Megadeth - 6 mars 2026

Personne n’a versé de larmes de métal, une finale qui n’avait pas l’air d’un adieu, lors du dernier spectacle de Megadeth dans la vieille capitale.

Est-ce que la formation américaine compte sur le spectacle avec Iron Maiden le 3 septembre 2026, prochain du côté de Montréal, pour nous offrir un adieu senti avec les émotions qui en découlent.

Peut-être que Dave Mustaine n’a pas envie de baigné dans une nostalgie, comme le dernier spectacle de NOFX en sol québécois?

Néanmoins, une soirée électrique nous attendait et les trois formations avaient une carte spéciale dans leurs jeux pour nous rappeler à quel point le thrash metal reste un mouvement important et que malgré la popularité de la musique pop, le métal aurait toujours son mot à dire.

Exodus a ouvert le champ de bataille avec une énergie fulgurante. Malgré un son de canne, le groupe a démontré leur force de frappe avec l’élégance qu’on leur reconnaît.

J’étais heureux de les voir pour une première fois, j’ai tout de suite reconnu le jeu de guitare de Gary Holt, on ressent l’influence de Slayer depuis qu’il a rejoint le groupe en 2012. De plus, je pense que le son unique des guitares d’Exodus (se retrouvant sur l’album Repentless) a fini par trouver sa voix sur le chemin des derniers morceaux de Slayer. Je vous rappelle que Kirk Hammett de Metallica a débuté sa carrière avec la formation, il fait partie de l’alignement original du groupe de Richmond en Californie.

Exodus devrait faire partie du Big Four, soit les quatre meilleurs groupes trash metal, que j’étendrais au Big Six, puisque Testament devrait aussi être inclue. J’aurais pensé que la raison pour laquelle ils n’ont pas été inclus est que le groupe est difficile à suivre avec les changements de musiciens et surtout au niveau des chanteurs. Il y a eu quatre voix au total si on considère Tom Hunting, batteur du groupe, comme un chanteur principal, puisqu’il a été la voie principale entre 1980 et 1982. Cependant, Anthrax a eu plusieurs chanteurs aussi, au fil de leur histoire depuis la naissance de ce projet en 1981, ce qui fait que j’aurai tort de penser ça.

J’ai eu l’occasion d’avoir Steve Zetro Soiza en entrevue avant son départ et je dois dire que j’aurais adoré le voir performer derrière le micro. Une personne fort sympathique et qui est très généreuse quand il est temps de partager ses histoires de tournées et ses expériences avec le groupe. Le lien pour écouter l’entrevue se retrouve plus bas.

C’est Rob Dukes qui a œuvré au sein du groupe entre 2005 et 2014, qui jouait le rôle du chef d’orchestre métal.

Trente minutes dans l’univers du métal, c’est court, j’aurais aimé en avoir plus, je me confesse.

La formule à trois groupes limite souvent l’amplitude de la qualité musicale puisque les groupe n’ont pas le temps de prendre leur envol, comme il se doit.

Quand on dit qu’un groupe était dû!

Le dernier passage d’Anthrax dans la vieille capitale remonte a plus de onze ans, soit en 2015. Le groupe était de passage à Trois-Rivières en 2022, mais nous avait boudés lors des dernières tournées, pour des raisons de logistiques j’imagine.

Il reste que pour beaucoup de gens présents lors de ce retour du quintuor. Ils ont littéralement volé le spectacle.

Tout comme leur frère de sang, Exodus, le son laissait à désirer et je ne comprends pas trop pourquoi. L’amphithéâtre est un des beaux au Canada et il est clairement un des plus sophistiqués, on est loin du Colisée Pepsi. Pourquoi a-t-il autant de misère quand ce sont des groupes de style métal ?

Il reste que le groupe a accumulé tellement d’expérience sur scène qu’il n’a rien laissé paraître et la performance était olympienne.

Dès le départ, le groupe a levé le niveau d’énergie du public, surtout dans le parterre.

Malgré tout ce que le groupe donnait, il restait des spectateurs assis et cela a piqué Scott Ian, guitariste de la formation, au vif, puisqu’il a arrêté une pièce pour rappeler à la foule qu’un spectacle de musique métal se vit debout avec les mains dans les airs pour afficher le signe du métal ou en hochant sauvagement la tête.

Il a fait exploser un abcès qui me tombe un peu sur les nerfs depuis plusieurs années. Québec n’est plus aussi intense et n’a plus l’énergie qu’il a déjà eu autrefois.

Plusieurs vont pointer du doigt la clientèle vieillissante, mais je suis allé au festival brésilien dernièrement, avec des gens plus vieux que moi, j’ai quarante-quatre ans. Je vous jure, ils ont dansé pendant deux à trois heures sans s'arrêter, sauf pour boire et prendre une bouchée. Si on n’est pas capable de rester debout pour un concert de moins de trois heures, c’est qu’on a un problème!

Merci aux gens au parterre qui ont entretenu le mush pitt, du mieux qu’ils pouvaient.

C’est à ce moment que la soirée a atteint son apogée, puisqu’on était tous debout unis pour le thrash metal.

Les gens laissaient aller leur énergie et on sentait un regain pour la ville de Québec.

Je crois que c’est la raison pour laquelle le spectacle a marqué autant les gens, vendredi.

Megadeth a annoncé que cette tournée était la dernière et que le groupe allait se dissoudre dans quelques années, après avoir fait le tour de la planète, soit près de quarante-cinq ans après sa formation.

Québec a toujours été accueillant pour la formation américaine, leur premier passage remonte en 1986, quelques mois avant la sortie du massif album Peace Sells... but Who's Buying? Le premier spectacle avait eu lieu à Gatineau. Par la suite, ils ont joué à Québec et Montréal.

Pour vous dire, il jouait Looking Down the Cross à cette époque!

Ils sont venus au Québec près de quarante fois, depuis, ça concrétise à quelle point l’histoire d’amour entre eux et la belle province est intense, plus intense que la performance que Dave Mustaine a offerte, en revanche.

Les hostilités ont débuté sur la pièce du nouvel album Tipping Point, qui s’est retrouvé au numéro un des billboard américains. J’ai bien aimé l’album éponyme, soit leur dernier en carrière qui lui aussi a été propulsé au numéro un aux États-Unis. On retrouve un retour aux sources et le retour de l’influence punk dans l’univers du groupe est rafraîchissant, je pense à la pièce I Don’t Care. Dave est un maniaque des Sex Pistols, il a toujours été fan du mouvement punk britannique.

Discharge a beaucoup influencé le trash metal avec GBH et plusieurs groupes de cette vague.

Tout comme lors de leur dernier passage en 2023, la seconde chanson était Dread and the Fugitive Mind qui se retrouve sur l’album The World Needs A Hero. Personnellement, j’aurai préféré entendre une pièce de l’album Youthanasia comme Train of Consequences, Victory ou Reckoning Day que de retourner sur un album qui a moins bien marché. Il reste que Youthanasia qu’on aime ou pas est un album marquant dans leur catalogue et une époque importante pour le quatuor.

Bon, Set the World AFire aussi, cette œuvre qui est un monument musical. Je l’ai entendu lors de leur retour à Montréal pour la tournée The System Has Failed, après l’accident qui lui avait causé une lésion du nerf radial, du côté gauche. Il s’était endormi sur une chaise, dans ses années de consommation intense, soit 2002. Je pense que cette chanson aurait donné encore plus de chaire à cette soirée.

Il reste que le groupe m’a comblé lorsqu’ils ont joué Skin Of My Teeth.

Mon moment fort de la soirée est arrivé lorsque le groupe a joué Countdown to Extinction. Je ne pense pas l’avoir entendu en spectacle dans le passé, ça m’a comblé de bonheur.

J’aurais pensé que l’intervention d'Ian Scott aurait changé l’attitude passive d’une bonne partie des amateurs de musique, mais non.

Les gens se sont tranquillement assis après A Tout le Monde, à ma grande surprise, l’énergie n’est jamais revenue.

Une chance, les puristes eux donnaient tout ce qu’il avait comme énergie, moi-même qui headbanger comme jamais. Je vous écris ces lignes et j’ai toujours mal au cou.

Ils ont choisi de nous interpréter leur version de Mechanix, dans la capitale mondiale des amateurs de Metallica, mais rien n’y fait, une grande partie des gens ont décidé de s’écraser et rester tranquillement assis dans un confort qui n'est pas lié à la racine du métal, chez les puristes.

Certains sur leur cellulaire, sur Facebook?

Je ne suis pas surpris que Mustaine ne se soit pas éternisé dans un discours pour nous remercier de notre fidélité. On ne leur donnait pas l’énergie d’une grosse date, comme par exemple New-York.

Le groupe a terminé la soirée avec Holy Wars... The Punishment Due. Les personnes assises durant la performance du groupe, ont commencé à quitter en plein milieu de la chanson. Le buzz qu’était le dernier show du groupe aura attiré des gens qui ne sont pas des puristes et je trouve que ça gâchait cette finale, parce que je considère que quitter avant la fin est un manque de respect, surtout quand c’est leur dernier passage à vie. Le groupe aurait mérité une ovation digne de ce nom.

Sûrement pour éviter quelques minutes de trafic, la grosse affaire!

Je comprends quand c’est une urgence!

Ça va avec le reste, on doit arrêter de se leurrer, on est endormi à Québec depuis un bon moment.

Par chance, ce ne sont pas tous les spectacles qui sont dans cette situation, mais je l’ai vu trop souvent.

Ceux qui, comme moi, sont restés, auront pu assister à la virtuosité des membres du groupe avec une finale époustouflante, ce sont les solos de guitare et les instruments qui ont fait de ce spectacle une réussite, somme toute. La voix de Mustaine a été préservée, c’est clair car, elle manquait de force comparée aux fois où je l’ai vue. Il l’a joué safe, si je peux me permettre l’anglicisme.

Je ne peux pas en vouloir au groupe d’être épuisé de cette tournée canadienne, nous étions la dernière date.

Je sais que Dave Mustaine a vaincu un cancer et avec toutes ses années de consommation d’héroïnes, il est clair que cela aura laissé des traces. Il reste que ça faisait du bien de voir la légende une dernière fois, ici dans ma ville natale.

J’avais le sourire aux lèvres quand Dave est venu lancer ses piques de guitares sur la pièce My Way et la version de Sid Vicious de ce classique.

Il est clair qu’il l’aura fait à sa façon, à quelques compromis près.

Au revoir Megadeth, en espérant pouvoir se revoir en septembre du côté de Montréal!

Texte: Eric BedardPrescription Punk RockCKRL 89,1

Photos: Philthanoize – Philippe Clavet - Prescription punk rock – CKRL 89,1

www.prescriptionpunkrock.com

https://philthanoize.com/

L’entrevue que j’ai réalisée avec Exodus est disponible ici :

https://youtu.be/ymNik4gN7bA?si=Sqn7p2rdkJ7MlNkn

 

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Philthanoize

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6
novebre
2025

Loran me l’a crié avant le spectacle, on va te ramoner le Menhir!

La dernière visite des Ramoneurs de Menhirs remontait en 2023, il avait créé un raz de marée et enivré un public qui les attendait depuis plus de sept ans. Il était venu lors de la St-Jean Baptise en 2016, lors du Rockfest à Montebello. C’est à ce moment que j’avais rencontré Loran, ex-Berurier Noir.

Un moment loufoque, puisque j’étais en pleine entrevue avec The Lost Love et une main a surgi de nulle part pour prendre mon micro pour s’introduire dans l’entrevue. Je ne vous dis pas la tronche qu’on avait les cinq quand on a réalisé que c’était Loran des Ramoneurs de Menhirs, tout sourire, qui nous vantait l’accueil des Québécois envers lui et son groupe.

Il nous a aussi instruits sur le petit bidet.

Leur retour au Québec marquait leur quatrième passage, depuis la formation du groupe en 2012.

Quand le groupe vient, une légion de vieux punks se réveille pour venir soutenir le message du groupe qui est le même depuis les années quatre-vingt, il est juste spéculé sous différentes formes.

Que ce soit Bérurier Noir, No Suicide Act, Molodoï ou Les Ramoneurs de Menhirs, la mentalité reste la même, soulevant une foule avec comme allié des textes flamboyants qui soulignent l’indignation qu’amène le malaise de vivre dans une fausse démocratie appuyée par des politiciens qui ont une richesse infinie.

La porcherie est toujours active, les porcs sont plus porcs que jamais et nous avons besoin de plus d'artistes comme Loran et François (fanfan), deux ex-Bérurier Noir.

La soirée a débuté avec le quatuor québécois Les Toffes, que je ne connaissais pas. Je n’ai pas beaucoup d’informations sur l’histoire du groupe. Cependant, ils ont donné un spectacle rempli d’énergie.

Le chanteur dégageait une vibration digne d’un Mike Jagger des Rolling Stone en version punk rock. Je vous jure le groupe a tout donné et les membres ont atteint un âge honorable. Une belle surprise, mais pas la seule que la soirée nous réservait.

Le retour de Barricade Mentale dans la ville de Québec aura été historique, selon moi.

Un groupe qui est arrivé charger à bloc et qui a délivré un spectacle digne des grands artistes de la scène. Ils sont imposants et la riposte des membres de la formation était déjantée. C’est venu me chercher jusque dans les tripes. La vibration était si intense que le public a explosé tel une bombe. J’ai passé un bon moment et le terrain était tapissé pour Les Ramoneurs de Menhirs qui allaient eux aussi marquer l’histoire de la salle Montaigne au fer forgé, version bretonne.

Le quatuor est arrivé sur la pièce Makhnovtchina sous l’acclamation de la foule qui devenait des vikings Celtic le temps d’une soirée bien arrosée.

Loran avait sa corne, brandie dans les airs et bien remplie.

Sans perdre de temps, histoire de nous fracasser le crâne en deux, les membres de la tribu ont enchaîné la reprise légendaire du groupe Bérurier Noir, Porcherie. Elle reste actuelle, comme je le mentionnais plus haut dans le texte.

La chaleur ne faisait qu’augmenter et l’intensité s’épaississait sous la musique charnière des troubadours. Les filles, les gars, les non-genrés, les misfits et tous cette symbiose s’unissait sous les pas de danse et le plancher vibrait comme il n’avait jamais vibré. C’était clair pour moi, la fête était prise jusqu’en enfer et au ciel.

Personne ne pouvait rester indifférent.

La soirée passait à un autre niveau et cette fois on allait se le rappeler pour le reste de nos jours puisque l’interaction entre le public et l’artiste devenait de plus en plus majestueuse.

Les gens s’amusaient, dansaient et plusieurs étaient dans un niveau de transe pas mal intense. Je trouve ça magnifique, car il y a quelque chose de beau qui se crée avec notre génération qui a clairement refusé de vieillir, comme on nous le demandait. Le moment où la génération d’avant nous, a commencé à accrocher leur patin, bien nous on explose sous la crise de la quarantaine.

La sécurité avait le mot de ne pas intervenir et les spectateurs s’en sont rapidement rendu compte, car les sauts de la scène vers les bras des centaines de punks en soif de musique commençaient à devenir plus fréquents et la foule accaparait la scène au grand plaisir de Loran et sa troupe.

C’est ça Les Ramoneurs de Menhirs, c’est votre spectacle et vous en faites ce que vous voulez avec.

En revanche, on vous garantit une chose, personne ne va s’emmerder pendant sa soirée et surtout personne ne va emmerder personne durant son historique soirée.

Peu de gens savent qu’ils offrent plusieurs reprises, cette soirée en était un bon exemple, nous avons entendu leur magnifique reprise

If The kids Are United de Sham 69. Ils ont offert une pièce de Tromatism et de Crass.

Mon moment fort de cette fête punk est arrivé à la fin du spectacle, lorsqu’ils ont interprété la reprise des Bérurier Noir, Vive le feu, tout suite après leur classique Menez daou.

Si je peux vous démêler, le breton appartient à la langue celtique qui fait partie des langues indo-européennes. Il y a plus de deux cent mille personnes qui le parlent, encore aujourd'hui.

La plupart des pièces des Ramoneurs de Menhirs sont dans ce dialecte. Il y a une splendeur et étrangement une ressemblance avec le francophone au niveau de la prononciation, même si nous ne sommes pas de la même souche. Loran, me dirait-il, nous sommes tous unis sous la même langue, celle de l’amour.

 

Une soirée que je n’oublierai jamais. Chaque passage, je ne l’oublierai pas! Vous devez absolument voir ce monument de la scèn underground punk. Ils n’ont pas de patrie puisque le monde est leur patrie. Ils ont du cœur, comme il en manque cruellement dans ce bas monde.

Merci Loran, merci les Ramoneurs.

Texte: Eric Bedard – Prescription punk rock – CKRL 89,1

Photos: L’Oeil de Mel-C – Melanie Clement - Prescription Punk RockCKRL 89,1

L’entrevue complète avec Loran des Ramoneurs de Menhirs et Prescription punk rock est disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=9MZAdCHI6g4

Bonne écoute et merci d’avoir pris le temps de lire ma critique et regarder les photos prisent par Mel!

Merci à Punx Make Noise Productions et Max Noise pour la belle opportunité!

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