi et le chanteur a offert une version différente, adapté à sa saveur du moment et avec une fougue qui rappelait les débuts de Korn. S’il a préservé sa voix sur les premières pièces il a commencé à se laisser aller sur Got the Life et ce qui a suivi était une performance fantastique, loin de ce que j’avais vue lors du Rockfest à Montebello en 2012, un spectacle qui m’avait déçu.

Je pense que la surprise de la soirée a été que le groupe interprète la pièce Porno Creep qui se retrouve sur le légendaire l’opus Life is Peachy. Ils ont joué quatre pièces au total du premier album éponyme, ce qui montre que Korn a offert un concert de rêve, puisqu’ils sont allés piger dans leur plus grand classique.

Mon moment fort a été lorsque la troupe a joué Coming Undone, qui est toujours une grosse réussite en concert. En revanche, je suis persuadé que pour plusieurs spectateurs, la chanson Y'All Want a Single a été leur moment fort.

Finalement, le show au complet est un moment fort. Pas de pyrotechnique, un écran, quelques lasers qui donnaient une impression de cascade devant la scène et quelques fonds bien choisis qui offrent un visuel percutant et leur musique.

C’est venu de revenir à la simplicité quand tu as la musique pour l’appuyer. Je ne dénigre en rien le choix de Gojira d’en avoir, car le feu est leur marque de commerce, maintenant.

Ils tiennent le rythme, malgré leur année de consommation. Ils prouvent que leur musique est en avant-garde d’un son qui a finalement passé le test du temps et qui va toujours réconforter une génération en soif de groove et métal. Ils sont des piliers de leur genre musical et ils ont développé un style autour de leur personnage.

D’ailleurs, le chanteur porte fièrement son kilt et il a sorti sa cornemuse pour la pièce Shoots and Ladders.

Ils ont terminé la soirée sur une nuée de confettis rouge et blanc et je peux parler pour tout le monde présent, on en aurait redemandé, encore et encore.

Une soirée a toujours une fin, mais c’est loin de celle du groupe, car le mal continue à ronger notre société et le groupe a encore beaucoup à dire et dénoncer sur ce sujet. Sommes toutes, ils ont encore beaucoup à offrir.

Le maïs est encore juteux et sucré.

Texte : Eric BedardPrescription Punk RockCKRL 89,1

Photos : L’œil de Mel-C – Melanie Clement - Prescription punk rock – CKRL 89,1

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L'Oeil de Mel-C

Envol et Macadam - 13 septembre 2026 

Une fierté se lisait sur mon visage, la plus grosse foule de l’histoire du festival Envol et Macadam était devant moi en train de danser comme s’il n’y avait pas de lendemain sur la musique des puissants Interrupters, qui nous a nourris d’un amour musical incomparable.

Je l’ai déjà mentionné dans le passé, la fatigue n’est là que pour nous rappeler qu’on est encore vivant. J’ai toujours dit que je me reposerai sur mon lit de mort.

Troisième journée de spectacle, qui aurait pu dire que ça serait la plus intense soirée de l’histoire du festival de la sous-culture musicale.

Cette fois, je suis partie tôt afin de ne pas manquer Robert’s Creek Saloon, qui sont des amis de longue date. Leur musique originale nous rappelle la prohibition et la vieille époque des brigands en costume et cravate. Le groupe était en plein moyen et ils délivraient une belle prestation devant une petite foule, qui appréciait le moment passé avec les mauvais garçons. Si vous ne connaissez pas le groupe vous devez absolument aller les écouter, leur musique vaut le détour.

Par la suite, l’intensité punk n’a fait qu’augmenter avec nul autre que The Anti-Queens, une formation que j’affectionne beaucoup puisque le groupe a un son puissant et brute. Le moment fort de leur spectacle a eu lieu lors de leur reprise des légendaires Misfits, soit la pièce Where Eagles Dare. Ils l’ont interprété à leur façon avec brio. La foule s’agrandissait pendant leur spectacle, ce qui a donné une bonne dose d’énergie au groupe qui était tout sourire sur scène. Ils ont joué une dizaine de pièces avant de laisser la place à trois des plus grandes formations ska de la planète.

Je parlais avec Eric Dorval de la formation Still Insane et ce qu’il me mentionnait avait beaucoup de sens. Si les Planet Smashers aurait ouvert, je crois aussi que l’agora se serait remplie plus rapidement ce qui aurait donné une meilleure chance à Robert’s Creek Saloon d’avoir une plus grosse foule et aller cherche un nouveau public.

The Planet Smashers est un meilleur groupe ska au monde, on est tellement chanceux de les avoir. Ils viennent de sortir un tout nouvel album, un de leur meilleur en carrière intitulé On The Dancefloor. Il est paru sur l’étiquette de disque Stomp Records, le 22 août 2025. Il était d’attaque pour le défendre tout en offrant leur classique comme à leur habitude. Je ne me tannerai jamais de les voir en spectacle, leur énergie, les pièces et la foule font de leur spectacle un événement à ne pas manquer. C’est le groupe que j’ai le plus vu en spectacle, plus d’une cinquantaine de fois.

Vous savez quoi après leur performance à Envol et Macadam, je vais y retourner. Ils ont débuté la soirée avec la chanson Missionary's Downfall et ils ont enchaîné Life of a Party ainsi que Too Much Information. Nous avons eu droit à quatre pièces de leur nouvel opus, soit Wasted Tomorows, Meet Me on the Dancefloor, Alien et Things You Do. Un spectacle complet de quatorze de leur meilleur œuvre musicale qui s’est terminé avec Sk8 of Die.

Streetlight Manifesto a une place spéciale dans l’immense casse-tête qu’est le monde de la musique. Chacun est une pièce qui sert à faire avancer cette carte musicale. Cependant, certains sont plus influents et leur œuvre est majeure. On le sait, Toh Kay, le maître créateur derrière la formation américaine et chanteur, guitariste du groupe, est un génie et ses œuvres vont passer le test du temps.

Je crois qu’on était tous fébriles de les revoir, puisqu’un nouvel album est sur le bord de paraître et il est très attendu de la part des amateurs de musique.

J’avoue que dix chansons c’est très peu, quand on est un maniaque du groupe. Cependant, le fait d'avoir du côté de l’Agora apportait un cachet spécial à la soirée.

Ce sont des bêtes de scène ska. Ils ont ouvert les festivités avec la pièce A Moment of Violence et ils ont enchaîné Watch It Crash de façon olympique.

Bon, maintenant on va tomber sur le vif du sujet quand vient le temps d’un concert du groupe, car je sais que plusieurs sont déçus à chaque fois. Catch 22 est le deuxième projet du chanteur et le groupe a eu un album marquant, soit Keasbey Night.

Lors d’une tournée en Europe, le groupe s’est fait voler leur instrument, ainsi que leur affaire personnelle. Ils sont revenus aux États-Unis et ils sont repartis en tournée où ils se sont à nouveau fait voler.

Comme le groupe avait accumulé d'importantes dettes. Ils ont reproduit cet album mythique pour que les amateurs du groupe l’achètent afin de se remettre sur pied financièrement.

Les amateurs le compte dans le catalogue de Streetlight Manifesto, mais en fait il n’en fait pas partie. Le groupe nous a fait une belle fleur en interprétant Dear Sergio, mais n’attendez pas plus puisqu’ils ne replongeront pas dans ce passé en spectacle.

Surtout quand tu as quarante-cinq minutes de spectacles.

Néanmoins, le groupe a bien tiré son épingle du jeu et ils ont offert tout un spectacle. Époustouflant du début jusqu’à la fin.

The Interrupters était attendu de pied ferme. L’Agora était pleine à craquer et l’atmosphère était indescriptible. Il y avait des festivaliers de tous les âges et tous attendaient le coup d’envoi.

J’étais content de leur choix de chanson d’avant concert, soit The Special et leur tube Ghost Town.

Le groupe est arrivé sur la chanson Gave You Everything, où le groupe est arrivé à la course chauffer à bloc et prêt à tout donner

pour la ville de Québec en cette magnifique soirée de septembre.

Le public a littéralement explosé et l’Agora est devenu une immense piste de danse. Je n’ai pas vu Manon danser le ska, mais j’ai vu une armée d’amateurs de musique s’éclater comme jamais dans leur vie. Le quatuor est une machine bien huilée qui sait comment jouer avec son public et le lien entre eux et les Québécois est vraiment puissant, c’est une belle symbiose.

La surprise et le moment fort de leur spectacle est arrivé lorsqu’une personne de la foule a fait la demande de jouer Alien, ce que The Interrupters ont accepté. La pièce ne se retrouvait sur leur setlist.

Nous avons eu droit à quinze pièces qui ont été reçues avec une énergie magnifique par la foule.

Un franc succès qui laisse place à beaucoup de possibilités pour l’édition de 2026.

Nous sommes par la suite allés rejoindre nos amis The Carringtons du côté du Scanner pour l’après-party.

Je peux vous dire que le groupe m’a remonté, puisque je commençais à être pas mal fatigué. Avec les entrevues et les trois jours de concert, mon corps commençait à flancher.

La formation de la ville de Québec a beaucoup évolué récemment et leur spectacle aussi. La qualité de composition combinée avec leur énergie nous a donné une belle claque en pleine face.

THE LOOKOUT ont suivi, on est resté pour la fin du spectacle, mais par la suite nous avons quitté pour aller se reposer.

Je souligne la magie qui opère entre THE LOOKOUT et la foule, l’alcool coulait à flot et la réception positive a amené le Scanner à un autre niveau de célébration.

Il était temps d’aller chercher un peu de sommeil afin de récupérer. Le sommeil des guerriers qui, du haut de leur quarantaine, ont tout donné pour couvrir l’événement à chaque jour, car on est chanceux d’avoir un tel festival au cœur de notre belle capitale.

Bien hâte à l’édition de l’an prochain!

L'entrevue complète avec The Interrupters est disponible ici:

https://youtu.be/q-LyeH6OTRM?si=nj900mCg_EwyMnsk

L'entrevue complète avec KRANG est disponible ici:

https://youtu.be/rJFiKx4XPvE?si=MFonXi7_LfXW0aXA

L'entrevue complète avec The Planet Smashers est disponible ici:

https://youtu.be/BR_JaAt4was?si=V26FwVb0rNzEN6wo

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Texte : Eric BedardPrescription Punk RockCKRL 89,1

Photos : L’œil de Mel-C – Melanie Clement - Prescription punk rock – CKRL 89,1

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L'Oeil de Mel-C 

Envol et Macadam - 12 Septembre 2025 

Un face à face avec Pennywise et Krang, mais on ne parle pas des ninjas tortus ou du clown, mais d’un coup de poing punk rock en pleine tronche.

On dira ce que l’on voudrait sur la nostalgie et les deux formations qui terminaient la soirée du côté de l’agora du vieux port. Ils ont quand même attiré des milliers d’amateurs de musique skate punk, qui pour l’événement étaient prêts à tout donner.

J’aurais adoré voir les deux groupes qui ont ouvert les hostilités, soit Béton Armé et Blooming Discord, les gagnants de Planetrox du côté de l’Europe. Envol et Macadam est un incubateur pour les groupes de l’Europe puisqu’il permet l’échange entre des groupes d’ici et ceux de l’autre continent de se faire découvrir et d’avoir accès à un nouveau public. C’est de même que l’on crée une nouvelle vague de têtes d’affiche.

On était loin d’une nouvelle vague ce soir, cependant la quantité et la qualité de la foule allaient nous amener dans un vortex qui nous ramenait littéralement dans les années 90. Je crois que tout le monde a perdu vingt ans, surtout ceux qui ont tombé dans l’eau de vie.

Face to Face est une formation qui tire sa force dans ses prestations en spectacle, puisqu’ils sont des musiciens incroyables.

Le quatuor est arrivé sur la pièce No Way out but trought qui se retrouve sur leur opus du même nom, une chanson un peu sous-estimée du catalogue du groupe. Par leur meilleur album, mais je vous recommande quand même une écoute.

Ils ont tout de suite montré à la foule que ce qu’ils faisaient est toujours aussi solide et que leur musique avait passé le test du temps.

Par la suite, nous avons été projetés sur leur mythique album enregistré en spectacle. Ils ont enchaîné les classiques de groupe avec une aisance incroyable.

Mon moment fort est arrivé lorsque Face to Face a interprété No Authority, une œuvre qu’on nomme rarement, mais qui reste un de leur meilleur classique. Celle-là je la dédis à mon vieil ami du secondaire Lewis, qui m’a tellement vendu cette chanson comme le meilleur de leur répertoire. J’avoue que le solo de bass de Scott est vraiment impressionnant en spectacle.

J’ai entendu Complicated à quelques reprises, néanmoins je ne me tanne pas lorsqu’ils la jouent.

Un spectacle qui a cherché le cœur des personnes présentes.

Bon, je ne pense pas que le groupe va un jour replonger dans leur album Ignorance is Bliss, car j’aimerais tellement entendre une pièce comme Overcome ou In Harms Way.

Ça me rappelle tellement l’époque de mon cégep, cet album.

Mon seul bémol est que quarante-cinq minutes de Face to Face, ce n’est pas assez.

J'aurais pris bien plus!

On aurait dit que les deux groupes s'étaient passé le mot et avaient décidé d’oser un peu sur le choix des pièces pour la soirée.

Que vous aimiez ou non Pennywise, le groupe a laissé une empreinte indéniable dans l’histoire du punk rock. De plus, il a créé une trame sonore pour une génération de surfeurs et skateurs qui les suit encore aujourd’hui.

Disons que le groupe est parti en force avec Peaceful Day, une composition marquante de l’album About Time, qu’on aime surnommer l’album jaune.

Le fait que les californiens ont replongé dans des intégrales d’album en spectacle dans les dernières années nous permet de revivre quelques pièces culte de leur catalogue.

Par la suite, ils ont offert trois pièces de l’album Straight Ahead pour nous ramener sur About Time avec une pièce qui a été chercher les amateurs du groupe soit Same Old Story.

Jusqu’à là c’était solide, mais le groupe allait amener la soirée à un autre niveau.

Je veux dire de nous sortir Who’s to Blame, It’s What You Do with It, Just for You, Broken et Living for Today.

L’arsenal, sous une thématique, on ne les joue jamais, était sorti et la recette a donné de l’énergie à la foule qui affichait une moyenne de quarante ans et plus.

Des adultes vers leur cinquantaine en train de donner tout ce qu’ils ont dans un mush pit. Je veux dire, il y a quelque chose d’unique, magnifique là-dedans, non? Vos parents ont fait ça à notre âge?

C’est allée me chercher, ils ont montré que malgré qu’ils reviennent au Québec chaque année, ils sont capables d’offrir un spectacle différent.

L’énergie qui émanait de la foule était un trip sur les champignons magiques qui se déroulait avec une vigueur instable.

Le groupe a quitté la scène après Stand By Me la reprise de Ben E. King, pour revenir sur les notes de bass de Bro Hymn.

À ce moment, nous avons quitté pour aller rejoindre mes amis de la République tchèque, Krang, pour les voir à l’œuvre et une entrevue en personne.

Comme on était stationné près de l’agora, le déplacement vers

L’Anti-Bar spectacle s’est bien déroulé.

Nous sommes arrivés en même temps qu’une partie des amateurs punk qui pour certains ont couru vers la salle pour s’assurer une place.

Krang offre un son classique skate punk, mais avec leur culture et leur approche cela donne un résultat différent. Le guitariste de la formation affichait un drapeau de l’Ukraine signé par les gens qu’ils ont croisé durant leur tournée.

On oublie rapidement que le punk rock se retrouve partout dans le monde et que des groupes et musiciens proviennent de pays qui sont très près de cette guerre entre la Russie et l’Ukraine. Je pense à CF-98 en Pologne, par exemple.

J’aime que le quatuor ne se soit pas restreint dans leur discours. Ils ont exprimé leur pensée et c’était très punk.

La foule a tranquillement grossi tout au long de leur performance et tout le monde a réalisé le talent du groupe et la chance qu’on avait d’en avoir ici, au Québec, dans le cadre du festival Envol et Macadam.

Je suis allé parler au guitariste et nous avons convenu de faire l’entrevue après la prestation du prochain groupe.

Là, on arrive à mon coup de cœur du festival.

La surprise de la soirée, King Thief.

Le batteur du groupe est passé à côté et m'a salué, je ne l’ai pas reconnu sur le moment. En revanche, quand Shawn Moncrieff, le guitariste du groupe, est monté sur scène, lui je l’ai tout de suite reconnue. Je me suis retourné vers un ami et j’ai crié : c’est le chanteur de Choke!

On avait affaire à une super formation punk, avec un des membres de This Is a Standoff.

L’Alberta a toujours eu une scène vigoureuse remplie de talent et cette formation représente tout ce talent en un seul projet que je décrirai de Hot Water Music qui s’est injecté une piqûre d’adrénaline après une ligne de cocaïne.

Imaginé, en plus tu es le chanteur d’une des formations les plus avant-gardistes de son temps, soit Choke en deuxième chant.

Il n’avait pas le même kit de pédale qu’avec ses anciens groupes, il a limité le tout, mais on pouvait reconnaître sa signature et sa touche personnel.

Le chanteur a une énergie olympique, entre les chansons, il prend à peine le temps de reprendre son souffle. Il est aussitôt projeté dans une course effrayante, puisque le groupe joue rapidement. Il saute dans la foule, s'amuse avec les festivaliers et il sourit tout le long puisque son cœur sent sa joie devant la réaction des gens.

Je n’étais pas le seul à capoter ma vie!

Sans blague, vous devez absolument écouter King Thief et ne les manquez pas en spectacle, c’est délectable et savoureux à souhait. Par la suite, je suis monté au deuxième étage de l’Anti pour réaliser une incroyable entrevue avec Krang, qui a été très généreux avec moi, je les remercie infiniment dans toutes les dimensions.

Nous sommes allés chercher un peu de repos, car la journée de samedi allait devenir historique pour votre humble Djpunkassbed.

À suivre…

Texte : Eric Bedard – Prescription punk rock – CKRL 89,1

Photos : L’œil de Mel-C – Melanie Clement - Prescription punk rock – CKRL 89,1

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L'Oeil de Mel-C

Envol et Macadam - 11 septembre 2025

Tel un martyr, la foule s’est laissée torturée musicalement par l’apocalypse qui a pris place à l’agora, à travers une énergie délivrée à la perfection par chacun des artistes.

La magie du festival Envol et Macadam était de retour pour une année historique au niveau de son assistance.

Nous sommes arrivés à temps pour GFK, mais à ma grande déception j’ai manqué le spectacle provocant du groupe Enfants Sauvages.

Cette formation est sûrement la plus intéressante des dernières années au niveau de la scène québécoise. On ne sait jamais à quoi s’attendre et je crois que Rox, la chanteuse du groupe ne le sait pas plus. C’est électrisant et ça nous ramène à la base du punk où on offrait plus que seulement de la musique. On offrait une expérience à travers une performance remplie d’énergie, quelquefois positive, parfois négative.

Il reste que GFK était attendu de pied ferme. Le groupe a marqué le début des années 2000 avec un son hardcore, unique et qui offrait du panache.

C’est le premier groupe en fait que j’ai connu quand j'étais au secondaire.

Vous ne savez peut-être pas, mais le groupe s’appelait au début les Grapefruit’s Killers.

À travers des amis j’ai connu Simon Paquet et Sébastien Cloutier, en 1996. Il offrait alors un son skate punk, qui a changé avec l’arrivée de nouveaux membres au sein du groupe qui ont choisi de poursuivre dans la scène hardcore.

Il y a plusieurs personnes qui ont joué dans le groupe, je me rappelle qu’à une époque on avait essayé lors de mon émission de radio, Prescription punk rock de tous les nommés. Pour le retour ils ont misé sur ce que je dirais est l’alignement le plus stable qu’ils ont eu, soit Jessy Baron, Remy Verreault, Vince Brass, Michaël Beaudoin et Claude Gallant.

Dès le début, on a senti que les membres étaient heureux de retrouver la scène et leur performance a été hallucinante. Un beau retour dans le temps et je suis content de voir qu’il va y avoir une suite et d’autres spectacles puisque ce groupe fait partie de l’histoire de notre scène locale à part entière.

Un spectacle dont on va se souvenir longtemps, surtout les membres du groupe.

Le ton de la soirée a monté d’un cran avec un autre retour sur scène.

Martyr est pour moi l'un des meilleurs groupes de metal qu’on a au Québec. J’avais eu la chance de les voir à l’œuvre à l’époque à la défunte salle Le D’auteuil. Il avait donné un spectacle qui a passé à l’histoire puisque Quo Vadis était aussi de la partie. Les deux formations étaient en pleine montée et c’était pas mal excitant à voir aller.

Je me rappelle quand je suis allé pisser aux toilettes, il y avait une dent dans le lavabo et une mare de sang autour. J’ai même eu la chance de me faire donner un coup de poing dans le ventre. Pour moi, ce qui a rendu ce show légendaire, est le fait que j’étais allé les voir avec mes meilleurs amis du secondaire. On en parle encore, aujourd’hui.

Imaginé, ma face quand je suis tombé sur la même gagne du secondaire, qui était là entre autres pour revivre l’expérience qu’est Martyr en spectacle. Revivre un moment pareil avec mes amis démontre ce que je me tue à dire, Envol et Macadam c’est magique.

Ça réunit des amis, des amateurs de musique et des familles, bon ça je ne sais pas trop.

Dès les premières notes je suis tombé à nouveau en transe devant le talent de Martyr.

Dan Mongrain a offert toute qu’une performance, sans aucune prétention. Il n’y a jamais eu d’ego dans ce groupe, les musiciens se sont toujours amusés, ils ne se sont jamais pris au sérieux, bien que leur musique soit sérieusement bonne. Ils avaient une aisance sur scène et le choix des pièces a vraiment résonné avec moi.

Ça a été un de mes spectacles favoris de la fin de semaine, je dirais le plus renversant et surprenant. Le talent de ce groupe est infini et je plains un peu Dan, car il n’avait pas le droit à une pause puisque dès la fin du spectacle de Martyr, il devait se préparer mentalement pour la suite, soit jouer avec son autre groupe, les légendaires Voivod.

J’ai eu la chance de couvrir la mythique formation lors du festival Le Festif, à Baie St-Paul, dans le fameux pit de sable.

Une expérience qui va rester marquée dans mon esprit à jamais. Il aurait été impossible de recréer une telle expérience, mais avec le cachet que l’agora offre, l’expérience était tout aussi intense.

L’œil de Mel-C n’avait jamais eu la chance d’immortaliser le groupe qui vient de son coin de pays, soit Jonquière.

Nous sommes restés jusqu’à la moitié du spectacle, qui était parfait.

La dose entre les riffs metal accrocheur et le côté progressif du groupe est toujours bien balancée et en spectacle il récrée toujours l’expérience des albums.

Nous devions aller rejoindre nos amis de la Californie, soit Mad Caddies du côté de la Salle Montaigne à Charlesbourg.

J’aime ces soirées où on doit courir, puisque cela amène sa dose de

dopamine, puisque l’adrénaline coule dans nos veines à tout coup.

On craignait d’arriver en même temps que les Caddies, mais quand on est arrivé, Jason Lichau, trompettiste pour le groupe, était devant l’entrée à parler avec les amateurs de la formation. Je suis allé lui serrer la pince et assis derrière moi, Chuck le chanteur du groupe, m’a lancé un : tu ne salues pas ton vieil ami Chuck?

Notre histoire d’amour ne remonte pas à hier et elle perdure depuis plusieurs années, car on se supporte beaucoup.

Quand je suis rentrée, ce qui m’a le plus surpris est le nombre de personnes présentes dans la salle. On avait divisé les amateurs de musique underground en deux, mais comme les styles musicaux entre l’Agora et la Salle Montaigne étaient différents, cela a montré que Québec est capable de remplir deux salles sans problème.

Mad Caddies ne déçoit jamais sur scène puisqu’ils ont le catalogue pour exploser n’importe quelle fête. Malgré que l’alignement du groupe américain a beaucoup changé depuis quelques années, leur énergie reste intègre.

Le coup d’envoi c’est fait sur la pièce Today de l’album Keep It Going paru en 2007.

Le groupe affichait une forme phénoménale et dès le départ la foule a tout donné.

Nous avons eu droit à vingt-trois chansons de leur répertoire. Je dois dire que mon moment fort a été lorsque le groupe a enchaîné les pièces, Mary Melody, Leavin et Goleta.

Un coup de trompette en pleine tronche n’aurait jamais autant fait le travail.

La surprise de la soirée s’est produite vers la fin lorsque Mad Caddies a interprété Dixtress. Une première dans l’univers de la formation.

Jason m’avait prévenu que le reste du groupe avait mis de la pression sur Chuck pour ajouter des vieilles chansons oubliées lors de leur concert, comme 10 West qu’ils ont interprété moins d’une vingtaine de fois dans leur histoire.

Je peux dire que les spectateurs étaient enivrés par le choix des tubes des Caddies. Tout était homogène. Ils sont la preuve que la simplicité saupoudrée d’une belle énergie amène des soirées inoubliables.

Si, je serais un caddie qui transporte un sac de golf, je serais loin d’être fâché d’être le lendemain d’un excellent spectacle des Mad Caddies.

Une soirée que je n’oublierai jamais de ma vie.

Entre complète avec Mad Caddies disponible ici: https://www.youtube.com/watch?v=jUoL0Z2ciQc

Texte : Eric BedardPrescription Punk RockCKRL 89,1

Photos : L’œil de Mel-C – Melanie Clement - Prescription punk rock – CKRL 89.1

 

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L'Oeil de Mel-C

Guerilla Poubelle - L'Anti Bar & Spetacle - 17 août 2025 

Prévert, Kosma et Paris auraient eu une sacrée claque d'avoir été de la partie pour ce spectacle qui marque un retour en force de Guerilla Poubelle au Québec.

On est arrivé à L'Anti Bar & Spectacles au début du concert de Sam Russo, un artiste britannique qui offre une fougue vertigineuse sur scène. Il a été dans le groupe The Falcon avec Brandan Kelly, en tant que musicien de tournée. Ce que j’ai aimé le plus est son aisance à s’exprimer à la foule entre les pièces. Il est très drôle et il a une façon bien à lui de présenter ses compositions.

Par exemple, il racontait comment être l’artisan d’une rupture peut amener une certaine confiance. Le moment où tu dis c’est assez, tu pars de ma vie. La foule a embarqué, dans un silence qui était assez surprenant. J’ai bien aimé sa performance, je vous invite à aller le découvrir. Il a enchaîné plusieurs tournées avec des groupes légendaires et il possède beaucoup d’expérience, vous allez faire une belle découverte.

Brandon Kelly est une légende de la scène punk, son franc-parler et son attitude ont fait de lui un personnage controversé, dans le bon sens. Plusieurs amateurs de musique connaissent sa formation principale soit Lawrence Arms, mais ce n’est pas tout le monde qui sait qu’il était à la tête du groupe Slaptick. Une formation ska qui a marqué ma jeunesse par leur son accrocheur et leurs paroles amusantes. La formation n’a pas duré longtemps, mais tout comme Lawrence Arms, elle a laissé une trace qui est encore palpable de nos jours.

Pour son premier passage dans la vieille capitale, il nous offrait une formule acoustique seul, pour ensuite être rejoint par les trois membres de Guerilla Poubelle.

La performance solo manquait de vigueur et de souffle. On entendait mal les paroles, mais Brandan nous offrait des moments hilarants entre ses compositions. Par contre, quand le trio de Guerilla Poubelle est arrivé sur scène, la soirée a pris de l’ampleur.

Le paon a sorti son arsenal pour la parade nuptiale.

C’est à ce moment que la soirée est passée de calme, silencieuse, à un vrai spectacle de punk avec toute l’intensité qui vient avec.

Les cartes étaient placées pour la tempête sonore qu’allait nous offrir Guerilla Poubelle. Paris a offert des groupes formidables au fil des années et la scène punk a toujours été florissante sans toutefois sombrer dans la nostalgie.

Le groupe parisien est une force de la nature en soi, depuis le jour de sa création. Si la formation précédente de Till Lemoine, chanteur de Guerilla soit Les Bettraves n’a pas survécu au succès qu’il avait à l’époque, il est clair que Guerilla Poubelle l’a fait.

J’étais content de les avoir à nouveau dans la vieille capitale, lors de leur dernier passage voilà six ans, le groupe était venu à mon émission de radio Prescription punk rock. C’est un moment légendaire qui s’est déroulé dans les studios de CKRL 89,1.

On avait plus de trente personnes dans les locaux et au total il s’est bu cent dix-neuf bières, on les a comptées en les ramassant.

De plus, lors de la prise de photo classique à la fin de l’émission, Till a laissé une empreinte de son soulier au plafond puisqu’on l’avait soulevé dans les airs. Ça prit plusieurs années avant que la direction de la station résolve le mystère de l’emprunte au plafond.

Le groupe est remonté sur scène avec l’énergie qui a fait leur succès.

On sentait la foule heureuse de les revoir et le groupe était en symbiose avec eux. Ils ont misé une grosse partie du spectacle autour du premier album Il faut repeindre le monde en noir, je l'avais rebaptisé en bleu lors de l’émission puisque j’avais la copie bleue de l’album. J'étais bien content d’entendre entre autres Culture poubelle et Demain il pleut.

Tapis Roulant à été un des moments forts du spectacle.

Il reste que le groupe a toujours offert des albums solides qui passent le test du temps. C’était un show qui vous rentre dedans comme un taureau. Tu en sors complètement ébahie avec un sourire et une chimie cervical balancée à la merveille.

La seule chose que je peux dire de négatif est que je ne suis pas tellement en symbiose avec les pantalons cours à Till, mais ça tout le monde s’en balance, il porte ce qui veut le vieux punk.

C’est tout qu’un cocktail, la poubelle est toujours aussi corrosive.

Les trois artistes sont signés sur la maison de disque Red Scare.

Texte : Eric BedardPrescription Punk Rock (PPR)CKRL 89,1

Photos : L’œil Mel-C – Melanie Clement - Prescription Punk Rock – CKRL 89,1

 

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L'Oeil de Mel-C

Le Festif! - 17 juillet 2025 

La tempête d’originalité du festival le Festif! est un vent de fraîcheur dans le monde de la musique, chaque artiste du monde entier devrait une fois dans sa vie vivre cette expérience sensorielle qui ne laisse personne indifférent, surtout pas Gogol Bordello et Voivod.

D’ailleurs vous aussi, vous devez absolument vivre cette expérience, unique.

Le Festif! est une bête qui est à part dans l’univers des festivals, il combine originalité avec l’expérience sensorielle. Les festivaliers sont submergés par une vague qui laissera une trace positive dans leur expérience auditive, mais visuelle et physique. On n’oublie pas notre passage et l’aventure qui se dessine devant nous à chaque minute de notre présence.

Tout comme au Festivoix, la pluie était au rendez-vous, pourquoi manquerait-elle un des meilleurs festivals au Québec. Je la comprends et je commence à bien vivre avec elle, en fait, si on regarde d’un autre angle, elle peut créer une ambiance magique qui amène les gens à se laisser aller, puisqu’on n’a plus rien à perdre une fois tremper.

Dès notre arrivée sur place, on sentait l’ambiance enivrante du festival. Je dois souligner que l’équipe d’accueil média, ainsi que toute la grande famille de bénévoles, sont tellement sympathique. Ils savent traiter les médias et les festivaliers avec un respect qui démontre à quel point ils ont à cœur votre expérience dans la magnifique municipalité de Baie-Saint-Paul avec leurs habitants, soit les presque sept mille personnes qui ont choisi la quiétude de BSP.

La première personne que j’ai croisée en sortant du quartier général du Festif! est nul autre que mon ami Steamboat Woody, qui offrait deux spectacles pendant la fin de semaine. Il allait jouer entre Femi Kuti et Gogol Bordello.

Cette année allait marquer un moment grandiose dans ma carrière de journaliste musicale indépendant. Celui de faire une entrevue avec la mythique formation Gogol Bordello.

Nous nous sommes déplacés vers l’espace Desjardins, c’est à ce moment que mon vieil ami Rudy Caya de la formation québécoise Les Vilains Pingouins m’a contacté pour me dire qu’il allait faire un spectacle surprise vendredi le vendredi 18 juillet dans une cour chez un résident de Baie-Saint-Paul. Je devais garder le secret, mais j’étais tellement heureux d’apprendre le lendemain qu’ils ont performé sur la grande scène. Je le souligne, parce que le groupe le mérite tellement, c’est un pilier tellement important dans la scène du Québec.

Le site me submerge de beaucoup de souvenirs, une cour d’école où j’ai pu voir Reel Big Fish et les Planet Smashers offrir un spectacle majestueux, avec une fanfare qui a performé Genghis Khand’Iron Maiden et Ants Go Marching pendant l’entracte. Un moment qui a fait exploser mon cerveau.

Le groupe féminin Easy Tiger a joué juste après Paul Piché, nous sommes arrivés juste avant leur entrée sur scène. Plusieurs ont sûrement reconnu Sarah Dion, qui se retrouve aussi dans les deux projets NOBRO et Les Shirleys. La combinaison de Gabrielle La Rue à la voix et Sarah Dion fonctionne extrêmement bien puisqu’elle cumule beaucoup d’expérience derrière leur instrument respectif. Il faut mentionner que Sarah ne se retrouve pas derrière la batterie, mais elle offre son talent musical derrière la basse. Elles m’ont vraiment impressionné surtout lors de leur reprise de Pink, la pièce Just Like A Pill. Je crois qu’elles sont venues toucher le cœur des festivaliers puisqu’à ce moment les gens se sont mis à chanter et Manon Massé de Québec Solidaire, qui était près de nous, a sorti ses meilleurs pas de danse devant nous. Sans tomber dans la politique, je dois dire que j’ai trouvé ça rafraîchissant de la voir s’amuser et fumer ses clopes.

Cela dit, le groupe qui a suivi était hors de mon champ d’expertise et j’ai été agréablement surpris par Femi Kuti & The Positive Force qui offre une sonorité pop sous des rythmes africains effrénés et regorgeant d’exotisme et de couleur. Leurs danseuses appuient la musique avec une belle fougue. La formation nous plonge dans un tout autre univers que celui du rock garage, ce qui déstabilise dans un sens positif. Kuti est née à Londres, mais a grandi au Nigeria. Son fils est un activiste reconnu, qui est très controversé dans son pays. Ils ont du punk en eux, c’est indéniable. Pour les adeptes de jeux vidéo, vous connaissez très bien sa voix, sans le savoir, puisque vous pouviez entendre sa tonalité à la station de radio fictive IF 99, dans Grand Thieft Auto IV. Ils ont offert un excellent concert qui a fait danser les festivaliers et il a bien préparé le terrain pour la légendaire formation Gogol Bordello.

L’entrevue devait avoir lieu en personne à 20h30. Une heure avant de monter sur scène, ce qui m’a surpris puisque la plupart des groupes préfèrent après, histoire de pouvoir avoir un moment seul avec les autres membres ou avec eux pour canaliser l’énergie qu’ils vont offrir à un public en soif de musique.

J’étais en arrière-scène avec Greg, qui s’occupe des médias, Charles, un photographe indépendant qui remplaçait l’œil de Mel-C, afin d’immortaliser ce moment. Afin de mettre encore plus de suspense, Eugene Hutz, chanteur du groupe Gogol Bordello, a demandé que l’entrevue se fasse à 21h00.

Il voulait s’imbiber de l’énergie de la foule avant de faire l’entrevue.

Il est venu nous rejoindre avant de nous inviter à se diriger vers la salle verte, soit leur loge pour l’entrevue.

Elle se trouvait dans une vieille maison, on passait par l’arrière. Il nous demande où nous sommes, on lui répond de la ville de Québec. Il me mentionne qu’il devait prendre l’avion vers Québec, mais que les plans avaient changé et qu’il avait voyagé en autobus. Je l’ai invité à revenir rapidement nous rendre visite en spectacle et passer une journée à découvrir la beauté de la vieille capitale. Il me dit, avec son sourire légendaire, que c’est dans les plans.

Nous nous sommes assis, à ce moment j’ai senti son énergie si enivrante m’envahir. Après deux minutes dans l’entrevue, il a levé les yeux et il m’a regardé avec une expression qui me disait que j’avais touché quelque chose de positif. On était dans la bonne direction pour une entrevue légendaire. La connexion était établie et la magie du Festif! agissait sur nous, une belle synergie s’installait entre tout le monde présent dans la pièce. Elle s’entremêlait à celle du maître de cérémonie Eugene Hutz, un des artistes les plus originaux de la scène internationale. Je ne m’attarderai pas trop sur l’entrevue, vous allez pouvoir l’écouter sur les ondes de CKRL 89,1 et sur la chaîne YouTube de Prescription Punk Rock.

Cependant, je peux vous dire que cela a été un pivot dans ma carrière et que depuis on se texte et je sens qu’il a eu beaucoup plaisir à faire cette entrevue. Avec tout ça, il devait monter sur scène, il nous a suivis en arrière avec un calme qui me faisait me jeter par terre. Il n’y a aucun stress en cet homme. Il fait face à la situation avec une aisance incroyable.

Nous nous sommes placés devant la scène, entre la foule et le groupe.

Dès la première note de la pièce I Would Never Want To Be Young Again, devant l’énergie du groupe la foule a littéralement explosé sur place. Tout le monde, en avant et en arrière, sautait sur place. Je n’avais pas vu une foule avec autant d’énergie depuis un bon moment.

J’ai découvert le groupe avec l’album Gypse Punk, puisqu’il était signé sur SideOneDummy Records, à l’époque. La maison de disque m’avait fait parvenir une copie pour faire jouer à mon émission de radio. Ma face quand j’ai commencé mon écoute. Un album culte et qui reste intemporel. J’étais tellement heureux qu’il débute avec cette chanson puisque c’est mon introduction au groupe avec l’entrevue et ce moment je savais que la magie unique Festif! opérait et que je vivais un moment historique dans ma carrière et celle du festival.

De voir la foule donner autant au groupe me faisait chaud au cœur. Eugene Hutz est une force de la nature et il donne beaucoup à la foule. Leur férocité sur scène est endiablée et ce groupe ne laisse personne indifférent. On sent leur plaisir sur les planches, cette soif de partager cette musique. Ils ont offert une reprise de Puzzled Panther que je vous recommande fortement, d’ailleurs les deux filles étaient sur scène avec un eux.

Le moment fort de la soirée a été pour moi lorsqu’ils ont joué Pala Tute qui se retrouve sur l’album Trans-Continental Hustle, produit par Rick Rubin. Pour plusieurs raisons, cette œuvre d’art me colle à la peau. Mon garçon de quatre ans l’adore, on en parlait durant l’entrevue puisque le groupe l’a performé dans un medley avec Madonna, en 2007 devant le monde entier.

Il reste que depuis le spectacle j’ai toujours My Companjera, en tête. Je peux l’écouter dix fois et elle ne me sort pas de la tête, tellement que le groupe a mis d’intensité dans leur prestation de cette puissante chanson.

Il est possible de ne pas danser sur la pièce Fire on Ice Floe, mais vous allez devoir fournir un effort pour vous en empêcher, puisque sur scène Gogol Bordello pousse votre esprit à hurler, à votre corps de bouger et savourer ce moment et le fait qu’on était en vie avec une musique infernale qui passera à travers le temps.

Gogol Bordello n’est pas seulement un raz de marée musical sur scène, c’est une arme juste et honnête qui exprime ce que plusieurs pensent, sans être capable de trouver les bons mots.

Ce qui est trop choquant à dire, chante-le!

J’imagine que pour plusieurs personnes présentent leur meilleur moment est lorsque le groupe a joué Wonderlust King qui est une pièce qui représente l’essence de cette formation.

Il reste que la personnalité flamboyante de Eugene combinée à sa musique si accrochant amène ce groupe à ne jamais s’essouffler.

Ça frôlait la perfection gypse punk.

Malheureusement, le temps jouait contre nous. Après cette performance, il fallait retourner au véhicule pour se rendre vers le fameux pit de sable Hydro-Québec. Il est situé à huit minutes en véhicule de la scène Desjardins et le festival met des navettes à la disposition des festivaliers pour se rendre vers nos héros du prog métal, Voivod.

Tsé, il n’y a pas un groupe mieux placé que Voivod pour jouer dans le pit sable.

C’est presque impossible de décrire le site parfaitement. Vous devez vivre cette expérience une fois dans votre vie, puisque c’est complètement fou. Une fois arrivé dans le parking, vous devez marcher jusqu’au fond du pit. Le chemin est alimenté par des feux entrevus par les bénévoles du Festif!

Une fois au fond, on est entouré de carcasses d'automobiles.

D’ailleurs, deux gars assez avancés donnaient de grands coups de puit dans un véhicule dont la vie a renaît des cendres l’instant d’une démonstration de pur métal. Je pense qu’un des deux s’est fait mal au pied. La scène était petite, mais cela offrait une intimité. L’éclairage sur scène rouge dévoilait la montagne en arrière de nous et cela donnait un aspect lugubre qui rappelle le film Mad Max.

Tout était en place pour un autre moment historique dans l’histoire de la musique au Québec.

On le sent quand quelque chose va passer à l’histoire. Ça sentait à plein nez entre deux bouffées de sable, puisque c’est tout ce qu’il y avait sous nos pieds en bas. On se sent tout petit au fond quand on lève les yeux.

Le coup de minuit était sonné et le spectacle a débuté avec une furie de virtuosité sur la pièce Experiment, tout cela devant une pleine lune, il n’y avait plus aucun nuage et on pouvait voir le ciel étoilé. C’était splendide, original et surtout on vivait une expérience qui marque au fer forgé, on n’oublie pas ce genre de moment surtout avec comme trame de fond les légendaires Voivod.

Autant les fans que le groupe sur scène.

On voyait que les quatre musiciens étaient charmés par cette scène et leur public si loyal. Après autant d’années dans la scène, on pense avoir tout vu, mais je pense que les membres de Voivod ont pogné un deux minutes de vivre cela.

Snake a lancé à la foule : tous les groupes de la planète devraient venir ici jouer et vivre le pit de sable.

Le groupe a enchaînés leur classique et ils ont terminé une série de treize pièces avec Astronomy Domine, une reprise de Pink Floyd qui a fait connaître le groupe à l’international et Voivod.

Nous avons rapidement quitté le site vers mon auto afin de retourner attraper quelques heures de sommeil, puisque je quittais tôt le matin pour aller au Saguenay à un mariage.

Une journée qui a passé tellement rapidement et un festival qui a encore une fois créé les meilleurs moments de ma carrière.

Vivement l’an prochain.

Un gros merci à tous les membres de l’équipe et aux bénévoles, vous êtes tous magnifiques à voir aller et merci pour votre dévouement.

Vous pouvez écouter un segment de l'entrevue réalisée avec Max Cavalera (Sepultura, Soulfly). Il parle de son amour pour Voivod et comment ils ont influencé le son de Sepultura. C'est disponible ici :

https://www.youtube.com/watch?v=ntblGl3Ni08

Texte : Eric BedardPrescription Punk RockCKRL 89,1

Photos : Charles-Alexandre Tourchot Photographe

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Festivoix - 26 juin 2025

Si trente ans de spectacles m’ont appris une chose ou deux. Une d’entre elles est certainement que la pluie transforme l’ambiance d’un spectacle positivement, puisqu’une fois mouillée on n’a plus rien à perdre.

Le Festivoix est un festival incontournable puisque la programmation est diversifiée et leur ouverture au punk et surtout aux artistes locaux underground a amené le festival à un autre niveau. Il fait rayonner la rue des Forges à Trois-Rivières et cette année, les gilets de Bad Religion et Billy Talent allaient déambuler dans la rue principale.

Mon aventure a débuté vendredi, avec ma fille de quinze ans et mon plus jeune de quatre ans qui allaient vivre l’expérience avec moi, encore cette année. L’œil de Mel-C est venu nous rejoindre le samedi, donc vous avez seulement les photos du spectacle de Bad Religion et BIGWIG.

Ce que j’aime de ce festival, c’est qu’il permet d’aller dormir chez mon frère Sébastien et sa femme Audrey. On a toujours de beaux moments et cette année marquait le retour de Bad Religion qui nous avait offert plus de trente pièces lors de leur dernier passage.

J’étais aux anges.

Malheureusement, dès mon arrivée à Trois-Rivières, la pluie s’est permise de s'inviter au spectacle des Vilains Pingouins. Je n’ai pas réussi à entrer sur le site à temps, puisque je devais récupérer mes passes média.

J’ai néanmoins entendu leur performance et j’étais content d’écouter mon vieux mentor, Rudy Caya s’époumoner sur les classiques du groupe et les nouvelles pièces. Ils sont dans leur tournée d’adieu, je vous invite à aller les voir avant la fin, c’est un de nos plus grands groupes rock au Québec. En plus, Rudy est un des nôtres, un punk qui a fait du pouce jusqu’à Vancouver pour voir D.O.A., ça mérite tout mon respect. Je tiens aussi à souligner qu’il est un grand amateur des New York Dolls, ce qui le rend encore plus cool que d’avoir joué dans Watatatow.

On est entré sur le site pendant la performance de Taxi Girls, je dois dire que ce projet féminin gagne à être découvert. Ils ont une belle synergie sur scène et ils ont du talent à revendre. Gabrielle, que l’on connaît aussi sous le projet Margaret Tracteur, a tellement d’aisance sur la scène due à toute l’expérience qu’elle a acquise au fil de sa carrière. Ils ont une solide base, un son pop accrocheur soupoudré d’une énergie punk positive. Leur performance était assumée et j’ai bien aimé les voir sur la scène principale du Festivoix. On ne le dira jamais assez, mais on veut plus de filles sur scène dans les festivals du Québec, elle le mérite amplement!

Unwritten Law n’est pas une formation d'hardcore mélodique comme le Festivoix l’a mentionné sur Facebook, mais bien un groupe qui a eu un petit succès à la fin des années quatre-vingt-dix avec un son avant-gardiste que je qualifierai de pop punk. Si le groupe était né quelques années après, je les aurais qualifiés dans la catégorie emo, si on enlève le premier album Blue Roomqui était dans la veine skate punk de son époque, soit mille neuf cent quatre-vingt-quatorze.

Je dois dire que le groupe n’affichait pas une forme olympique, on avait l’impression que le spectacle n’était pas terminé de peaufiner et que nous avions affaire à une répétition sur scène du groupe. Il y a eu une tonne d’erreur sur scène et on entendait très mal la voix de Scott Russon, qui semblait en contrôle malgré tout. Il avait le pouvoir d’offrir un spectacle bien plus spectaculaire si le groupe avait mis l’énergie nécessaire.

La pluie s’est intensifiée pendant qu’on attendait Billy Talent.

Mon seul bémol avec le Festivoix est qu’il affiche souvent des retards sur la programmation, c’est bien que la ville leur permette de terminer vers minuit. Ce qui est moins évident, c’est quand on amène les enfants et plusieurs sont dans la même situation. Il est difficile de quitter un spectacle qui nous est cher et on étire l’énergie des enfants. De plus, si le spectacle avait commencé à l’heure indiquée, les festivaliers auraient manqué le déluge qui a suivi en fin de soirée.

Billy Talent a offert une performance digne de leur début, c’est-à-dire remplie d’énergie.

La bête qu’est le groupe en spectacle vieillit. Benjamin Ian Kowalewicz le chanteur de la formation Ontarienne a ajusté sa voix et il crie beaucoup moins qu’avant afin de tenir tout le spectacle.

Malheureusement, avec un enfant de quatre ans et une adolescente sans manteau de pluie, il m’était impossible de rester jusqu’à la fin puisque la pluie s’est intensifiée encore plus et le déluge semblait inévitable. Nous avons quitté le site au milieu du spectacle. Bien sûr, le reste de la foule a tenu le coup et le spectacle va passer dans les grands moments du Festivoix. En temps normal je suis un guerrier et je serais resté, mais j’allais les revoir quelques jours après à Cowansville.

Je l’avoue, je suis monté principalement pour voir Bad Religion, puisque c’est mon groupe punk favori. Un groupe qui a injecté l’intelligence dans une scène un peu chaotique dans les années quatre-vingt. D’ailleurs, entre quatre-vingt-cinq et les années quatre-vingt-dix ils ont été presque les seuls avec les Circle Jerks à maintenir la scène punk et l’empêcher de mourir d’une agonie lente aux profits du New Wave. Ils sont devenus par la suite le plus grand groupe de punk de notre génération aux côtés de NOFX.

C’était donc avec enthousiasme que j’allais les revoir du côté de Trois-Rivières.

Ils avaient des alliés de taille pour les supporter, soit Pulley et BIGWIG.

J’ai malheureusement manqué Pulley, que j’affectionne particulièrement. Ce n’est pas le meilleur groupe que j’ai vue sur scène, la formation offre quelque lacune au niveau de la constance de la voix de Scott Radinsky, chanteur de la formation. Cependant, on a entendu quelques pièces et j’ai apprécié le choix des pièces. Les commentaires étaient excellents et leur énergie a permis de créer une belle ambiance pour la suite des choses, soit le retour des prodiges BigWig.

BiGWIG vit une histoire d’amour infini avec le Québec. À une certaine époque, le groupe pouvait venir à plusieurs reprises dans la même année.

Du haut de ses quatre albums, les Américains sont arrivés tels des taureaux sur scène, prêts à rappeler à la ville de Trois-Rivières et au québécois qu'ils n'avaient rien perdu de leur intensité. D’ailleurs, pour prouver leur amour avec le Québec, le batteur est un résident de Trois-Rivières, natif de Les Méchins soit Guillaume Fortin. Il est aussi membre du célèbre groupe Ten Foot Pole.

J’étais fière de le voir se déchaîner derrière la batterie avec une aisance professionnelle.

J’ai eu une petite jasette avec lui durant le spectacle de Bad Religion et je peux vous dire qu’il était satisfait de sa performance avec le groupe. La formation a ouvert avec Numbers et a enchaîné un total de dix-sept classiques tels que Sell Out, The Girl in the Green Jacket, 13 et Waste. J’étais heureux de revoir les légendes sur scène, surtout du côté de Trois-Rivières.

Le lendemain, la formation a offert un spectacle surprise dans la ville de Québec lors du Fuck Cancer 2025 à la Source de la Martinière.

Bad Religion était attendu de pied ferme puisque lors de leur dernier passage au Festivoix en 2018, le groupe américain avait performé un total de trente-quatre chansons dont sept tirées de leur légendaire album Suffer. Le groupe a amassé une légion d’amateur à travers le monde, dont le cœur de la Mauricie par la puissance des textes et des mélodies.

Brian Baker est apparu sur scène, seule dans le noir avec une seul lumière blanche pour illuminer sa présence. L’ancien guitariste de Minor Threat, a débuté les accords de la pièce Recipe for Hate. C’est à ce moment que le reste du groupe est venu le rejoindre.

On sentait la foule heureuse de leur présence et les amateurs de Bad Religion s’époumonait à hurler « it’s just a recipe ».

Le site n’affichait pas complet, cependant la qualité de la foule était définitivement un élément important de la magie qui s’opérait devant nous. J’aime bien quand le site est respirable et qu’on peut facilement se trouver un petit nid douillet pour s’installer et regarder le spectacle extérieur.

Cette fois, nous avons eu droit à vingt-cinq pièces tirées des différents albums du groupe californien. Le tout est resté centralisé autour de mon vinyle favori de Bad Religion, soit Against the Grain.

J’étais content que le groupe performe la majestueuse chanson Faith Alone tiré de cet album, c’est assez rare que Bad Religion la joue depuis les années 2000.

Dans la même veine ils ont ramené Field of Mars tiré de l’opus New Maps of Hell dans leur setlist, qu’il n’avait pas joué depuis plusieurs années, soit depuis 2015 à l’exception d’une seule fois en 2021.

De belle rareté pour les maniaques qui suivent assidument le groupe.

Mon moment fort n’a pas été la finale qui doit l’avoir été pour plusieurs puisqu’ils ont terminé avec Sorrow et American Jesus. Le mien a été d’entendre enfin Cease en spectacle.

Une autre rareté, puisque Bad Religion ne l’a joué que cinq fois depuis 1995.

Je ne me tanne pas non plus d’entendre Supersonic puisque j’adore The Process of Belief paru en janvier 2002.

Ils ont passé le test du temps, malgré leur âge vénérable, le groupe reste actuel et il sonne toujours aussi bien. La preuve qu’une vie d’étude sans excès majeur donne un pouvoir surnaturel, soit celui de passer à travers le temps avec une rationalité divine et surtout avec une intelligence phénoménale.

Bad Religion restera toujours une référence, et ce même dans cent ans.

PS: L'entrevue complète que j'ai réalisé en 2019 avec Bad Religion est disponible ici: https://www.youtube.com/watch?v=_PQPz524nVI

Texte : Eric BedardPrescription Punk Rock – CKRL 89,1

Photos : L’œil de Mel-C – Melanie Clement - Prescription punk rock – CKRL 89,1

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L'Oeil de Mel-C 

Volbeat - Three Days Grace - 16 juin 2025 

La comtesse Lola Montez aurait été fière de voir les Danois à l’œuvre, une belle leçon de rock réalisée avec une humilité déconcertante.

D’entrée de jeux, Volbeat a volé le spectacle.

Personnellement, je les aurais laissés terminer tous les concerts de cette tournée.

Leur énergie sur scène est unique et la force du groupe réside dans leur humilité qu’on ressent dès leur entrée sur scène.

Bien sûr ils sont loin de réinventer la roue du rock, en fait j’aime bien dire à la rigolade que le ton de voix de Volbeat, est similaire à beaucoup de groupe qui ont tous volé le style de Cher.

Oui, vous avez bien lu, Cher la seule et unique.

Je mets Creed et Nickelback dans le même bateau, celui que Cher s’est montré le cul dans son vidéo.

Cependant, nous avons affaire à des Danois et le groupe a injecté leur culture dans leur musique américaine. Finalement, nous avons affaire à un groupe avec des riffs très pesants et lourds, sous une forme de rock nostalgique de radio qui vous donne envie de chanter à tue-tête.

C’est très original et surtout très efficace en spectacle.

Il n’offre pas seulement dans le rock, je pense à la pièce Lonesome Rider, qui est une chanson de rockabilly qui comprend mon amie de longue date Sarah Blackwood (Walk Off the Earth et ex-The Creepshow).

Il n’y a eu aucun moment mort, comparativement à Three Days Grace qui ont eu de la difficulté à maintenir la cadence énergétique de leur début de concert.

Dès la deuxième pièce, soit Lola Montez, on sentait la foule conquise, un centre Vidéotron coupé en deux, qui affichait presque complet. D’ailleurs, je vous invite à aller lire l’histoire de Lola, comtesse au charme légendaire, qui aurait changé le cours de l’histoire à travers sa danse araignée.

Elle a fait bien pire que se montrer les foufounes à une gagne de marin sur un bateau.

L’ambiance était vraiment plaisante, aucune attitude négative provenant des gens présents que de la bonne humeur. Pour un mardi, il y avait pas mal d’énergie qui provenait de la foule qui était loin d’être molasse.

Le fait qu’il y ait une extension à la scène, soit un carré de plus, afin que Michael Schøn Poulsen, chanteur de la formation Volbeat puisse aller devant les amateurs du groupe amène un élément de sincérité.

En plus, d’avoir un micro au milieu des autres membres du groupe. Cela montre qu’il est au combat et qu’il donne autant d’énergie aux membres du quatuor qu’à la foule qui est clairement le cinquième membre du groupe. Bien sûr, à la base le groupe est un trio, mais en tournée ils ont le soutien de Flemming C. Lund qui agit comme guitariste principal.

En toute transparence, je connaissais Volbeat de nom seulement, je ne connaissais pas leur univers.

Cependant, dès qu’ils ont commencé à jouer avec la pièce de Johnny Cash, Ring of Fire, j’ai tout de suite dit à L’œil de Mel-C, le gars est un amateur de Social Distortion, son apparence est similaire.

Après quelques recherches, il semble que j’ai mis dans le mille, plus j’avais ajouté à ma copine que pour le côté métal du groupe, ils ont misé sur la recette Black Sabbath.

Le chanteur a utilisé, à ses débuts, une Gibson SG, le modèle signature du célèbre guitariste Tommy Iomi, de Black Sabbath. Il ne cache pas ses influences et cette prestation est venue me chercher dans les tripes.

Comme je mentionnais en début de texte, ils auraient dû finir le spectacle.

Three Days Grace, on choisit de partir en tournée avant la sortie de leur nouvel album en août 2025.

Il y a présentement deux simples de parues, soit Apologies, qui est aussi le titre de l’album et Mayday.

Je vous avoue que je trouve toujours cela étrange, puisque le groupe doit avoir hâte de jouer plusieurs nouvelles pièces, surtout avec la formule de deux chanteurs, qui a été totalement adoptée pour cet album.

Pour moi, deux chanteurs, c’est deux égos à alimenter.

Ce n’est pas évident et la formation canadienne a choisi d’adapter les anciennes pièces du groupe avec cette formule, ce qui a bien marché. Un des deux chante et l’autre s’occupe de la guitare de soutien tout en offrant la voix de soutien.

Là où ça clachait, c’est lorsque que Matt Walst tombait dans son répertoire, qui selon moi est beaucoup plus faible que celui d’Adam Gontier qui offre les plus grands succès du groupe d’Ontario.

Tout a bien débuté, la chanson Animal I Have Become a offert un beau coup d’envoi avec une belle énergie, qui cependant s’est rapidement estompé.

Je crois que The Montain a été l’élément qui a amené cette belle énergie à s’évaporer.

Les deux chanteurs sont capables de prouesses au niveau du vocal, mais le style que le groupe a pris à la suite du départ d’Adam nous offre deux versions du groupe et celle-là n’est pas allée chercher la foule qui avait soif de l’époque du premier chanteur.

Malheureusement, il semble que nos cinq Canadiens ont poussé dans cette direction sur le nouvel opus puisque quand ils ont joué Apologies j’ai complètement décroché.

C’est un style qui se rapproche de ce que Backstreet Boys a offert lors de leur retour.

Une direction encore plus commerciale, pour un groupe déjà commercial. Il semble qu’on veut plaire aux jeunes et aller chercher de nouveaux amateurs.

Il reste que j’ai adoré le clin d’œil à Alice In Chains, vite sombré dans l’oubli depuis quelques temps. Adam a interprété seul à la guitare Rooster, une reprise du groupe. Le nom de la chanson est tiré du surnom au Vietnam du père de Jerry Cantrell, guitariste d’Alice In Chains.

Ils ont quand même réussi à performer dix-sept pièces tout au long de la soirée.

La finale était réussie, puisqu’ils ont interprété avec brio leur succès Riot.

On n’a pas affaire à une bête sauvage, mais la foule a joué un rôle crucial dans la réussite de ce spectacle.

D’ailleurs, pour vous situer sur le moment cocasse de ma soirée. Je portais mon gilet de Primus, celui de l’album Pork Soda, quand un gars est venu me dire un peu saoul, on t’aime Primus. La façon dont il a dit ça, c’était une première pour moi.

Bon je vous laisse, j’ai du boulot, je vais aller apprendre la danse araignée de Lola Mentez.

Texte : Eric BedardPrescription Punk Rock – CKRL 89,1

Photos : L’œil de Mel-C (Melanie Clement) – Prescription punk rock – CKRL 89,1

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L'Oeil de Mel-C 

Red Bridge Fest - 7 juin 2025 

Une journée qui aura été une révélation pour plusieurs festivaliers puisqu’ils ont découvert, entre autres, The Rumjacks, qui aura offert, selon moi, le meilleur spectacle de la journée.

Je ne sais pas pour vous, mais quand je refais la route de la ville de Québec pour aller à Pont Rouge au Red Bridge, je suis toujours plus énervé que la veille. On dirait que mon cerveau sait exactement que l’adrénaline va revenir dès que je vais mettre les pieds sur le site.

Cette journée, qui affiche un beau temps, est importante et historique pour le festival, selon mon humble opinion. Ils ont pris un risque et je pense qu’il a été payant. Il faut comprendre que le seul bémol de la fin de semaine provient de Propagandhi et leur choix de pièces, qui a divisé la foule.

Cela ne vient pas du festival, qui affiche une note parfaite.

Il a divisé certains festivaliers qui baignent dans la nostalgie, mais ils ont fait découvrir de nouveaux groupes au public et ça a marché.

Elle marque le retour de Propagandhi, qui vient défendre le monument qu’ils viennent de faire paraître soit At Peace, sur Epitaph. En plus, Misconduct et The Rumjacks, qui ne sont pas souvent de passage, étaient de retour en sol québécois. Une première fois dans ce petit village.

Une journée remplie de surprises!

La première était de taille avec la formation General Chaos, un groupe qui comprend trois jeunes mineurs qui ont beaucoup à offrir avec leur son qui nous replonge dans les débuts du punk. Vous ne savez sûrement pas, mais l'un des membres est le fils de Fred Jacques des groupes The Sainte Catherines et Yesterday’s Ring. Je le mentionne, car il a baigné dans la musique de son père et il reste qu’il a choisi d’aller dans une direction musicale différente. Le trio offre une originalité saisissante. Je suis content que les amateurs de musique présents ont aimé leur performance. Une belle façon de débuter ce samedi, en donnant du temps de scène à des jeunes en soif de conquête musicale.

La suite était logique, puisque c’est la formation XXsmile qui a suivi.

Je dis suite logique puisque le groupe entretien une belle chimie avec l’étiquette de disque People of punk rock et les organisateurs du Red Bridge Fest. Le projet a commencé en formule solo avec JF et c’est transformé en un quatuor qui offre un pop punk éclatant et très dynamique. Je trouve que XXsmileont été flamboyants sur les planches du Red Bridge.

Leur musique a résonné au sein de plusieurs festivaliers et ils ont gagné du terrain, il leur sera beaucoup plus facile d’avancer puisque le nom est sorti. Comme le groupe adore la pizza, ils ont bien été servis en arrière-scène avec la pizza de la pizzeria Paquet.

D’ailleurs, une des pointes s’est glissée sur scène avec Xxsmile.

D’ailleurs Pietro Della Sala, batteur de la formation The Rumjacks, est italienet il a adoré leur pizza, il dit que vous avez l’approbation de l’Italie.

Vous connaissez maintenant le slogan, plus de femmes sur la scène (more women on stage), eh bien on a été servis avec le retour de Ten Days Late. Une formation cent pour cent féminine de Vancouver qui avait sévi au début des années quatre-vingt-dix. On aurait pu penser qu’elle serait rouillée puisque plusieurs années ont passé depuis leur séparation.

Cependant, les filles nous ont offert une belle leçon de punk canadien à la vieille école.

Vancouver est un lieu historique dans l’histoire du punk. Cette ville offre un son qui a influencé beaucoup de musiciens à travers le monde et je suis persuadé que le groupe a influencé une légion de femmes à saisir leur instrument et formé un groupe de punk. On était choyé d’avoir le groupe à Pont-Rouge.

Mon Red Bridge Fest a débuté jeudi dernier, puisque le groupe Misconduct était en spectacle à Saint-Augustin. Une formation suédoise qui combine le punk et le hardcore avec brio. Je ne m’éterniserai pas sur ce concert, qui était digne des spectacles punks du CBGB’s tellement c’était tout croche au niveau du son. Comble de tout, le groupe a été victime de plusieurs problèmes techniques. Cependant, la cerise sur le sunday, un gars trop saoul qui tombe rapidement dans le désagréable avec tout le monde de la foule.

Heureusement, les Suédois ont offert tout un spectacle, malgré tout, et leur attitude punk a sauvé la soirée. Ils ont prouvé être de taille devant l’adversité. L’expérience finit toujours par payer.

Le spectacle de samedi de Misconduct marquait leur troisième en trois jours. Le trio avait joué le vendredi au Moulin Marcoux. Un spectacle qui s’est déroulé à merveille, selon les personnes présentes.

Ce concert était d’une importance capitale pour eux. Ils aiment le Québec et ils sont tombés en amour avec nous lors de leur premier passage en 1999. Ils sont revenus à quelques reprises, mais leur dernier passage remontait eux aussi au Rockfest, en 2018.

Dès la première note, le public a réagi fortement! Le groupe s’est délecté de l’énergie qu’on leur a offerte, qui était digne des années 90. Je peux vous dire que Fredrik Ollson, le chanteur du groupe, était aux anges. Nous avons réalisé une entrevue un peu plus tard dans la journée et il me partageait son amour pour la belle province.

Une chose bien spéciale est arrivée juste après la prestation de Misconduct.

Au niveau des médias, nous avons cette chance d’être une belle famille unie qui s’entraide. La preuve, une bonne partie des photographes présents sur place ont décidé ensemble de se faire tatouer par la compagnie l’Équinoxe située à Pont-Rouge, un appareil photo en symbole d’unification. Il y a quelque chose de magnifique là-dedans, et je suis fière de cette scène unie par cette passion qui nous anime.

Le moment que j’attendais le plus était celui de la montée sur scène de The Rumjacks. Je les connais depuis leur début en 2008. Je n’ai jamais apprécié leur ancien chanteur, mais j’ai reconnu le talent au sein de la formation australienne. Avec l’arrivée de Mike Rivkees au chant en 2020, le groupe s’est métamorphosé.

Les textes et le talent de parolier de Mike ont changé le groupe et il a apporté une profondeur à leur musique. Ils sont rapidement devenus le groupe le plus prolifique des dernières années dans la scène Celtic punk. Je vais même pousser à dire qu’ils ont dépassé leur maître les Dropkick Murphys surtout depuis le départ d'Al Barr.

Je les avais vues à Montréal en novembre 2023, je connaissais leur énergie sur scène.

J’avais juste hâte de voir la réaction de la foule.

Comme la plupart des festivaliers ne connaissaient pas le répertoire du sextuor, on avait affaire à une foule relativement calme, mais les gens ont écouté et les pièces ont retenti en eux. J’ai joué à trouver les amateurs du groupe dans la foule puisqu’une petite minorité les connaissait bien, certains étaient habillés en thématique irlandaise et d’autres hurlaient les paroles des chansons. Le groupe a gagné le cœur de Montréal, mais cette fois ils ont gagné le cœur de la province de Québec au complet.

Un groupe qui est en train de devenir un pilier de la scène devant nos yeux, le mix entre l’Australie, Boston et l’Italie fonctionne très bien. Ils viennent de faire paraître un album en mai intitulé Dead Anthem.

Ce n’est pas une blessure au pied qui va arrêter Jason DeVore, chanteur de la formation Authority Zero. Sa préparation avant spectacle était impeccable, un peu de kayak ou les chalets en bois où résident les artistes du Red Bridge Fest et un bon repas de pâte accompagné d’un vin sans alcool, puisque notre superhéro punk rock est sobre depuis plusieurs années. Cela paraît sur scène puisqu’il offre une performance avec une énergie invitante qui déstabilise les amateurs de musique dès son entrée sur scène.

Le catalogue du quatuor est varié et rempli de pièces classiques, dont plusieurs qu’ils ont jouées dont une de mes favorites Revolution, qui a été un moment fort de leur concert.

Chris Dalley le batteur de la formation, qui a offert trois spectacles derrière la batterie la veille, affichait un magnifique sourire, puisque c’était son anniversaire. Un gâteau lui a été préparé par le festival.

Good Riddance était en remplacement de Slick Shoes. Je ne crois pas avoir entendu personne s’en plaindre. La formation américaine n’était pas à leur premier passage au Red Bridge et on savait à quoi s’attendre puisque le groupe était aussi de passage à Montréal en première partie de NOFX, en août 2024. Ils sont toujours sur la note et Russ Rankin, malgré qu’il n’affiche jamais de sourire s’amusait sur scène et ils ont donné une performance digne de leur statue de légende punk.

Les Vulgaires Machins est une des formations les plus influentes au Québec et le son qu’ils ont développé est propre à eux. J’étais content de les voir dans le cadre de ce festival puisque cela offre quelque chose de différent et surtout le groupe francophone a un point en commun avec Propagandhi : ils sont tous les deux soucieux du choix de mots au niveau des textes qui sont dénonciateurs et provocateurs. La formation de Granby a débuté leur concert avec la pièce Liberté, qui se retrouve sur le dernier album du groupe intitulé Disruption. Le moment fort de la soirée a été leur interprétation de la chanson Petit Patapon, que je n’avais pas entendue depuis longtemps. Je crois que le groupe l’avait réintégré en 2023 et depuis ils la font de temps en temps. Je ne me tannerai jamais d’entendre Dieu se pique et leur interprétation était telle que je comparai à me faire frapper par la foudre.

Le groupe qui aura divisé la foule en deux, était prêt à conquérir Pont-Rougeavec sept pièces de leur nouvel opus.

Je savais que ça allait arriver, puisque qu’il y a deux types d’amateur de Propagandhi.

La première catégorie sont les amateurs de punk mélodique qui aiment baigner dans la nostalgie de How to Clean Everything, le premier album de la formation canadienne. La deuxième catégorie de fans du groupe, sont comme moi des amateurs de métal et prog. Ils ont compris que le groupe a tracé une ligne avec leur passé punk rock et qu’ils sont devenu bien plus cela, depuis. La bête est devenue complexe, elle est parfois lente, parfois tellement pesante que cela devient une expérience auditive.

Malheureusement, on l’a vu, le mix des deux styles de passionnés du groupe n’a pas fonctionné. Il y a eu ceux qui, comme moi, ont dévoré chaque note et ils ont porté attention à chaque détail auditif. Puis, il y a ceux qui ont trouvé le spectacle endormant.

Bon, il faut prendre conscience que deux jours de festival c’est épuisant surtout passer la barre des quarante ans.

Il ne faut pas oublier que la génération de nos parents n’a pas fait ce qu’on fait, soit de refuser de vieillir et continuer le rythme de vie des spectacles à chaque semaine.

Je comprends que les gens étaient fatigués, cependant il ne faut pas dire que la performance du groupe était mauvaise. C’est une des formations les plus professionnelles sur scène et je vous jure qu’ils ne manquent pas une note et jouent avec toutes leurs tripes.

Leur spectacle était une réussite sur tous les points, si on connaît l’univers du nouvel album et qu’on suit le groupe.

Une belle surprise a été que le groupe a quand même plongé dans le deuxième album, soit Less Talk More Rock. Ils ont joué trois pièces de cet album au grand plaisir des vieux amateurs du groupe. Dites-vous que la formation ne joue presque jamais The Only Good Fascist Is a Very Dead Fascist.

Un beau cadeau selon moi.

Mon moment fort de la soirée a été lorsque le groupe a interprété Night Letter sur l’album Supporting Caste, qui est mes deuxièmes albums favoris de la formation. Je dois avouer que d’être sur le côté de la scène à l’arrière-scène avec le groupe à quelques pas de moi était une belle expérience, j’ai encore la chair de poule.

J’attendais ce spectacle depuis tellement longtemps et je n’ai pas été déçu.

Cependant, je suis conscient que ce n’est pas tous les festivaliers du Red Bridge Fest qui partagent mon opinion.

Il reste que cette édition était spéciale, car comme je le mentionnais, les organisateurs sont allés dans une direction différente et je pense que c’est vraiment positif. Je souhaite que le festival continue dans ce chemin, car je trouve que trop de nostalgie gâche un peu la recette.

Ça prend de la relève sur scène et des groupes qui viennent rarement, et surtout des classiques pour entourer le tout.

Cette année, tous les ingrédients étaient là.

La beauté de ce festival se retrouve dans le regard pétillant des humains présents sur place.

Vivement à l’édition de l’an prochain.

Texte : Eric Bedard – Prescription punk rock – CKRL 89,1

Photos : Med Desmeules – Chicks Rock Media (General Chaos)

Photos : Dave Desrosiers – Red Bridge Fest (XXsmile et Ten Days Late)

Photos : L’œil de Mel-C – Prescription punk rock – CKRL 89,1 (Misconduct, The Rumjacks, Authority Zero, Good Riddance, Les Vulgaires Machins et Propagandhi)

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L'Oeil de Mel-C

Red Bridge Fest - 6 juin 2025 

La force du Red Bridge Fest est de réunir une génération qui refuse de vieillir avec une nouvelle génération qui ne pense pas encore au lendemain, unis pour la musique et l’ambiance unique.

La première soirée du Red Bridge Fest est toujours un gros rush d’adrénaline puisque la plupart d’entre nous travaillons en journée.

On se dépêche de finir, et ensuite on saute dans nos véhicules en direction de Pont-Rouge.

Cette année, j’ai terminé plus tôt histoire de ne pas manquer aucun groupe.

Implants a donné le coup d’envoi du marathon avec une fougue mélodique enivrante. Le moment fort de leur prestation a été leur reprise de Generator de Bad Religion. Pour ceux qui ne savent pas la formation américaine comprend Rob Ramos du groupe Strung Out, Jen Conte de la formation The Tank, Chris Del Rio ex-membre de Ten Foot Pole et à la batterie, ils ont demandé à Chris Dalley de remplacer leur batteur qui ne pouvait pas être de la partie.

On décrit souvent ce genre de projet comme étant un supergroupe, mais je dirais plus des musiciens remplis de talent brut. Ce qui est dur d’ouvrir un festival, surtout le vendredi, est que les gens commencent à arriver en grand nombre au début du deuxième groupe, ce qui fait que la foule est plus petite pour débuter.

Implants aurait mérité de jouer devant une place remplie à craquer, car ils ont donné une performance comme si c’était le cas.

Leur premier passage dans la belle province aura été marquant.

Le coup d’envoi était donné, la bière du trou du diable commençait à couler à flot et l’atmosphère unique du festival revenait comme à chaque édition.

Cette année je dénotais une plus grande abondance d’adolescents que les vendredis précédents. On pouvait en retrouver près des camions de nourriture et une autre partie à la clôture devant la scène, les bras levés dans les airs.

La relève se place tranquillement et c’est beau à voir.

Pour moi le retour de Penelope sur les planches est un événement important, puisque le groupe a une place de choix dans l’histoire du punk francophone au Québec. Le quatuor avait enregistré leur deuxième album avec nul autre que Dave Smalley de Down By Law, ALL et Dag Nasty, à la réalisation. Au niveau de la production ils ont engagé le légendaire Brian Baker de Minor Threat et Bad Religion en plus d’avoir Ian Mackay de Fugazi avec eux dans le studio.

L’album a une sonorité unique et j’aime bien imaginer la face des trois américains en entendant les pièces en francophone pour la première fois. Il reste que sur scène, le groupe a repris rapidement son aisance et Julie, la guitariste du groupe, était en feu.

On sentait le plaisir de jouer revenir et la foule a bien répondu à l’appel. En espérant qu’il y ait d’autres spectacles de la formation de Portneuf. Pour les aider, le groupe a ajouté une deuxième guitare et Eric Roberge, de la formation Carotté, a repris sa place derrière la batterie. Je suis content de la réaction du public et les amateurs de musique étaient contents de les revoir. Pour plusieurs c’était leur première fois qu’ils pouvaient voir les membres du groupe se déchaîner sur une scène.

Le Red Bridge offre cette magie qui nous ramène dans le temps, l’instant d’un moment.

L’Australie a une place privilégiée au sein du festival cette année, puisque la formation Frenzal Rhomb et The Rumjacks étaient mise de l’avant.

C'est toute une réussite des artisants derrière le festival d'amener un groupe de ce continent ici, au Québec.

Frenzal Rhomb offrait trois spectacles seulement en sol québécois, nous avions droit à un moment unique et historique. C’est plus de soixante-six heures que ça leur a pris pour arriver à l’aéroport de Montréal. Le groupe signé sur Fat Wreck était heureux de revenir nous visiter, la dernière fois c’était lors du Rockfest en 2017.

J’avais eu la chance de faire partie du quatuor pendant quinze belles minutes. Leur homme de main avait été chercher quelque chose dans leur van et il avait besoin d’un coup de main pour transporter un ampli, et ils sont venus me demander de joindre la formation. Leur technicien de tournée est revenu après quinze minutes et j’ai perdu mon emploi au sein de l’orchestre australien.

Bien sûr c’était une blague, mais le chanteur se rappelait ce moment loufoque.

Trente ans de métier amènent un professionnalisme qui a paru sur scène lors de leur performance au Red Bridge. Ils ont une aisance sur les planches et une approche différente. La force du groupe se retrouve en leur batteur Gordy qui livre toute une performance, c’est presque olympique. La foule s’est déhanchée dans le mosh pit, malgré le fait qu’ils n’étaient pas familiers avec l’ensemble du catalogue musical de Frenzal Rhomb. Il reste qu’ils ont offert toute une claque au festivalier. Le moment fort de leur spectacle a eu lieu lorsque le groupe a performé Run qui est leur pièce classique, puisqu’elle se retrouvait sur la compilation Survival of the Fattest. Une compilation de l’étiquette de disque Fat Wreck Chords qui a passé à l’histoire et a fait découvrir le groupe à notre génération.

J’ai eu la chance de leur jaser pas mal vendredi et quand je suis tombé sur eux en haut de la côte située près de l’entrée du site vers minuit. Gordy m’a offert le câlin le plus intense de ma vie. Il m’a crié : je veux un câlin, maintenant! Il m’a serré tellement fort et longtemps, un autre moment cocasse qui forge notre amitié.

Ce qui est encore plus drôle c’est que le lendemain il est venu se présenter et Jay, le chanteur du quatuor est parti à rire en disant, tu ne te rappelles pas d’Eric. Tu l’as presque étouffé, hier.

Voodoo Glow Skulls est une bête ska unique dans son genre. Le groupe a réussi à étirer leur legs grâce à Efrem de la formation Death by Stereo qui a assuré la voix du groupe pendant le départ de Frank Casillas. Cependant, ce n’était pas comme dans le bon vieux temps, il manquait un élément majeur, la fraternité d’une famille. La formation américaine comprend trois membres de la famille Casillas.

On s’entend que ça apporte une chimie unique au sein du groupe. Le Red Bridge nous offrait cette magnifique réunion entre eux, avec le retour de Frank derrière le micro du haut de ses six pieds.

Le prêtre vaudou était en synergie avec son public et heureux de pouvoir aller à leur rencontre. La sorcellerie musicale offerte par les membres du groupe a opéré et tout le monde était sous leur charme païen.

Le groupe a forgé leur performance autour de deux albums classiques, soit Firme et The Band Geek Mafia. Ils ont offert cinq pièces de ces deux monuments de la musique ska punk. La fougue et l’énergie de l’orchestre américain nous ramenaient à leur début, on sentait le groupe en contrôle et la fête à lever d’un cran. Le groupe a délivré une prouesse musicale des plus intenses, ce qui en fait un moment marquant de la fin de semaine. Leur son unique combiné avec la foule qui avait soif de skacore a donné le ton pour la finale de la soirée.

Le fait que le sextuor a joué des pièces qu’ils font rarement comme par exemple Misunderstood, They Always Come Back et Construction à donner de la chair autours de ce spectacle. Les amateurs du groupe étaient non seulement aux anges, mais Voodoo ne leur a jamais laissé le temps de comprendre se qui passait.

Une claque en pleine tronche, c’est le mieux que je puisse dire pour découvrir cette délectable performance.

Goldfinger à marqué mon parcours radiophonique au fer forgé. En 2012 lors du Rockfest a Montebello, la formation dans son entièreté m’avait coupé les cheveux à la tente de marchandise de Music 4 Cancer, justement pour la cause du cancer. Merci à Jay Epinat qui eu cette idée digne d’un savant fou.

Un moment que John Feldmann, chanteur de la formation, et Charlie Paulson, guitariste du groupe, n'ont pas oublié.

J’étais heureux de les revoir, surtout qu’ils ont enchaîné tous leurs classiques avec une belle complaisance. Ils ont volé la section des cuivres de Reel Big Fish, puisque trois membres du groupe étaient sur scène avec eux. Il y a eu plusieurs moments forts durant cette soirée.

Premièrement, je tiens à souligner que c’était du pur génie de faire monter tous les moins de vingt ans sur la scène du Red Bridge Fest. C’est adolescent et enfant n'oublieront jamais ce moment et je parie que Goldfinger est maintenant un élément dominant de leur playlist.

Bien sûr, le deuxième point fort de leur spectacle est arrivé immédiatement après puisqu’ils ont joué la légendaire pièce Superman, qui est devenu viral bien avant les médias sociaux. C’est le jeu Tony Hawk Pro Skater qui a donné un second souffle à cette chanson et au succès du groupe. On aurait dû tous amener une manette de PlayStation et la brandir bien haut dans le ciel.

Le son est un élément important dans l’univers du chanteur, puisqu’il est un producteur à succès. Il a travaillé avec Blink 182 sur leur dernier album. Au total, si on combine tous les albums sur lesquels il a travaillé, on arrive à plus de trente-quatre millions de copies qui ont trouvé preneur.

Vous ne le savez sûrement pas, mais Goldfinger a accompli un record Guinnessen 1996 en offrant plus de trois cent quatre-vingt-cinq spectacles dans la même année. Disons qu’ils savent comment s'approcher d’une perfection sonore sur scène.

Le clou de la soirée est arrivé lorsque les ballons rouges ont pris d’assaut les festivaliers sous un éclairage rouge. Les gens ne chantaient pas, ils hurlaient les paroles de 99 Red Ballons, ce qui donnait un moment magique.

Le Red Bridge Fest est une immense famille dysfonctionnelle qui se réunit à chaque année pour créer une énergie si forte que même le cosmos a de la misère à comprendre ce qui passe.

La température a été de notre bord!

Le retour s’est bien fait, une petite heure de route et mon lit m’attendait. Cependant, je n’ai trouvé le sommeil qu’à quatre heures du matin. Une petite nuit, mais l’adrénaline effectue son travail.

La puissance de ce festival réside dans ces festivaliers qui ont le cœur si grand pour la musique punk.

Texte : Eric Bedard – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1

Photos: Dominic Gendron - Punk Rock Radio.ca (Implants)

Photos : Dave DesrosiersRed Bridge Fest (Penelope – Frenzal Rhomb)

Photos : L’œil de Mel-C – Melanie Clement - Prescription Punk RockCKRL 89,1 (Voodoo Glow Skulls – Goldfinger)

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Dayglo Abortions - 17 mai 2025 

En plus de quarante-cinq ans de provocation la légendaire formation Dayglo Abortions n’a pas perdu son mordant en spectacle. L’odeur de leur merde est toujours aussi percutante pour la cavité nasale des gens cupides qui ont croisé leur route, pour nous c’est de l’or.

Quand on va voir un spectacle au Scanner et qu’on a plus de quarante ans il y a une préparation mentale à faire au cours de la journée, car comme je l’ai déjà mentionné ça commence tard.

Le truc est de bien balancer les choses et ne pas l’échapper. Si tu l'échappes, tu n’as pas mal de chance de voir le soleil se lever, ce qui est une chose impensable passé quarante ans avec une petite famille.

Comme je ne bois plus, le truc était de ne pas vacher avant et de me tenir occupé pour ne pas sentir la fatigue.

Il y avait trois formations sur l’alignement ce soir et deux d’entre elles m’étaient inconnues, je suis allé à l’aveugle sans aller écouter préalablement pour me laisser surprendre.

La soirée a débuté aux alentours de vingt-trois heures trente avec le groupe The Devil's Punchbowl qui offre un son folk avec une saveur du bayou. Je dois mentionner qu’il y a une particularité au sein de ce trio qui se retrouve dans un instrument, soit la harpe.

C’est plutôt rare et je dois dire que cela a amené un charme à leur musique qui semble être née d’une implosion, tel qu’un chaos. C’est endiablé et le groupe ne se donne pas de repos une fois les hostilités débutées. On ressent beaucoup les émotions du chanteur et ils semblent avoir accumulé beaucoup de vécu en peu de temps, ce qui amène une poésie provenant de la rue dans ces textes. Ça donne une performance intense qui ne laisse personne indifférent.

Le public a très bien réagi et j’étais heureux de voir que les trois groupes allaient offrir quelque chose de différent.

J’aime quand les styles sont mixés dans les spectacles.

Dirtnap a rapidement suivi ainsi que le niveau d’intensité du spectacle. Leur son qui mixe de l’anarcho punk et du skaest très activant. Je dois souligner que le batteur de la formation m’a beaucoup impressionné par son style et sa technique. Ils ont subi un dur coup en débutant cette tournée puisque leur bassiste a quitté subitement, c’est Cretin de la formation Dayglo Abortions qui l’a remplacé. Le groupe a une bonne base qui rappelle Choking Victim, par certains moments.

Ma seule déception était au niveau du vocal qu’on entendait mal et le chanteur semblait avoir perdu la voix. Comme c’est la fin de la tournée, je peux comprendre que la fatigue prend le dessus. Il reste qu’ils ont donné un spectacle honorable et la foule commençait à être en symbiose avec la soirée.

Il reste que c’est un nom à retenir et ils prouvent qu’il y a de la relève à Victoria, qui a offert un autre groupe légendaire soit Nomeansno. D’ailleurs Murray a un collant du groupe sur sa mythique guitare noire.

Dayglo Abortions est un des groupes les plus importants dans la scène punk canadienne. Dès la formation du groupe à la fin des années 70, ils ont donné le ton et ils ont prouvé que Victoriaen Colombie-Britannique avait quelque chose d’unique à offrir de différent. La formation a vendu plus 500 000 albums de façon indépendante.

L’impact et l’influence du groupe sur les générations qui ont suivi est indéniable.

J’étais content de les revoir, on les avait eus dans le studio de CKRL 89,1 lors de Prescription punk rock, voilà quelques mois ce qui a mené à une entrevue mythique remplie d’anecdotes incroyables.

Le groupe affichait une forme phénoménale pour leur âge respectable. Murray aka Cretinest un guerrier du punk il joue avec une énergie sans fin qui donne toujours un show égal. Il est un excellent guitariste et malgré qu’il soit seulement trois sur scène le groupe donne un spectacle que je comparai à un coup de poing de Mike Tyson dans le pique de sa carrière. Dès les premières notes de la pièce

On n’était pas beaucoup, il faut dire que le Pouzza fest avait lieu en fin de semaine et il y avait plusieurs événements dans la ville de Québec. Cependant, la qualité des spectateurs est à souligner.

Cela n’a pas altéré la performance du trio qui a enchaîné les classiques de leur répertoire tel que Argh Fuck Kill, Ronald McRaygan, Used to be in Love et Pround to be a Canadian.

Ce que j’aime du groupe est qu’ils ont toujours gardé un côté mordant à leur musique et le fait qu’ils ont baigné dans un style crossover rend le groupe plus grand que nature sur scène puisqu’ils ont conquis la scène punk et la scène métal.

Le groupe c’est bien remis du départ de Gymbo Jak, qui a chanté pour le groupe pendant plusieurs années après le départ de Murray, ainsi qu’à son retour dans le groupe en 1998.

Après toutes ces années sur la route à se battre au nom du punk Dayglo Abortions, prouvent toujours qu’ils sont une partie importante de notre histoire canadienne. J’aime voir les nouveaux adeptes qui vont les voir pour la première fois, leur visage en dit long. Surtout quand le spectacle termine et que Marc leur batteur prend sa canne d’aveugle et que les gens réalisent que la machine en arrière de la batterie est une personne non voyante.

Sûrement la preuve de ce que j’ai toujours revendiqué, soit que la musique est quelque chose de vivant.

Blind Marc en est une preuve vivante et une légende en soi.

Supportons notre histoire punk canadienne, supportons Dayglo Abortions.

Texte : Eric BedardPrescription Punk Rock – CKRL 89,1

Photos : L’œil de Mel-C – Prescription punk rock – CKRL 89,1

L'entrevue complète avec Murray Acton de Dayglo Abortions dans le studio de CKRL 89,1 lors de Prescription punk rock est disponible ici: https://www.youtube.com/watch?v=ujQvuilnLK8&t=1011s

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Radiothon CKRL 89,1 - Prescription punk rock - 26 avril 2025

L'histoire se forge à travers les risques et le désir de vouloir faire avancer les choses.

Le radiothon de CKRL 89,1 est un moment incontournable à chaque année.

J'ai la chance d'animer une émission spéciale lors de cet événement unique qui permet à la station de continuer sa vocation de donner de l'exposition aux artistes émergents et établis de la scène underground.

Le mandat que la station me demande est de créer le plus gros party à chaque année.

Depuis, plus de neuf ans, je relève avec brio ce défi!

Cette année n'était pas une exception!

Cependant, pour réussir ce mandat j'ai besoin de soutien de taille. Les artistes et les auditeurs présents sur place sont la clé de ce succès.

Mes alliés étaient de taille cette année puisque j'avais Steamboat Woody de la formation Banjax Brigade qui a ouvert les festivités et qui, disons-le, a fait le ver le party de façon magistrale. C'était un beau de radio, puisque le public a réagi avec amour devant l'œuvre de l'artiste. Sans connaître son répertoire, ils ont chanté quelques pièces avec une énergie qui est venue chercher l'artiste dans les tripes.

Les yeux ne mentent pas!

Le regard qu'avait Woody était magnifique, des yeux pétillants qui savouraient le moment comme s'il n'y avait pas de lendemain.

Le concept de la soirée est assez simpliste. On alterne prestation avec entrevue avec quelques pièces originales pour alimenter le tout.

L'entrevue était vivante et enrichissante. Le moment loufoque s'est produit avec un des ballons rouges, qui ne voulait pas lâcher le musicien. Il avait beau le pousser avec force le ballon faisait le tour de la salle pour revenir vers lui. Une première, un ballon possédé qui assistait à la soirée.

Le public était en feu et prêt pour la performance de Joe Evil piano show. Ce projet est un duo de deux artistes bien établi dans la scène. Je veux dire deux légendes vivants de la scène underground.

Joe Evil s'est allié avec son vieil ami et comparse de musique dans Grimskunk Vince Peake (Groovy Aardvark, Floating Widget, Aut'Chose) pour monter un projet avec du panache.

Ils reprennent les classiques de Grimskunk et Groovy Aarvark avec seulement deux instruments soit le piano et la basse. J'avais eu la chance de les voir la semaine avant avec Mononc Serge & Anonymus à St-Casimir. Ce projet montre toute la complexité dans la musique de Grimskunk et Groovy.

Comme j'espérais, leur performance à amener le public du radiothon dans un autre univers et ce qui est arrivé m'a sidéré.

Les gens se sont levés et ils ont commencé à danser au son des classiques des deux groupes respectifs.

La magie de Prescription punk rock opérait, et on pouvait voir le sourire sur chaque visage présent dans les studios de la première station francophone au monde.

Nous avons ramassé plus de 3500$ durant les trois heures et je vous remercie d'avoir pris le temps d'écouter l'émission et de vous être déplacé.

Sans vous on ne serait pas en mesure de créer un tremblement de terre aussi puissant.

L'ancienne banque qui habite maintenant la station de radio a été shaker jusqu'à sa fondation.

La station à amassé 58 100$ durant la fin de semaine.

Merci à tout le monde pour ce succès fulgurant.

Texte: Eric Bedard - Prescription Punk Rock - CKRL 89,1

Photos: L'oeil de Mel-C. - Prescription Punk Rock - CKRL 89,1

PS: Merci à Grim Jo, Vince Peake, Steamboat Woody, Simon Roy, Jean-Sébastien Doré et Dany Fortin.

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Meshuggah - 28 mars 2025 

Nos vieilles carcasses se sont laissé tenter par le diable et les cannibales étaient au rendez-vous pour un buffet musical sanglant, saupoudré de folie.

La ville de Québec était privilégiée d’avoir la formation Meshuggah comme invité du Centre Vidéotron, puisque le groupe est un pionnier dans son style de metal, qui on va se le dire n’est pas fait pour toutes les oreilles et tous les amateurs de musique.

De plus, il est rare que la ville de Québec soit choisie au détriment de Montréal. On le sait, une guerre fait rage en coulisse en ce moment au niveau des promoteurs, mais de voir que le groupe a choisi la veille capitale pour nous décapiter musicalement, ça fait chaud au cœur.

Le choix des groupes sur cette tournée est impressionnant. C’est risqué de mettre trois groupes de musique metal extrême ensemble, mais on l’a vu lors du passage de Amon Amarth, ça peut fonctionner et donner un nouvel angle sanglant qui va attirer des groupes qui ne voient pas le Québec comme un déplacement rentable.

La soirée à débuté avec la formation que j’avais le plus hâte de voir, soit Carcass. Ils sont des piliers de la scène métal britannique, depuis 1985. Quand on pense Liverpool on ne pense pas nécessairement au death metal, je crois qu’on a plus les Beatles en tête.

Cependant, les Britanniques sont des génies au niveau de la création musicale. D’ailleurs, ils sont un des rares groupes de death metal à avoir signé sur Colombia Records. Cela leur a donné une aisance financière qui leur a permis de forger une signature sonore unique au fil du temps.

Ils affichaient une fougue enivrante et ils ont montré à Québec que l’expérience paye.

Dès leur entrée, les gens ont eu affaire à une claque sur la gueule bien orchestrée. La seule chose que j’ai trouvée déplorable est que le groupe n’a joué que trente minutes. Pour des légendes comme eux, je trouve ça peu. La logistique événementielle prend toujours le dessus et comme le groupe était celui qui ouvrait les hostilités, ils ont dû payer la note du temps. Il reste que le spectacle valait le déplacement et que le ton pour la soirée était placé à un niveau céleste. Si comme moi vous aviez voulu plus, le groupe passe souvent par Montréal, ils sont venus au Québec chaque année depuis 2022.

La table était mise pour les cannibales qui étaient de passage en mai 2024 lors de la tournée de Amon Amarth. Le groupe avait conquis la foule et les gens en redemandaient après chaque chanson. Le scénario était similaire, de même que le choix des pièces. En revanche, je ne me tanne pas de les voir en spectacle. Corpsegrindera une facilité avec la foule et une aisance au niveau du vocal qui fait de Cannibal Corpse un groupe phare qui n’offre pas dans la dentelle. Ce qui m’a surpris est que la foule était principalement là pour les voir eux. J’imagine que le bouche à oreille de leur dernier passage a laissé une trace. Il y a beaucoup de monde qui a quitté après leur performance, ce que je ne comprends pas.

C’est fréquent que les gens viennent voir un groupe et quittent par la suite, je peux comprendre s’il y a un autre événement ou une urgence. Mais, de ne pas prendre le temps de découvrir au prix que les spectacles coûtent, aujourd’hui c’est un peu aberrant. Ça reste un choix personnel que je vais respecter, mais il reste que je ne le comprends pas.

Il reste que Cannibal a réellement décapité musicalement la foule de Québec.

On a eu presque une heure de spectacle et j’en redemandais encore et encore. Le moment fort de la soirée a été leur intro et la première pièce du show soit, Scourge of Iron, qui reste une de mes chansons favorites du groupe, elle se retrouve sur l’album Torure qui est paru en 2012.

Corpsegrinder m’a fait exploser la rate quand il a lancé à leur disciple dans la foule, vous savez pourquoi vous ne headbanger plus, car je suis le meilleur!

Il était facile de prévoir le moment où le groupe allait jouer I Cum Blood qui reste la pièce la plus connue du septuor. Un autre spectacle de Corpse qui va passer à l’histoire de Québec, pour les bonnes raisons.

Une chose que les groupes ont en commun est qu’ils ne sont pas habitués de jouer dans des amphithéâtres. On le voyait avec le côté minimaliste de la scène et des éclairages.

Rien d’extravagant, ce qui est bien puisqu’on est là pour célébrer leur musique par leur éclairage et leur toile de fond.

Pour ceux qui ne le savent pas, Meshuggah provient d’un mot suédois qui symbolise la folie, vous comprendrez mieux le titre de cet article.

Une folie visuelle qui nous a pété d'en la face, je peux vous dire qu’on n’était pas prêt pour l’éclairage de Meshuggah, qui a été selon moi une plaie en début de spectacle.

Les membres du groupe sont arrivés sur scène sur la pièce Broken Cog, ils se sont placés dans leur carré respectif et ils n’ont pas bougé d’un poil de tout le spectacle. Le côté technique de leur math metal ne leur permet pas de bouger et interagir beaucoup avec leur public. Par contre, cela offre une expérience musicale d’une intelligence phénoménale. Ils sont parmi les meilleurs musiciens au monde. Le batteur du groupe Tomas Haake offre une performance olympique, juste ça vaut son pesant d’or.

Il y a une saveur, une texture indescriptible dans leur musique, et je comprends que le groupe soit en mesure de performer dans des amphithéâtres. Je le dis humblement, mais Meshuggah est dans les groupes les plus influents dans le metal pour notre génération. Leur approche unique de la musique en fait une bête de scène qu’il faut absolument voire une fois dans sa vie.

Ce soir, ils ont donné toute qu’une rince à leur public. La qualité dominera toujours sur la quantité et la foule présente a donné ce qu’elle pouvait au suédois.

Comme je le mentionnais sur une note négative, le début du spectacle a perdu de son intensité dû à l’éclairage qui nous a littéralement aveuglés sur les deux premières chansons. Le temps d’une crise d’épilepsie, le tout s’est placé par la suite.

Il faut dire que chaque flash de lumière est calculé et placé de façon précise pour appuyer les notes de musique. Je crois seulement que le groupe n’a pas les moyens de se payer un éclairage comme Muse, par exemple. Ce n’est pas le même niveau de foule, non plus.

Pour le reste, le groupe a offert un spectacle qui frôlait le concept de la perfection.

Entendre ce groupe avec la qualité sonore qu’offre le Centre Vidéotron est quand même une expérience sensorielle et auditive.

C’est en sombrant dans la folie d’après spectacle que j’ai réalisé que j’ai passé un bon moment et je suis content de cocher Meshuggah dans les spectacles que j’ai couverts dans ma vie, médiatiquement parlant.

C’est le genre de groupe qui te fait réaliser que tu es content d’être en vie et vivre cette expérience avec des vrais puristes de metal.

Texte : Eric Bedard – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1

Photos : L’œil de Mel-C – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1

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Morgan - 14 Mars 2025 

Malgré un coït interrompu par un accident sanglant, La Source de la Martinière a été prise d’assaut par une bonne dose d’énergie contagieuse sous trois formes différentes.

Tout comme en février dernier, la formation Banjax Brigade a livré une performance digne des grands de ce monde. Je dirai même que le groupe évolue à une vitesse fulgurante, le spectacle était plus court, mais cela a participé à augmenter le niveau d’intensité de leur prestation. Comme je l’ai mentionné, dans mon précédent article, le groupe est à surveiller, puisqu’ils vont rapidement se placer comme un groupe phare de la scène Celtic Punk québécoise. Ils ont le talent, l’énergie et surtout l’originalité d’offrir une musique qui va vous chercher droit au cœur.

J’avais tellement hâte de voir Slater et Fils en action. Leur humour et leur touche de ska à travers leur son rock nous a amenés à sortir nos meilleurs pas de danses. Ils ont explosé les ondes radiophoniques avec leur pièce Watatatow qu’ils ont fusionné avec Come Out and Play de The Offspring. Un coup de génie musical, si vous me le demander. Du haut de ses vingt-cinq années d’existence, le groupe est arrivé sur scène avec un sourire rempli de vitamine C.

Ils ont rapidement conquis le cœur des spectateurs qui ont immédiatement répondu avec un déhanchement qui rappelle les belles soirées de ska des années 90. Genre de déhanchement que tu ne penses pas au lendemain du haut de tes quarante ans. Le groupe est beaucoup plus qu’un groupe de ska, il y a plusieurs éléments qui combinent d’autres styles dans leur musique, il reste que leur force est la scène. Ils ont ce pouvoir de faire danser les gens sur chacune de leurs chansons.

Bien sûr, le moment fort de la soirée est arrivé lorsque le groupe a performé Watatatow, cependant la chanson On trempe ça dans l’sirop est venue me chercher dans les tripes. Ça donne le goût de chanter et ça représente bien le Québec. Toute qu’une performance du côté de Slater et Fils qui vont prendre le reste de l’année pour travailler sur du nouveau matériel.

Morgan est une machine bien huilée sur scène, bien que ça faisait longtemps qu’il n’avait pas monté sur les planches d’une salle de spectacle, les membres étaient en pleine forme. Le groupe combine un son redneck folklorique avec du punk qu’il mixe avec une énergie phénoménale.

On était une petite foule, mais la qualité domine sur la quantité, surtout dans le cas présent. On pouvait lire la joie sur le visage de chaque personne présente.

Tout allait bien et le spectacle avait une vigueur enivrante.

Les gens se collaient et l’alcool prenait le dessus sur plusieurs.

Cependant, une des filles présente à la soirée s’est enfargée dans ses pieds et s’est ramassée à tomber la tête première sur le sol de la Source de la Martinières. Une mare de sang s’est rapidement manifestée autour de sa tête. On avait affaire à eu une bonne chute et sûrement une commotion cérébrale.

Le groupe a immédiatement arrêté de jouer, les gens se sont déplacés vers le fond de la salle ou la sortie pour laisser de l’air à cette pauvre fille qui avait le sourire le plus charmant de toute la salle. Elle éprouvait tellement de plaisir et en une fraction de seconde tout a basculé. Par chance, tout le monde et le personnel de la salle de spectacle ont tous bien réagi et les ambulanciers sont arrivés rapidement sur place.

Elle a été escortée jusqu’à l’ambulance et c’est à ce moment que Sasha, mon ami de longue date qui est aussi la personne qui s’occupait du son de la soirée, est venu me dire que c’était la sœur à sa bonde aussi présente à la soirée.

On a su qu’elle était correcte et allait retourner chez elle, où son copain allait prendre soin d’elle et surveiller que rien n’arrive durant les vingt-quatre prochaines heures.

L’ambiance n’était plus à la fête, je dirai même que c’était lourd pour tout le monde avant l’arrivée des ambulanciers.

On oublie souvent que les spectacles offrent leur lot de dangers une fois mixés à l’alcool. Ces incidents ne sont pas de forme courante, mais j’ai mon lot d’histoires similaires, ce qui démontre que cela peut arriver. Soyez prudent, quand quelqu’un tombe, on l’aide à se relever, s’il n’a pas fait de commotion, bien certainement.

La musique est une thérapie et je crois que la meilleure façon de terminer cette soirée et oublier tout ça était de laisser Morgan venir nous recasser la gueule musicalement parlant, une fois de plus.

Ils ont joué trois chansons qui ont ramené l’ambiance pour ceux qui étaient restés.

Une soirée qui va passer à l’histoire de la Source de la Martinière.

Texte : Eric BedardPrescription Punk RockCKRL 89,1

Photos : L'oeil de Mel-C.Prescription Punk RockCKRL 89,1

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Korpiklaani - Ensyferum - 28 Février 2025 

Le front froid du Québec s’est allié à la froideur de la Finlande pour créer une tempête musicale infernale qui a fait vibrer le royaume des dieux médiévaux.

J’aurais tellement aimé arriver pour voir Trollfest, cependant la logistique familiale me permettait d’arriver pour 20h00.

Le temps de me laisser emporter par la nostalgie d’être à nouveau dans la salle Montaigne du Cégep de Charlesbourg, là où j’ai passé quelques années à travailler comme concierge.

Je suis très familier avec la salle, ses recoins et le niveau sonore de la salle.

Plusieurs se demandaient comment ça allait sonner, je vous rassure l’acoustique de cette salle est impeccable et elle capture bien le son strident du métal.

Ensiferum est une formation qui a beaucoup de contenu, elle est solide et elle gagne en terrain à travers le monde avec leur musique qui mixe plusieurs styles de métal dont le power, le folkqu’il saupoudre avec un peu de death metal avec un environnement viking. Ils sont très théâtraux dans leur approche et chaque membre au sein du groupe est des personnages.

Avec tout cela combiné il offre un spectacle qui va vous chercher droit au cœur. Les trippes veulent vous sortir par les oreilles tellement la vibration est intense. Le public était gagné d’avance puisque la visite finlandaise est une belle rareté qui fait qu’on apprécie chacun de leur passage dans la froideur de la vieille capitale. La voix du claviériste Pekka Montin me rappelle celle de Helloween, dans le sens qu’il monte très haut mais tiens bien la note. Le mixe des voix est un élément important au niveau de l’expérience en spectacle pour Ensiferum.

Ils ont donné un spectacle qui va passer à l’histoire de Québec, puisque la foule a été le musicien supplémentaire à s’époumoner sur plusieurs pièces dont le moment fort de leur spectacle Rum, Women, Victory.

J’ai passé un bon moment et j’ai déjà hâte de les revoir.

Ce que j’aime dans l’univers des spectacles métal, c’est que les amateurs sont une partie intégrante du spectacle. Plusieurs se déguisent pour vivre une expérience ultime et c’est vraiment plaisant de les côtoyer.

Le métal est une famille dysfonctionnelle qui partage leur passion avec une joie de vivre qui est contraste à ce qu’on pense au niveau de l’image du mouvement. Ça a l’air méchant sur papier, mais en réalité c’est très sécuritaire comme milieu, puisque les amateurs de métal sont respectueux et couvrent plusieurs tranches d’âge.

La Finlande a toujours offert des groupes de talent au niveau de la scène métal et Korpiklaani est un bon exemple de ce qu’elle peut offrir. On retrouve les éléments folkloriques qui ont fait la légende de ce pays, mélanger avec des textes finlandais cela offre une surprise au niveau de la sonorité. Le groupe prend tout son sens sur les planches de spectacle puisque leur essence repose sur l’énergie de la foule.

Dès leur entrée sur scène, on a senti le niveau d’intensité s’élever au point où le Québec et la Finlande ont semblé fusionner en une entité unie par la musique et la vibration que cela amène.

Les poings dans les airs la foule chantait comme s’il connaissait la langue finlandaise. C’était magnifique à voir toute cette énergie de la scène à la foule et de la foule à la scène. Le groupe cumule beaucoup d’expérience du haut de ses douze albums studio. Bien sûr, douze si on ne comprend pas les trois albums sous deux noms différents qu’ils ont fait paraître à leur début.

Ce que j’ai aimé est que tous les membres du groupe apportent une puissance supérieure au spectacle, car ils sont des bêtes de scène. Leur énergie est envoûtante et surtout contagieuse. On les sent en contrôle du bateau et l’abordage est brutal. Les Vikings sont loin d’être des doux. On se sent emporté par le courant de leur musique et c’est une exultation pour tous les sens.

Une réussite totale, même les deux plantes sur la scène ont éprouvé beaucoup de plaisir.

C’est un alignement de groupes mémorables et je suis persuadé que les quatre formations auront le goût de revenir rapidement, avec ou sans vodka.

Texte : Eric Bedard – CKRL 89,1 – Prescription Punk Rock

Photos : L’œil de Mel-C – CKRL 89,1 – Prescription Punk Rock

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Banjax Brigade - 1er Février 2025 

Banjax Brigade est une toute nouvelle formation Celtic Punk qui mérite qu’on la célèbre tel une Sainte-Patrick sans fin, puisqu’elle a une énergie en spectacle qui n’a pas de limite.

La formation de Québec était de passage dans les studios de CKRL 89,1 dans le cadre de mon émission Prescription Punk Rock, le lundi 27 janvier 2025 dernier. Cela m’a permis d’apprendre beaucoup de choses sur le groupe et surtout découvrir des humains talentueux et d’une intelligence stimulante.

Banjax Brigade comprend deux membres de la France qui ont évolué dans des groupes qui ont eu un certain succès dans leur coin de pays. Ils sont des musiciens qui cumulent l’expérience de la scène et certains membres ont un doctorat en musique pour appuyer leur fougue créative.

J’avais très hâte de les voir sur scène afin de voir ce qui cachait en dessous de leur kilt et surtout entendre leur premier EP intitulé Licensed to Kilt joué dans son intégral.

Les spectacles au Scanner ne débutent jamais à l’heure prévue, tenez-le-vous pour dire vous allez vous coucher aux petites heures du matin. On est arrivé vers vingt-deux heures, ce qui nous a donné le temps de prendre notre aise et d'entretenir une conversation avec Banjax Brigade. On a bien rigolé et tout était en place pour une soirée digne des grands shows punk rock.

Steamboat Woody, qui est un des membres du sextuple, était celui qui ouvrait les hostilités avec comme allié une grippe. Malgré tout, il a tout donné et la performance est venue me chercher dans les tripes. Sa rapidité à jouer sur son banjo est totalement incroyable. C’est surréel et ça vous donne la chair de poule. Il a un style très cajun au niveau musical et il offre une originalité appuyée par une fougue qui a fait danser la salle qui se préparait pour le spectacle principal. Il a rapidement gagné mon respect et j’ai adoré sa performance.

Il n’a pas eu beaucoup de temps pour reprendre son souffle, le temps d’enfiler son kilt et monter sur scène rejoindre le groupe qui était nerveux, mais prêt à conquérir la foule fébrile qui avait une soif impossible à combler.

Il avait annoncé qu’il allait faire l’intégral de leur tout nouvel EP, c’est donc six pièces qu’ils ont enchaîné avec une énergie enivrante. Ce qui ne ment jamais c’est la réaction de la foule. Dès les premières notes de la pièce qui ouvre le EP, soit We are Banjax Brigade, qui on va le dire va devenir l’hymne bien à eux en spectacle, la foule s’est mise à danser avec une vigueur qui rappelle la vingtaine. Il était minuit et tout le monde s’en foutait, ce qui comptait c’était de vivre la musique que le groupe a créée.

Ce que j’aime de la musique Celtic Punk est que cela nous ramène à la base folklorique de la musique où éprouver du plaisir est ce qui prime sur tout.

Holy Brawl est la troisième chanson sur Licensed to Kilt. Dès que la flûte embarque, les punks ont commencé leur danse frénétique et cela a été un moment fort du spectacle. Les membres du groupe traînent une belle meute avec eux et ils s’en sont donné à cœur joie pendant le clou de la soirée quand le groupe a pris assez d’assurance pour monter le party à un autre niveau, juste avant qu’ils tombent dans les reprises de groupe du même genre.

Nous sommes restés sur les trois premières reprises de la formation, mais nous devions quitter à une heure du matin, pour un court sommeil. Ce qui m’a impressionné de Banjax Brigade est d’avoir vu un groupe prendre de l’assurance durant le spectacle et je pense que ce spectacle vient de leur faire franchir une autre étape.

La musique, c’est quelque chose de vivant et tout le monde présent l'était en cette soirée endiablée.

Je vous suis reconnaissant pour cette soirée exceptionnelle sous la teinte verte du Celtic Punk québécois.

Texte : Eric Bedard – Prescription Punk Rock – CKRL 89.1

Photos : L’œil de Mel-C – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1

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