Glass Tiger - Théâtre Capitole - 24 novembre 2024
Un Capitole plein pour un retour dans le temps symbolique, car Glass Tiger est semblable à une vitre épaisse qui ne se brise pas facilement.
La nostalgie était palpable en cette soirée froide de novembre. Je pensais me lancer dans une soirée clichée des années quatre-vingt, cependant j’ai été confronté à une solide performance.
La première partie avait un charme particulier, sans plus.
On retrouvait deux VJ d’une époque révolutionnaire au niveau de la diffusion musicale. La commémoration mettait de l’avant Erica Ehm, une montréalaise qui est une ancienne VJ à MuchMusic connue pour avoir inauguré la station dans les années quatre-vingt. Elle a travaillé là-bas pendant dix ans, entre 1984 et 1994. Elle était devenue célèbre mondialement à cause, entre autres, de l’entrevue qu’elle avait réalisée avec Nirvana, qui a passé l’épreuve du temps, puisqu’on retrouve des extraits encore aujourd’hui sur des plateformes comme TikTok et YouTube.
Une pionnière dans son domaine.
Puisque son français n’était pas au point, elle était accompagnée d’une autre pionnière cette fois de Musique Plus, soit la VJ Nathalie Richard, qui a démarré cette aventure aux côtés de Claude Rajotte et Sonia Benezra en 1986. Ce que vous ne savez surement pas c’est que les émissions de Musique Plus étaient enregistrées dans les studios de MuchMusic à Toronto. Elle a porté deux chapeaux puisqu’elle aura animé dans les deux stations. Son émission la plus connue à MuchMusics’appelait French Kiss. Elle diffusait des vidéos d’artiste francophone pour le reste du Canada anglais. Quand même bien!
Cela étant dit, la première partie m’a laissé un peu perplexe. Les deux pionnières nous ont plongé dans la nostalgie, certes, mais elles ont laissé la foule se demander où tout cela nous amenait. Un quiz raté avec des questions sur Musique Plus trop facile, des vidéos nostalgiques mal montées et surtout une longueur inutile au spectacle. Personnellement, je me serais attendu à voir L’intégrale de l’entrevue avec Erica et Glass Tigers en 1986, au lieu de celle de Nirvana. Meilleur, ils auraient pu faire une entrevue avec le groupe avant le spectacle sous forme de documentaire historique sur l’histoire marquante du groupe canadien.
J’attendais avec impatience que le groupe monte sur scène, car je sais qu’il y a une belle histoire d’amour avec la province.
En 1986, Glass Tiger c’est payé une grosse tournée canadienne. Ils sont venus un peu partout au Québec, même au festival du bleuet à Chicoutimi. Depuis, ils sont revenus à plusieurs reprises, mais ce soir était très spécial, car le public les attendait pour une vague d’amour intemporel suite au problème de santé du chanteur.
Ce qui m’a renversé par terre est la forme qu’affichait Alan Frew, chanteur du groupe Glass Tiger. Du haut de ses soixante-huit ans, il affiche une voix parfaite et la même fougue qui l’a rendu célèbre.
Le groupe a plusieurs cartes gagnantes en leur sein. Premièrement, Alan est d’origine écossaise, un peuple avec une détermination inégalée. Il a une discipline qui a payé, puisque le groupe a fait paraître plusieurs pièces à succès. Deuxièmement, sur scène, la chimie entre les quatre membres originaux est hallucinante. Ils n’ont pas besoin de se parler, car le non-verbal fait tout le travail.
Un autre élément important au succès de ce spectacle est celui de la choriste invitée, elle offre une dynamique vocale avec Alanqui est complètement sauté. Elle avait une belle veste de cuir où on peut lire le rose et le nouveau punk.
Le groupe est allé avec leur succès, ils sont arrivés sur scène avec la chanson The Island Earth qui a été suivie du succès The Red Line.
Un des moments forts est survenu lorsque le chanteur s’est ouvert sur ses origines écossaises et il racontait que son père était un amateur de taverne, le malheur est qu’il ramenait les musiciens quand le bar fermait ses portes. Une symphonie qui le réveillait dans la nuit, mais qui a laissé une trace indélébile sur l’artiste. Ils ont immigré au Canada quand il avait seize ans.
Les Canadiens ont offert une partie acoustique pour célébrer cet héritage et je peux vous dire que c’est à ce moment que le groupe est venu me chercher. Je ne savais pas que Glass Tiger avait du sang celtic punk en eux. Ils ont repris le succès Dark Lochnagar, du groupe écossais The Corries.
Alan a performé une pièce écrite par lui et une autre reprise cette fois de l’artiste Johnny Reid, qui partage le même héritage que la voix de Glass Tiger.
Glass Tiger a prouvé qu’ils sont plus que leur succès Don’t Forget Me I’m Gone, qu’ils ont gardé pour la final du spectacle.
La foule s’est levée à plusieurs reprises pour danser et donner l’énergie nécessaire au groupe pour continuer la fête sans créer de longueur à la soirée.
Un concert bien réussi qui prouve que quand on prend soin de soi-même, on peut continuer à offrir une performance crédible rempli de rebondissements grâce à la foule et les succès créés par le groupe.
La vitre du tigre n’a pas flanché, elle est restée intacte.
Texte : Eric Bedard – CKRL 89,1 – Prescription Punk Rock
Photos : L'Oeil de Mel-C, Melanie Clement
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Evanescence - Centre Videotron - 25 octobre 2024
Evanescence a livré une exquise performance, cependant Halestorm leur a volé la vedette par leur spectacle livré avec une énergie divine.
The Warning est un trio mexicain féminin qui a pas mal de panache musicalement parlant. C’est eux qui ont donné le coup d’envoi de la soirée du côté du Centre Vidéotron.
Ce sont trois sœurs qui ont compris que l’énergie et la vibration sont à la base du processus de création. Bien dosés, les deux éléments apportent un côté accrocheur qui va aller chercher le public droit au cœur. Elles sont jeunes, mais les filles ont une approche très mature et je dirai que la voix de leur chanteuse principale Daniela "Dany" Villarreal Vélez est tranchante, telle une arme.
On ne pourrait pas dire que nous avons affaire à un jeune groupe, mais à des musiciennes déjà expérimentées. Elles ont un son atypique rock soudé à du stoner rock. Ce qui amène son lot d’originalité sur scène. Leur puissance réside dans leur présence sur scène. Ils offrent un spectacle dynamique qui a suscité l'enthousiasme de la foule de Québec. Une belle découverte pour beaucoup de gens présents. Bien sûr, c’est dur de réinventer la roue du rock en 2024, mais elle se place comme un groupe à surveiller et qui va assurément être la tête d’affiche d’ici quelques années.
Leur son est accrocheur, simple et efficace, et leur refrain reste dans la tête. Les radios commerciales du Québec devraient songer à diffuser la formation, car elles ont quelques hits à leur actif et elle mérite d’être plus connue ici. Ce qui me surprend le plus de ce trio c’est qu’elles sont allées me chercher bien plus que le groupe principal qui selon moi s’est fait éclipser par ses premières parties.
On pense à tort que c’est impossible de réussir musicalement en dehors du Mexique, The Warning prouve le contraire.
J’avais hâte de voir Halestorm, on m’a tellement dit que ce groupe était une bête sauvage sur scène, mais je ne m’attendais pas à une performance vocale de haute voltige qui atteint ce niveau, qui frôle la perfection.
Le groupe est actif depuis 1997. Ce qui est complètement dément, c'est que le premier album est paru seulement en 2009. Ils ont consacré presque douze ans à travailler sur leur son et leur technique. Je comprends qu'une fois que la bête a été libérée, elle est prête à dévorer tout ce qu'ils croisent. Cela témoigne de la discipline et de la dévotion du groupe à présenter quelque chose qui est immuable.
Dès la première chanson, soit I Miss the Misery, nous avons été confrontés au phénomène vocal qu’est la chanteuse Lzzy Hale. La force du groupe repose sur son énergie enivrante qui va chercher chaque spectateur dans les tripes et qui, disons, fait lever le party à un niveau divin. Le groupe a souvent été référé comme étant un groupe chrétien à leur début, mais je trouve que leur message est positif et cela montre que faire attention à son corps et son esprit offre un résultat qui peut être époustouflant. Pour moi, peu importe en quoi tu crois, ce qui importe c’est ce que tu livres comme marchandise sur la scène. Après tout, on est tous réunis pour la musique. Halestorm offre un spectacle qui mérite d’être vu par tout le monde.
Le temps file rapidement quand tu es le deuxième groupe et chaque minute comptait pour la formation de Red Lion en Pennsylvanie. Ils ont enchaîné les meilleures pièces de leur catalogue à un rythme effrayant. Le moment fort du spectacle est arrivé lorsque Amy Lee, qui est la chanteuse du groupe principal, est venue rejoindre Lzzy pour une pièce au piano. On sentait la complicité entre les deux artistes et l’énergie qu’elle dégageait était capiteux.
J’ai vu Evanescence à quelques reprises, je n’ai jamais vu le groupe comme étant une tête d’affiche puisqu’à chaque fois le groupe était éclipsé par un autre groupe. Par exemple, lors de leur tournée avec Muse, ils ont offert une performance professionnelle avec toute l’âme qu’on peut y mettre. Une fois que Muse est arrivé, on a tout de suite oublié la présence du groupe sur scène. Ce soir, Halestorm s’est empreint dans ma tête au point que je ne pouvais me concentrer sur le spectacle d’Evanescence.
Le groupe vie du premier album et ils ont eu quelques bons coups par la suite, mais rien d’assez solide pour maintenir une foule aussi grosse pendant tout le spectacle. L’énergie de la foule le démontrait. Les gens de la ville de Québec aiment la formation américaine, mais la fête n’a pas autant levé autant que le spectacle d’Iron Maiden le lendemain, par exemple. Je respecte beaucoup la formation puisqu’Amy Lee est une pionnière dans son domaine.
Le quintet a débuté modestement avec la chanson Brocken Pieces Shine. Après l'installation du groupe, la foule a réagi plus intensément lorsque Evanescence a interprété Going Under.
J’ai senti l’énergie descendre par la suite et la plupart des spectateurs sont restés assis tout au long du spectacle.
Il aura fallu atteindre la fin du spectacle pour avoir les deux pièces majeures de la formation, soit My Immortal et Bring Me to Life. C’est à ce moment que le public a le plus lâché leur fou.
Personnellement, je le répète mais Halestorm et The Warning ont valu le déplacement et mon spectacle de Evanescence était loin d’être ennuyant.
Je les aurais mis avant Halestorm et je pense que le spectacle aurait eu une autre tournure.
Texte : Eric Bedard – Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89,1
Photos : L'Oeil de Mel-C – Melanie Clement - Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
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The Lead Singers of Classic Rock - Théâtre Capitole - 26 septembre 2024
Impossible de mettre les bons mots pour décrire à quel point les deux voix sont restées intactes à travers presque six décennies. Nous avons assisté au combat des harmonies qui frôle la perfection.
La foule était fébrile et on sentait l’électricité passer à travers chaque spectateur présent lors de cette soirée qui nous amenait dans les années soixante-dix et quatre-vingt. La nostalgie était bien installée et les deux légendes du rock allaient répondre à l’appel avec une exactitude déstabilisante.
C’est Jason Randolph Scheff qui a ouvert le spectacle.
Chicago est une bête complexe, car elle comprend plusieurs membres, dont plusieurs chanteurs qui ont tous amené quelque chose de différent au son du groupe.
On parle souvent de la formation soit en mentionnant le vieux Chicago, ou l’époque qui a suivi. Le groupe a vécu plusieurs décennies et a toujours tenté de se réinventer. Ils ont commencé avec une touche funk appuyée par un côté progressif. La touche de jazz amenait définitivement le groupe à l’avant-scène américaine. La voix de Robert Palmm est chaleureuse et riche, il se rapproche de ce que les chanteurs afro-africains offrent.
Par la suite, la balade If You Leave Me Now, qui est parue en 1976, a amené le groupe à la gloire.
Ils ont bien tiré leur épingle du jeu entre la fin des années soixante-six et le début des années quatre-vingt, là où tout a commencé à changer pour le groupe. Ils ont préparé le terrain afin de devenir les maîtres de la balade sirupeuse. Il avait besoin d’un nouvel allié prêt à accepter le défi d’écrire des pièces qui allait dominer les radios américaines et faire le tour du monde.
Jason Scheff est arrivé dans Chicago en 1985, il avait à peine vingt-trois ans à cette époque. Sa force était naturellement sa voix, mais aussi son jeu à la basse qui se démarquait par une dynamique très rythmique et qui amenait un nouveau sens à la formation.
C’est cette période qui était célébrée, à une exception près, à la grande surprise de la foule.
Il affichait une forme phénoménale. Il était accompagné par de merveilleux musiciens qui ont honoré à merveille l’âme de Chicago. Je crois que lorsque l’on fait attention et on acquiert une bonne technique, la voix peut se conserver pour toute notre vie. Sa voix était sublime et il s’amusait comme un gamin sur scène. Il y avait une bonne chimie entre Scheff et ses musiciens.
On voyait que c’était leur rêve de pouvoir être sur scène avec la légende.
Cependant, le choix était bien ciblé car la foule s’est tout de suite levée à You’re the Inspiration.
Le moment fort est arrivé lors de la finale, puisque, comme je le mentionnais, Jason avait une petite surprise pour les amateurs de longue date de Chicago.
C’est avec la pièce 25 or 6 to 4, un des classiques de la période du vieux Chicago que l’artiste a choisi de terminer. La foule s’en est donnée à cœur joie.
J’avoue avoir eu un petit sourire de bonheur en coin quand un couple s’est placé dans l’allée centrale pour danser un slow collé sous la pièce Hard to Say I’m Sorry.
Dans ce genre de concert où il y a une formule souper et spectacle, le Théâtre Capitol offre un entracte pour permettre aux gens de quitter vers la bière, les toilettes ou pour la pause cigarette. Cela laisse le temps à l’équipe technique de placer la scène pour l’artiste suivant.
Bon, on quitte la ville de Chicago pour se diriger vers Boston, j’aurais aimé passer par le Kansas mais la soirée était bien partie, on n'allait pas faire un détour, on n'avait pas le temps!
Je vous parlais de talent et de voix.
Si Jason Scheff a une voix en or, je peux vous dire que celle de Tommy DeCarlo de la formation Boston est si puissante que je la comparais à de l’adamantium, un métal fictif si puissant qu’il est incassable. Dès son arrivée, le spectacle a pris encore plus de panache. On avait affaire au combat des titans.
Boston est aussi une solide pointure et une valeur sûre. Pour vous dire, la blague qui roule est qu’on a nommé une ville à leur nom par suite de leur succès.
DeCarlo est arrivé dans le groupe en 2008, mais il a prouvé dès le début qu’il était capable d’assurer l’héritage de Brad Delp, malheureusement décédé en 2007. Il s’est suicidé, par asphyxie avec du monoxyde de carbone, à seulement cinquante-cinq ans. Vous ne savez peut-être pas, mais ses parents étaient des Canadiens français, immigrés aux États-Unis. Bon, légalement non, il n'est pas Québécois, mais reste qu’il a du sang canadien français.
Son histoire est spéciale puisqu’il est passé d’amateur du groupe à chanteur dans le groupe.
Le groupe a toujours eu un esprit rock et il représente bien la ville de Boston. Ils ont immortalisé le style de vie des années soixante-dix à Boston à travers leur musique.
Contrairement à Chicago le groupe n’a sorti que six albums, cependant le premier à mis le groupe sur la carte et l’a placé dans la catégorie indélogeable. Un album délectable du début jusqu’à la fin, qui a passé le test du temps.
Tommy a été généreux, il a offert neuf pièces et il a débuté avec A New World qui a fait littéralement exploser de plaisir la foule. Ce qui est magnifique de ce spectacle est de voir la chimie entre Tommysénior et fils Tommy DeCarlo Jr. qui était derrière la guitare. Il est clair que le talent coule dans le sang de cette famille.
Une voix digne de prouesse olympique. On voyait que c’était facile pour lui, mais impossible pour le commun des mortels. Il n’a pas craint de monter haut et il a impressionné tout le monde, surtout sur la pièce Piece of Mind. La finale de cette chanson était assez épique et elle requiert beaucoup de prouesse vocale. Une des meilleures chansons dans le catalogue de Boston. Une pièce remplie d’espoir pour celui qui n’a rien, elle se doit d’être bien interprétée et Tommy DeCarlo l’a faite avec brio.
Les gens en redemandaient et, du haut de leur soixantaine, ils redevenaient enfants. Cette énergie a amené DeCarlo à pousser la note encore plus haut. On voyait qu’il était heureux de l’accueil de la ville de Québec.
Bien évidemment le moment fort de la soirée s’est produit lorsqu’il a joué More Than a Feeling qui est venu chercher le publique jusqu’à la moelle osseuse. Les gens tapaient des mains et hurlaient les paroles avec vigueur. La nostalgie avait pris le dessus et tout le monde présent dégustait le moment.
L’enchaînement avec Amanda était bien calculé et nous étions chanceux d’avoir la version longue du spectacle puisque sur plusieurs dates il ne la jouait pas.
Le spectacle s’est terminé sur les notes de Smokin’ qui offre toujours la même efficacité. Boston c’est compliqué, en dualité c’est aussi simple à jouer, mais cela reste toujours le fun à entendre.
Ce spectacle avait un vent de fraîcheur et le public a joué un rôle important dans l’équation. J’ai eu un plaisir fou à participer à ce délire musical des années soixante-dix.
Un autre bon coup du côté du Théâtre Capitol !
J’espère sincèrement que le groupe Boston aura vent de ce spectacle pour revenir avec Tommy DeCarlo.
Texte : Eric Bedard – Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89,1
Photos : L'oeil de Mel-C. – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
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L'Oeil de Mel-C
Envol et Macadam - 14 septembre 2024
Grâce à la combinaison entre l’énergie de la foule et des groupes ska, le meilleur spectacle des trois jours du festival d’Envol et Macadam s’est déroulé du côté de l’Anti-Bar & Spectacle avec Roller Starter en tête d’affiche.
Le marathon de spectacle allait prendre fin avec un spectacle que j’attendais de pied ferme, celui de la formation montréalaise Roller Starter qui a sévit durant quelques années entre 1996 et 2001.
Nous sommes arrivés juste à temps pour voir Late Night Munchies embarquer sur scène et commencer à travailler l’énergie de la foule avec leur musique festive qui évolue à chaque spectacle. La chaleur de la salle à rapidement grimpée vue qu’elle affichait complet pour le spectacle du groupe ska de la ville de Québec. Je me rappelle le spectacle en 2023 avec 2 Stone 2 Skank, la foule avait dansé du début jusqu’à la fin du spectacle et l’ambiance était étonnante et nous ramenait dans notre jeunesse. Je ne pensais pas que la prestation lors d’Envol et Macadam allait être encore plus cinglée. Je vous jure, tout le monde présent a dansé et ce tout le long du spectacle, mais avec une intensité inusitée. Il y avait une force et une puissance qui se retrouvaient dans chaque mouvement exécuté par les individus présents. Le plus fou est quand j’ai réalisé qu’en face de moi, j’étais du côté droit de la scène, un gars ressemblait comme deux gouttes d’eau au chanteur de la mythique formation Raised Fist. Il avait l’air de s’éclater !
C’est quand les autres membres de Raised Fist sont venus le rejoindre que j’ai réalisé que la formation de la Suède était là et appréciait grandement leur spectacle des Late Night Munchies.
Ils roulent depuis un bon moment sur le premier album, cependant ils ont ajouté de nouvelles pièces au spectacle et cela rend le tout enivrant et surtout ça démontre que le groupe prépare quelque chose de gros avec le prochain album, qui aura déjà eu son roulement et l’approbation des amateurs du groupe.
Un spectacle qui restera gravé dans mon esprit grâce au talent de chacun des membres du groupe.
On a hâte d’entendre la suite.
Tout le monde dans mon entourage a eu la chance de voir Ska Sound System, le nouveau projet de Franz de la légendaire formation Grimskunk. Les commentaires sur leur prestation sont majestueux et très élogieux. Je les ai manqués à chacun de leur passage et le groupe a joué partout au Québec depuis sa création, je ne pouvais pas manquer le bateau lors d’Envol et Macadam.
Ils misent principalement sur des reprises de classiques de la scène ska. Je dois dire qu’on est rapidement aspiré dans cette fête musicale. Le spectateur oublie que ce sont des pièces d’autres groupes. J’ai l’impression que le groupe a tellement été aspiré dans ces classiques de la musique qu’ils se les sont appropriés au grand bonheur des gens présents.
Ce qui m’a ébahi est que Franz a eu un accident qui l’a amené à devoir jouer de la guitare et chanter en étant assis. C’est arrivé voilà plus d'une décennie. J’avais oublié à quel point il a de l’énergie sur scène quand il bouge et qu'il est debout. On aurait dit un prédicateur sur scène qui se déhanchait comme si le diable s'était emparé de son corps fragile. Je vous jure, je n’avais pas vu ce gars-là autant heureux que lors des débuts de Grimskunk.
C’est venu me chercher droit au cœur.
Ont vieilli et plus on avance dans cette aventure qu’est la vie, plus c’est difficile d’avoir une énergie qui est constante. Je lui lève ma calotte d’avoir donné autant tout au long de leur performance.
Le moment fort de leur spectacle a eu lieu lorsque Uncle Costa, légende vivante de la scène punk montréalaise, est monté sur scène pour chanter la pièce Perestroïska. C’est lui qui chante la portion en espagnol sur le EP Exotic Blend de Grimskunk. Il est le chanteur derrière le projet Blood Sausage et Vulgar Deli.
La salle a littéralement explosé lorsqu’ils ont entamé la chanson Sound System d’Operation Ivy.
Roller Starter se demandait si Québec allait être au rendez-vous aussi tardivement.
Bien évidemment, car on est des guerriers et on en mange du spectacle.
Ce qui est arrivé à Roller Starter à la suite de leur séparation est que le culte autours d’eux c’est développer entre 2001 et 2012. Je dis 2012, car le groupe a repris du service pour un soir lors du Pouzza Fest et pour le Rockfest à Montebello, l’année suivante. En plus, Louis Valiquette et Marc-André Beautet sont allé rejoindre The Sainte Catherine’s qui ont fini par être signés sur Fat Wreck.
Tout devenait mythique autour d’eux, surtout le premier et le seul album du groupe.
L’arrivée d’Internet combiné avec le fait de pouvoir downloader des albums obscurs de groupes locaux ont énormément aidé Roller Starter. J’imagine que ça fait parler, surtout sur MIRC.
J’ai eu la chance de les voir lors de leur premier et deuxième retour. Ma mémoire se rappelle très bien l’ambiance de ces spectacles. Je ne m’attendais pas à celle qui allait s’installer dans l’Anti-Bar & Spectacles. Je vous jure, dès la première note et jusqu’à la dernières, tout le monde présent dans la salle a dansé sans jamais arrêter. Il était une heure du matin et les adultes, dans leur crise de quarantaine étaient en train de donner autant qu’à leurs vingt ans. C’était féérique et on pouvait voir les sourires scintillants sur le visage de chaque amateur de ska core.
Je voyais les yeux de chaque membre de Roller Starter s’illuminer. Il est en revenait pas de l’énergie que la foule leur donnait. Je dis souvent que la musique est vivante, elle vit en nous et nous amène à nous développer et à nous enrichir en tant que personne à travers elle. Ce soir, on s’est uni grâce à elle et ont vécu le meilleur spectacle de la longue fin de semaine, dû à l’ambiance et le fait qu’on s’est laissé aller à travers cette vibration.
Je dois dire que la chanson Start to Roll m’est restée dans la tête et je l’ai toujours à l’esprit.
Aussitôt que le groupe a annoncé la dernière chanson, j’ai vu mon ami Karl Desmeules sauter sur la scène et offrir un câlin à Louis-Valiquette qui était sur le coup surpris, mais heureux de voir que les gens n’avaient pas oublié la formation de Montréal.
Le groupe aimerait offrir un dernier spectacle dans sa ville natale, mais il n’y a rien dans l’air pour l’instant.
Pour le moment, Envol et Macadam ont eu la chance d’avoir le dernier spectacle de cette incroyable sixain.
Quelle aventure, qui a débuté avec Jughead’s Revenge le mercredi 12 septembre à l’aéroport de Québec et qui se termine sur la meilleure note possible.
Je suis allé me coucher, j’aurais aimé me reposer mais la vie familiale reprenait son cours et la radio m’appelait. Je peux vous dire que j’ai réussi à avoir dix heures de sommeil un peu plus tard dans la semaine.
Merci aux membres de Roller Starter pour le vinyle signé et pour votre amitié, on vous aime fort !
Texte : Eric Bedard – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
Photos : L'oeil de Mel-C. – Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89,1
L'entrevue complète avec le groupe Roller Starter est disponible ici: https://www.youtube.com/watch?v=XXEAovBPStg&t=978s
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L'oeil de Mel-C
Envol et Macadame - 13 septembre 2024
Dropkick Murphys nous a foutu un coup de pied au cul, celui qui nous fait réaliser qu’on est en vie. Le résultat se rapproche de la perfection lors de la finale d'Envol et Macadam qui aura laissé une marque qui ne partira jamais de mon esprit punk.
Raised Fist est venu souvent au Québec, mais on dirait que j’avais une malédiction qui m’amenait à les manquer à chaque fois. Ça, c’est quand le groupe passait les douanes. Je ne me doutais pas à quelle point ce spectacle allait être légendaire. C’était ma première fois, j’étais une vieille vierge de Raised Fist prête à me faire injecter les sons et les vibrations de la formation de hardcore.
Le groupe utilise la technologie à bon essor. Il ne l’utilise pas pour cacher des erreurs, mais plutôt pour offrir un impact au spectateur. J’ai eu la chance de commencer le spectacle sur la terrasse et d’entendre la précision de chaque musicien.
Plus tard, je me suis rendu en arrière-scène sur le côté de la scène, afin de sentir l’énergie du groupe, qui évoluait à un degré qui est difficile à atteindre et ce tout au long du concert. Il est futile de dire que le groupe affichait une forme digne des plus grandes athlètes olympiques. J’ai quand même ri, quand Alexander Hagman, le chanteur de la formation, a enlevé son gilet, puisqu’à chaque fois cela amène une réaction positive chez plusieurs personnes. Il n’y a eu aucun son du côté de l’arrière-scène pendant un bon cinq minutes, mais une fille a finalement lâché un wow. On a tous ri. Oui, les gars sont en forme et les arts martiaux ont été une arme qui a servi le groupe tout au long de leur carrière.
Raised Fist est une douce brise qui vient te briser le coup. On tombe vite dans l’enchantement qu’amène leur musique. Les Suédois sont extrêmement originaux. Ils se démarquent facilement des groupes américains et dans le hardcore ils sont toujours quelques années avant leur temps. Le spectacle aura été trop court pour plusieurs maniaques du quatuor, mais c’est dans la stratégie du groupe de nous laisser sur notre appétit. La ville de Québec connait la valeur de la formation et on savait la chance qu’on avait de les avoir pour un spectacle unique avec des bateaux de croisières en fond arrière. Ils ne doivent pas voir cela tous les jours.
Un spectacle digne de la réputation de Raised Fist, puissant, colossal et d’une beauté exceptionnelle.
Le dernier passage de la formation de Boston, remonte à l’an passé du côté de Trois-Rivières, le groupe n’était pas revenu depuis 2018, soit depuis le Rockfest à Montebello. Cependant, le dernier passage de DKMdans la vieille capitale remonte à plus de onze ans, soit en 2013, lors d’Expo-Québec.
The Dropkick Murphys vient tout juste de faire paraître une nouvelle pièce, qui comme le spectacle de Québec, montre que le groupe a toujours le mordant qu’il faut pour rester au sommet de la scène celtique punk. D’ailleurs, le groupe a joué cette pièce durant le concert à l’agora du Vieux-Port de Québec, elle est intitulée Sirens.
J’ai un lien spécial avec le groupe.
Premièrement, je suis allé les voir à Boston voilà quelques années pour la St-Patrick. Par la suite, j’ai rencontré le groupe à plusieurs reprises. Le coup de circuit s’est passé en 2021 lorsque j’ai eu la chance d’avoir le groupe pour la première fois en entrevue à mon émission de radio, Prescription punk rock sur les ondes de CKRL 89,1. Ce que j’ignorais est que cette entrevue a tellement bien été que Tim Brennan, l’homme à tout faire du groupe a voulu en faire une deuxième lors de la sortie du dernier album des Dropkick Murphys, intitulé Okemah Rising.
J’étais en arrière-scène quand j’ai vu le géant de Tim Brennan s’approcher vers moi. Il m’avait reconnu, on a brièvement parlé de Québec. Il m’a raconté qu’ils sont allés marcher dans le vieux Québec, qu’ils sont allés manger dans un restaurant et ils ont profité pleinement de la ville. Ses yeux brillaient quand il m’a mentionné qu’il était retombé en amour avec cette magnifique ville à l’allure européenne.
Ce que je ne me doutais pas, c’est qu’il avait une petite surprise pour moi. Une surprise qui allait m’amener à vivre le spectacle à un autre niveau et vivre un de mes plus beaux moments de ma carrière.
Je me suis placé sur le côté de la scène pendant l’intro du groupe, soit la pièce The Lonesome Boatman. J’ai vu Timaller parler à leur gérant qui s’est immédiatement retourné vers moi. Il s’est approché de moi, pour me demander de passer le mot aux autres personnes présentes, c’est-à-dire qu’il me demandait d’aller en arrière des amplis et de nous approcher du groupe pour former un mur en arrière de lui.
Une expérience inoubliable qui a fait monter mon niveau d’adrénaline d’un cran, car j’étais à quelques mètres des gars de Boston et je sentais toute leur énergie m’envahir. J’étais sur scène avec un de mes groupes favoris, ce qui est totalement surréel. La fille à côté de moi m’a gentiment demandé de la pincée, car elle croyait rêver. Une fois qu’elle a réalisé qu’on ne dormait pas, elle m’a remercié et m’a dit que c’était le plus beau jour de sa vie. La magie de la musique continuait son œuvre.
Dropkick Murphys a choisi d’ouvrir leur spectacle avec l’hymne The Boys are Back qui a amené la foule à un état d’hystérie.
Le groupe a enchaîné leurs pièces classiques, mais mon moment favori est survenu lorsque le groupe a joué Bastard on Parade.
Après Captain Kelly’s Kitchen, je suis retourné dans la foule auprès de ma gagne en sachant que je devais quitter sous peu, afin d’être certain de pouvoir aller voir Rollerstarter du côté de l’Anti-Bar & Spectacles.
Je croyais que j’aillais manquer plus de la moitié du spectacle, mais il semble qu’on n’était pas mal avancé dans la soirée, puisque nous avons quitté sur la reprise The Irish Rover et tout au long qu’on a marché on a pu entendre les deux dernières chansons de la soirée. Ils ont terminé avec The Worker’s Song.
Une autre soirée qui est difficile à décrire en mot et qui allait nous amener à la plus grande finale d’Envol et Macadam, soit celle où le skacore allait reprendre sa place festive dans nos cœurs.
Un gros merci à Tim Brennan et aux Dropkick Muphys de m’avoir autant gâté.
Texte : Eric Bedard – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
Photos : L'oeil de Mel-C. – Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89.1
L'entrevue que j'ai réalisé avec Tim Brennan est disponible ici: https://www.youtube.com/watch?v=eblRBjz484Q
La pièce Bastard on Parade filmé en arrière scène lors du spectacle de Québec est disponible ici:
https://youtu.be/hsFVUA0J3Us?si=v8X3YWR6STGCTzDM
La critique et les photos du spectacle du 12 juillet 2023 lors du Festivoix du côté de Trois-Rivières est disponible ici:
https://www.facebook.com/groups/30153056091/permalink/10160966566726092
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Envol et Macadam - 12 septembre 2024
Je ne crois pas qu’avant le spectacle la ville de Québec savait qu’elle allait littéralement devenir The Hives.
Pour des raisons de logistiques familiales, moi et L’œil de Mel-C sommes arrivés pendant la performance du groupe canadien The Real McKenzies.
On venait de les voir du côté de Montréal lors du dernier spectacle de NOFX au Québec et il avait livré une performance à la hauteur de la légende autour du groupe.
Cette fois on pouvait voir que le groupe était heureux de se retrouver du côté de Québec et jouer pour une première fois de leur carrière à l’agora du vieux port de Québec. Paul McKenzies semblait en plein, moyen sur scène et le nouvel alignement du groupe semble avoir développé, rapidement, une chimie musicale. Ils ont enchaîné les pièces qui ont forgé sa réputation de bête ivre de scène.
Cependant, une fois en arrière-scène après le spectacle, je me suis rendu compte que Paul était, comme à son habitude, en état pas mal avancé. Ça me surprend à chaque fois de le voir sur scène et surtout de le voir s’époumoné tout en suivant la note, et ce en étant sous l’influence de l’alcool. Les voir en spectacle, c’est comme recevoir un coup de poing alcoolisé.
C’est quoi un coup de poing alcoolisé ? C’est prendre une dose d’alcool qui te fou au tapis.
J’attendais ce moment depuis quelques années. Je n’ai pas eu la chance de voir souvent The Bouncing Souls, c’est une denrée rare tout comme une grande partie de la programmation d’Envol et Macadam. Leur dernier passage remonte en 2019 lors du 77. Cependant, je ne crois pas les avoir vus depuis 2011. Un moment gravé dans ma mémoire, puisque je venais de faire une entrevue avec The Descendents et qu’à la fin Milo Aukerman, le chanteur de cette mythique formation, m’a demandé si on allait écouter le spectacle ensemble. Devinez qui est venu avec nous ? Nul autre que Bill Stevenson, Karl Alvarez et Stephen Egerton. J’ai réussi à filmer une petite vidéo pour immortaliser ce moment.
Cela a créé un lien particulier entre moi et la musique du quatuor du New Jersey, elle me ramène à ce moment surréel. Dans le milieu de la scène punk, on dit souvent qu’ils ne déçoivent jamais en spectacle et je crois que la performance d’Envol et Macadam l’a prouvé.
Ce n’est pas tant l’énergie qu’il dégage sur scène, mais c’est plutôt l’impact des pièces qu’ils ont écrites qui vient me chercher dans les tripes. Le chanteur dégage une joie de vivre qui est contagieuse et la foule a rapidement embarqué dans le spectacle en chantant à tue-tête.
Il y a eu plusieurs moments forts à ce spectacle, le premier est arrivé lorsque le groupe a interprété la pièce Lean on Sheena. Devant la scène, la foule s'est donnée à cœur joie. Le deuxième c’est passé lorsque le groupe a débuté The Gold Song, ce qui a démontré à Québec que le groupe est capable de lever le ton et nous ramener rapidement à notre jeune vingtaine, là où le concept de lendemain n’existe pas. La pièce qui m’est restée dans la tête depuis le spectacle est Sing Along Forever. Ils ont démontré qu’ils sont toujours au sommet de leur art et que leur spectacle est une belle unification à travers une musique qui passe le test du temps.
Ça fait un bien de fou de les revoir.
Cela-là je ne l’avais pas vu venir, Gorilla Biscuit qui venait nous offrir leur premier spectacle en carrière dans la vieille capitale. La formation est légendaire pour avoir participé à l’explosion et l’expansion de la scène hardcore, partout dans le monde. On parle souvent de New-York comme référence et je crois que Gorilla Biscuit est au front avec, entre autres, Agnostic Front, Madball Murphy’s Law et Cro-Mag. Imaginez en deux ans, Envol et Macadam nous a amené trois de ces formations. Je crois que cela est non négligeable dans l’importance de ce festival dans la ville de Québec.
Dès la minute où la formation est apparue sur la scène, la foule a commencé à s’agiter.
L’énergie de Anthony Civarelli, le chanteur du quatuor est venu chercher tout le monde qui était présent et cela n’était que le début de cette leçon de hardcore. J’aime quand les groupes vont droit au but et ne s’éternisent pas à parler. On a eu affaire à un marathon des classiques du groupe, qui est allé prendre son bain de foule à plusieurs reprises au plaisir des photographes.
J’ai personnellement tombé en amour avec le groupe de la grande pomme.
Tic tic tic, boum!
J’ai été surpris de réaliser que la ville de Québec ne connaissait pas tant la musique de la formation suédoise, The Hives. Pourtant le groupe a débuté sur Burning Heart Records aux côtés des légendaires groupes comme Satanic Surfers, No Fun At All et Millencolin.
Je crois que le fait qu’ils ne sont jamais venus ici joue beaucoup là-dedans.
Ce que je peux vous dire, c’est qu’à 21h00 les gens ne s’attendaient pas à ce qui allait arriver et qu’à 23h00, la ville de Québec avait tellement été secouée que l’ADN du groupe s’était infiltré en nous.
On était devenu The Hives.
Les enchaînements frénétiques, la méthodique façon de jouer avec la foule sont deux éléments qui font de ce groupe une bombe nucléaire sur scène. Peu des gens le savent et l’ont remarqué, mais le bassiste du groupe The Johan and Only est nul autre que Johan Brändström de la formation Randy. Je trouve personnellement qu’il solidifie le groupe et leur performance en spectacle. J’ai toujours pensé que Randyavait exercé une grande influence sur The Hives. La fusion avec les deux groupes est incroyablement réussie et le spectateur en a plein la gueule du début et jusqu’à la fin.
Le cœur du groupe repose sur Per "Pelle" Almqvist, le chanteur de The Hives. Il se donne tellement sur scène qu’il doit en souffrir après chaque concert.
Le groupe n’avait qu’une heure et quelques poussières, ce qui a délivré douze pièces à un public qui a tellement vibré qu’il en a redemandé. J’espère qu’ils vont revenir faire ce qu’ils n’ont pas eu le temps d’offrir.
Ce spectacle est passé à l’histoire et va rester à jamais gravé dans la tête de ceux qui étaient présents.
Pas d’après-spectacle pour nous, en ce vendredi. Nous avons choisi de garder notre énergie pour le lendemain, car nous savions que la finale d’Envol et Macadam allait être épique.
Texte : Eric Bedard – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
Photos : L'oeil de Mel-C. – Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89,1
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Jughead's Revenge - 11 Septembre 2024
La fiesta a débuté mercredi soir, car nous sommes allés chercher la légendaire formation punk à l’aéroport pour leur offrir un accueil digne des rois, bon on avait pas de couronne, mais après tout Jughead’s Revenge le mérite amplement.
L’aventure Jughead’s Revenge a débuté mercredi dernier avec Eric Letarte de No Step Back et Joel Morissette de Quest Kon-Fuse.
Nous avons eu la chance de faire partie de l’équipe qui allait chercher le groupe à l’aéroport. Tout s’est bien déroulé, à part un client qui est parti avec la valise d’un des membres du groupe. Tout est revenu à l’ordre quand il est venu la ramener. Il faut mentionner que la fille qui travaillait de l’aéroport a dû lui expliquer que s’il ne revenait pas porter la valise, elle devrait appeler la police pour que cela arrive. Il semble que ça devient un délit de fuite, si j’ai bien compris. C’est étrange, mais ça ne lui tentait pas du tout, je me demande ce qu’il avait dans sa valise.
On a spéculé que c’était un représentant de dildo et qu’il préférait la pédale de la batterie de Jughead’s Revenge. On était retombé à l’adolescence et l’immaturité qui vient avec.
La magie entre le groupe et l’équipe de transport a opéré dès la minute où on s’est serré dans nos bras. J’étais en terrain connu, car je connaissais Eric Bootow depuis quelques années et j’avais eu Joe Doherty en entrevue voilà deux ans. Il ne m’a pas reconnu sur le coup, mais par gentillesse, il a fait semblant. Je vous rassure c’est plus tard qu’il a cliqué.
Nous avons pris la direction de la maison de Joel, avec deux véhicules, soit un avec les deux Joe et un véhicule avec les trois Eric, pour un souper presque parfait aux heures des rois.
C’était un moment irréel de rentrer chez Joel et d’être accueilli par sa blonde et ses enfants qui se sont couchés un peu plus tard, pour les rencontrer. Si leurs heures de sommeil ont été un peu amputées, c’est à cause du gars qui ne voulait pas revenir à l’aéroport, ne soyez pas ce genre de personne.
On s’est installé devant quelques verres, moi de la bière, je bois rarement de l’alcool fort et là on a commencé ce qui doit être ma plus épique entrevue à vie. Je pense que c’est la faute de la bouteille de Scotch de la distillerie Ardcord intitulée Punktued, que Eric Letarte a sortie généreusement. Je me sens choyé d’y avoir goûté au prix de la bouteille. L'entrevue a duré trois heures. Il y a quelques moments croustillants que je vais devoir couper, mais dans l’ensemble c’est beaucoup d’information sur la scène de Los-Angeles et l’explosion du punk.
Par exemple, on a parlé de l’époque où Joe Doherty travaillait chez Epitaph. Comme il est devenu ami et proche de Mr. Brett de Bad Religion. Les groupes qui ont ouvert pour eux, il y a Green Day, entre autres. On a parlé de la brève période que Joey Rimicci était dans NOFX, juste avant l’arrivée de El Helfe. Encore une fois, une tonne de belles confidences. On a eu pas mal de primeurs, que peu de gens savent.
On capotait pas mal de vivre un moment aussi unique avant le début de l’apocalypse punk.
Je remercie Joel et Eric pour l’invitation à cette expérience qui va rester gravée dans ma mémoire.
Après cette incroyable conversation, il fallait aller se reposer. Il était près d’une heure du matin et on devait revenir à Québec, soit traverser le pont.
La nuit allait être courte avant le programme double du lendemain.
On était pas mal fatigué à minuit quand on est arrivé à L’Anti-Bar Spectacles, pour le spectacle de Jughead’s Revenge, mais surtout on était détrempé. On arrivait de la soirée avec Authority Zero. On a piqué une jasette à Devon DeVore le chanteur du groupe. Cela nous a fait manquer le premier groupe de la nuit, soit LA Jarry. J’en suis sincèrement désolé, car il semble qu’ils ont livré une performance digne des groupes légendaires de ce monde.
Par chance, je suis arrivé pour voir mon ami Joel monté sur scène avec son groupe Quest-Kon Fuse. Il semble que c’était la dernière course pour le groupe qui ont mentionné se séparer. J’espère que l’accueil et l’énergie qu’on leur a donné lors de leur spectacle va changer la donne. C’est cliché, mais il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée. Le groupe étonne toujours et l’évolution du groupe continue. J’ai trouvé que le ton était plus rapide que d’habitude, comme si le batteur jouait un peu plus vite que le spectacle que j’ai vu à Saint-Raymond avec Straighline. Tel les Ramones, ils ont enchaîné leur pièce avec une confiance que j’ai vraiment appréciée. Je crois que Joel ne se sentait pas à son meilleur, mais rien n’a paru. Ils ont un son unique et très original et j’aime vraiment ce projet. Joe Doherty est allé les rejoindre sur scène le temps d’une pièce. Le groupe roule sa bosse depuis un bon moment et leur expérience a payé sur scène. Ils sont des musiciens accomplis et remplis de talent. Leur originalité est leur arme spéciale et cela leur donne une force de frappe supplémentaire, surtout en spectacle.
Le clou de cette longue soirée de spectacle allait se faire avec les légendaires Jughead’s Revenge.
Ce que je trouve dommage avec la formation est qu’ici au Québec, les gens les connaissent souvent seulement de nom. On parle rarement d’eux sur les groupes sociaux dédiés au punk au détriment de groupes américains qui viennent ici plusieurs fois par années. Ce groupe est formidable et il devrait être au même niveau que les légendes du punk mélodique. En fait, ils le sont, car ils ont influencé une légion de groupes. Leur histoire est vraiment unique et remplie d’embûches. Je pense à la poursuite que la compagnie Archi a intentée contre leur maison de disque et qui leur a enlevé le droit d'utiliser le nom Jughead's Revenge.
Ils sont de vrais guerriers autant dans la vie que sur scène. Des humains fascinants et talentueux.
Finalement c’est tout ce qui compte. Si vous ne connaissez pas bien le groupe, allez écouter Just Joined et ensuite Image Is Everything, le reste va suivre par la suite. Dexter Holland de The Offspring a eu du flair de les signer sir Nitro. Il savait, je sais, et vous devez savoir qu’ils sont sur la grosse coche.
Dès la première pièce du spectacle, ils ont littéralement explosé les planches de l’Anti-Bar & Spectacle. Ils ont enchaîné tous leurs classiques devant une soixante de personnes, qui savaient l’ampleur du groupe. Le groupe était en pleine forme et ils ont effectué leur set avec une exactitude déconcertante.
Parce que ce sont des vrais pro du skate punk!
La foule leur a donné le nécessaire pour les aider à passer leur performance à un autre niveau. On sentait le groupe heureux d’être sur scène dans la ville de Québec.
En revanche, j’aurais aimé les voir en action avec les groupes qui étaient du côté de la Source de la Martinière. Ils auraient eu plus de monde vu la journée de la semaine et l’heure tardive.
Il reste que cela n’a pas affecté la performance du groupe, ils ont délivré tout le long et ils m’ont offert un de mes spectacles favoris de la fin de semaine.
Je tiens à remercier Envol et Macadam de les avoir fait venir avec Music 4 Cancer et Le Déluge. C’est un des rares groupes à avoir fait les trois soirs.
On avait de la chance de les avoir à nouveau au Québec, c’est une gemme spéciale de la scène américaine.
Mine de rien on est allé se coucher à 3h00am. Bien sûr, on travaillait tôt le lendemain.
Maintenant, va-t’en en écouter Jughead's Revenge !
Texte : Eric Bedard – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
Photos : L'oeil de Mel-C. – Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89.1
L'entrevue complète avec Jughead's Revenge est disponible ici:
https://www.youtube.com/watch?v=dFrGRqjNHAI
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Diam vel quam elementum
At varius vel pharetra vel turpis
La course contre la montre débutait jeudi dernier avec le premier spectacle du festival Envol et Madacam qui se déroulait du côté de La Source de la Martinière à Québec.
C’est l’artiste de Boston, Lenny Lashley, qui a ouvert le festival avec sa musique country qui a sorti la foule du contexte punk rock de la soirée pour les amener dans l’univers de cette musique qui ne fait pas l’unanimité, surtout dans notre scène. Lenny est un artiste bien établi dans la scène, car il a joué entre autres dans Street Dog, une mythique formation de Boston formée par le premier chanteur des Dropkick Murphys, soit Michael McColgan. Michael avait quitté le groupe pour devenir pompier. Il a livré une performance digne des légendes du country. Malgré, que ce ne soit pas mon style musical, j’ai apprécié sa performance et sa présence sur scène. Il a bien préparé la table pour le buffet punk qui allait suivre.
J’ai eu la chance d’avoir Melonball en entrevue et je dois dire que je rêvais de les voir au Québec. C’est un groupe qui vient d’Allemagne et les chances de les avoir ici étaient minces, vue les coûts de la vie et la difficulté pour les groupes d’Europe de venir ici. Cependant, le festival est alerte et ils ont bien fait de leur offrir une plage horaire lors de cette soirée. La réaction de la foule devant le talent du groupe était épique. C’était une réaction spontanée et naturelle, car la plupart des punks dans la foule ne les connaissait pas. La voix de Olivia Barth-Jurca, chanteuse du groupe, se démarque des autres groupes avec une fille au chant. Elle a une voix mélodieuse, mais très puissante. Elle atteint les notes à la perfection. Bon, au début il y a eu un petit ajustement, mais ça s’est rapidement placé. Elle est appuyée par des musiciens expérimentés et originaux, ce qui démarque la formation. Bien sûr, en injectant leur culture allemande dans l’équation on est confronté à un groupe qui va se placer comme un grand joueur dans la scène mélodique punk. La foule était crinquée à bloc et à ce moment la salle affichait complet. La chaleur s’installait à travers la foule et la sueur allait couler à flot. Le groupe a donné le ton au reste de la soirée et je leur suis éternellement reconnaissant de leur visite en sol québécois. Quelle performance!
Urethane a un atout majeur en son sein, soit Steve Caballero qui est une légende autant dans le monde du skate que dans celui de la scène punk. Il est un excellent guitariste et un des meilleurs skateurs au monde. Tout le monde qui a joué à Tony Hawk Pro Skater a utilisé Steve, car il est un des personnages les mieux calibrés de la gagne. Le groupe offre un son pop punk qui est soupoudré de skate punk et on sent qu’ils ont l’intention de laisser une marque qui ne partira pas au lavage. Le groupe était heureux d’être à Québec et dès mon arrivée devant la scène j’ai été accueillie par le plus beau sourire que j’ai vu de ma vie, offert par mon ami Chad Ruiz, bassiste du groupe et membre de la formation Skipjack. Le groupe comprend des membres expérimentés de la scène punk et on le sentait sur scène. La base du groupe se retrouve autour de leur batteur Dylan Wade, qui a joué longtemps avec la formation américaine The Bombpops. Leur aisance sur la scène de la Source de la Martinière était déconcertante et enivrante. Tim Fenelly, le chanteur d'Urethane a une voix accrocheuse et très bien balancée. Malgré la chaleur qui devenait presque insupportable, le groupe a tout donné. Une autre performance qui va passer à l’histoire de Québec. Malgré, que comme Melonball la foule n’était pas trop en terrain connu, puisque le groupe est tout nouveau, ils ont gagné la ville de Québec et se sont bâti une nouvelle forteresse dans notre vieille capitale. J’ai adoré leur spectacle et j’ai déjà hâte de les revoir. Plusieurs ont eu la chance d’aller parler à Steve Caballero qui avait amené des skates pour les signer. Du sacré bon monde et un sacré bon groupe.
Belvedere est dans les groupes les plus droit de la scène canadienne. Ils sont de vrais virtuoses et ils le prouvent à chaque fois qu’ils sont de passage au Québec. Leur spectacle lors d’Envol et Macadam n’a pas différé des autres. Steven Rawles a donné le coup de départ avec une énergie fulgurante et le groupe affichait une forme olympique. Ils ont joué dans leur catalogue alternant les vieilles chansons et les plus récentes. Les gens se faisaient lever aléatoirement par la foule pour surferle temps de quelques minutes au bonheur du groupe qui adore la ville de Québec. On leur a donné pas mal d’amour et ils nous en ont donné pas mal en retour. Rendu là, c’est à se demander qui a le plus de fun, le groupe ou la foule ? Plus le spectacle avance, plus les gens leur en donnaient. Ils sont un trésor de notre scène canadienne et ils sont une partie importante de notre histoire. D’ailleurs, j’ai mentionné la chaleur, mais je peux calculer l’évolution de l’intensité de la soirée par la chaleur et ce que le thermostat affichait. Rendu là, ledit thermostat a explosé et il ne restait que des miettes au sol. La légende qu’est le groupe continue de grandir et ce spectacle va passer à l’histoire au sein des membres de Belvedere et pour plusieurs résidents punks de la vieille capitale.
La foule attendait de pied ferme Authority Zero, pour des raisons bien évidentes. À chaque passage du groupe américain, les gens en redemandent à la fin du spectacle, il est donc logique que les gens soient prêts à faire la file pour être certains de les voir. Vous ne le savez peut-être pas, mais Jason Devore, le chanteur du groupe a eu de graves problèmes de santé qui l’ont amené à revoir ses choix de vie. Il est sobre depuis plus d’un an et il affiche une forme digne des lutteurs professionnels. Leur présence sur scène est le pouvoir surnaturel du groupe. Ensemble, ils sont une force de la nature et ils sont inébranlables. Ils apportent le party et ils savent jouer avec la foule. Jason est une personne extrêmement charismatique et la portée de sa voix va rejoindre monsieur tout le monde. Il mixe plusieurs styles, ce qui fait vibrer rapidement la foule.
Ils ont aussi une fondation solide comme le rock, soit leur batteur Chris Daley qui est sûrement une des personnes les plus sympathiques de la scène punk rock. Il est une légende et c’est ça aussi Authority Zero, ils sont tous des superhéros du punk.
Ils ont performé presque tous les classiques du groupe, je pense que Everyday a été le moment fort de la soirée, mais je dois dire que la pièce Revolution est venue me chercher dans les tripes. La bière s’est retrouvée à voler partout dans les airs, j’ai été littéralement aspergé de ce liquide divin. La foule hurlait de plaisir pendant One More Minutes, ce qui rendait le groupe heureux, ça se sentait.
Bon, finalement c’est Big Bad World qui m’est resté dans la tête, mais j’ai tripé raide sur leur choix de pièces. C’est clairement le meilleur spectacle d’Authority Zero dans l’histoire du Québec. Comme plusieurs mentionnaient après ce spectacle, la barre était haute. Cependant, un autre groupe nous attendait après cette soirée. Mais, tout comme bon groupe qui veut donner plus, il avait envoyé un espion soit Eric Bootow pour tâter le pouls du premier bloc du festival. Il était eux aussi prêt à lever la barre.
Vous savez de qui je veux parler ?
À suivre dans le prochain article.
Texte : Eric Bedard – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
Photos : L'oeil de Mel-C. – Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89,1
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Diam vel quam elementum
Sans titre
Vous l’avez deviné, vu que le nom de la formation principal de la soirée est Untitled/1 je me dois de ne pas mettre de titre à cet article pour suivre le concept de cette formation à saveur pop punk.
On avait rendez-vous samedi dernier à l’Anti-Bar & Spectacles pour découvrir une toute nouvelle formation pop punk qui en fait date de plus de vingt ans.
Le groupe Untitled/1 s’est formé autour d’une amitié improbable entre deux adolescents d’âge différent, soit Isabelle Desjardins (Musique Plus) et Nicolas Prince. La magie musicale a opéré à une vitesse olympique entre les deux musiciens et ils ont enregistré quelques chansons, dont le simple All My Fault, qui se retrouve sur la compilation de Chom Fm 97,7 intitulé l’esprit 2001.
Puis, ils ont arrêté pour plusieurs raisons valables.
Cependant, le temps a fait son œuvre et les comparses se sont retrouvés lors d’une soirée d’Halloween. Poussé par nul autre que David Desharnais, conjoint d’Isabelle Desjardins et anciennement du Canadien de Montréal, le groupe a repris vie.
J’étais curieux de les voir en action sur scène. Je sais qu’Isabelle Desjardins a un talent de communicatrice vu ses années au sein de Musique Plus et à la radio, mais savait-elle tenir la note sur les planches d’une salle de spectacle.
La réponse est oui, elle a assuré dès le début du spectacle. J’ai aimé voir la complicité entre Isabelle et ses musiciens, surtout Nicolas Prince. Leur micro est installé de côté, de façon qu’ils soient en face l’un de l’autre, ce qui donne une dynamique que je n’avais jamais vue auparavant.
Leur drummer est une légende dans la scène. MattDemon Dumont a une signature bien à lui et quand il est derrière la batterie, on reconnaît tout de suite son style particulier. Cela amène un gros plus au groupe, car c’est une personne très professionnelle qui sait tenir le rythme en spectacle.
Le plus important pour moi est de voir une formation éprouver du plaisir sur scène et Untitled/1 en a eu. Un groupe a besoin d’avoir une chimie solide et cela se bâtit avec la pratique et l’expérience que chacun développe à l’interne en tant que groupe. On le sent, la chimie opère au sein de la formation pop punk. On voyait qu’ils étaient dans leur élément. Leurs yeux pétillants ne mentaient pas, on pouvait respirer leur joie de pouvoir partager leur musique. La prestation était courte vue que le groupe débute et ils n’ont pas un important catalogue pour piger dedans, cependant c’était assez intense que j’en aurais pris un peu plus. Mention spéciale au petit bonhomme vert gonflable qui ne l’a pas eu facile durant la soirée. Il a survécu, je vous rassure, mais son concert n'a pas été facile.
Le groupe porte le nom anglais sans titre, je leur aurais donné le titre de bête de scène.
Pour supporter Untitled/1, il y avait quatre autres formations locales, dont juste avant mes amis de longues dates Still Insane. Ils n’ont jamais lâché malgré les changements de membres au sein du groupe, la détermination d’Eric Dorval et sa troupe amène son lot de respect. Ils ont offert une excellente performance appuyée par un bon choix de chansons à travers leur catalogue, dont une pièce du premier EP de Still Insane. Ils ont eu un petit problème technique au niveau de la guitare, puisqu’ils ont dû emprunter celle de Nick Prince, pour terminer le spectacle. Cela n’a pas arrêté la tête de bouque qu’est le groupe. Ils ont la tête dure et ils sont capables d’en encaisser des petites erreurs techniques. Jean-Philippe Bérubé aime jouer nu-pied, ce qui est punk en soi. Je me demandais si les planches de la scène de l’Anti-Bar & Spectacles étaient propres. La meilleure façon de le savoir était de lui demander de lever un de ses pieds. J’ai pris le micro et je lui ai demandé de me montrer ses pieds. Ce qu’il n’a pas fait. Mais on a réussi à voir en dessous. J’ai été surpris, le plancher de la salle de spectacle est propre. Still Insane est un projet assez fou que je ne me tannerai jamais de les voir en spectacle.
Still Insane est monté sur la scène juste après les incroyables Run Terry Run, qui ont offert la performance la plus hardcorede la soirée. Leur musique combine punk et hardcore d’une façon accrocheuse. Le chanteur du groupe, André Albon a toute qu’une présence sur scène. Ils ont changé de chanteur voilà quelques temps déjà et je trouve qu’il apporte quelque chose de tangible, et cela offre un angle de plus au groupe qui ne laisse personne indifférent une fois sur scène. Pour qu’un groupe de hardcorevient me chercher dans mon cœur punk rock ça prend une machine à la batterie qui sait donner le ton pour le reste des musiciens. Le quatuor a tout qu’un drummer en leur sein et cela est une carte qui va les aider à se démarquer à travers ce style de musique qui trop souvent offre des similitudes chez les différents artisans de la scène.
C’est personnel comme commentaire, mais je pense qu’il est difficile de se démarquer dans cette scène, car les groupes se ressemblent beaucoup et cela limite un peu l’épanouissement du mouvement hardcore. On dirait que Hatebreed a donné un souffle au hardcore au début des années 2000 et que beaucoup de groupes ont recréé le même son, et que depuis le mouvement avance, mais en tournant souvent en rond.
Cependant, quand on a affaire à des musiciens talentueux et originaux, on tombe dans un autre niveau et je pense que Run Terry Run a tout pour être un influenceur de cette scène et amener les groupes à se démarquer et trouver leur propre son. Il reste que plusieurs groupes de notre scène local l’ont compris et offrent des albums qui se démarquent, mais il reste encore beaucoup de groupe qui sonne pareil et Run Terry Run n’est définitivement pas dans cette catégorie, leur spectacle de samedi dernier l’a prouvé.
Malheureusement, je suis arrivé pendant le spectacle de Dutch Nuggets j’ai manqué celui de No Step Back, mais je les ai vu voilà quelques mois à St-Raymond de Portneuf, j’avais eu la chance de les présenter sur scène avant le spectacle de Straightline, une formation allemande que vous devez absolument découvrir si vous ne les connaissez pas, sinon vous savez. Je sais que No Step Back livre toujours la marchandise et que leur évolution est fulgurante. Les commentaires des gens présents lors de leur performance ont appuyé ce que je pensais.
J’aurais littéralement pleuré si j’avais manqué Dutch Nuggets. Ils sont une de mes formations favorites de punk rock mélodique. Ils ont arrêté de jouer pendant plusieurs années et c’est un groupe qui me manquait beaucoup. Ils sont de retour et leur spectacle était complètement ahurissant. C’est comme si les membres avaient été injectés d’une formule qui permet d’avoir des pouvoirs surhumains. Ce sont des voltiges du skate punk et ils ont toujours l’énergie pour faire exploser les tympans des amateurs de musique présent dans la salle qui en demandait encore et encore après chaque pièce. Ce sont des gens vrais et intègres. On le ressent dans leur musique qui est honnête et remplie de mélodies accrocheuses. Ils viennent de faire paraître un tout nouveau simple intitulé Dead-Tired. C’est leur première sortie musicale en plus de onze ans.
Bon, ça ne me rajeunit pas tout ça.
Il reste que tous les groupes ont prouvé que notre scène locale n’a rien à envier à la scène punk internationale. En fait, on a compris comment bien le faire et on commence à se démarquer partout dans le monde. Nous sommes chanceux d’avoir des groupes de la trempe de ceux qui ont joué à l’Anti-Bar & Spectacles, samedi dernier.
Merci de perdre de l’argent au nom de la musique!
L'entrevue complète que j'ai réalisé avec Isabelle et Nick est disponible ici:
https://www.youtube.com/watch?v=zFTwgp-E_zM
Texte : Eric Bedard – Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89,1
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Red Bridge Fest - 7 juin 2024
L’amour envers le Red Bridge est de plus en plus fort et la connexion entre les festivaliers est magique, malgré la température bipolaire, nous avons fêté en guerrier, car la pluie n’arrête jamais des punks, même dans leur crise de la quarantaine.
Depuis la création du Red Bridge Fest en 2019, le samedi est la journée familiale pour plusieurs festivaliers.
Les adultes laissent leurs biberons alcoolisés de côté pour laisser place à la relève remplie d’énergie. Je suis aussi coupable, puisque depuis la naissance de mon plus jeune en 2021, je l’emmène à la journée de samedi. Courir après nos plus jeunes nous garde en forme, je peux vous le dire.
De plus, le festival a pensé à tout.
Ils ont des jeux gonflables, des maquilleurs sont sur place, ils ont deux manettes Nintendo géantes pour jouer au premier Mario Bros et des camions de bouffe. Personnellement, c’est ma sortie familiale favorite de l’année.
Je tiens à souligner aux festivaliers que vous êtes de bons parents punk rock. Voir vos sourires et ceux de vos enfants, c’est juste magique. Vous êtes important, car vous formez la relève et vous leur créez des souvenirs qui vont rester dans leur tête toute leur vie.
Sous la fierté indescriptible d’Anthony Grenier, de People of Punk Rock de voir deux de ses enfants sur scène, avec l’appui de Pierre-Olivier Brouard, du groupe The Options et Fullcount, le coup de départ du marathon punk rock était annoncé.
Try Again ne déçoit jamais sur scène depuis leur retour. La force de cet alignement semble inébranlable. Ils ont une aisance sur scène qui nous rappelle nos jeunes années. Ils éprouvent beaucoup de plaisir à visiter leur classique et le groupe continue son évolution à travers chaque spectacle. On est chanceux de les avoir, car ce sont des êtres humains, incroyables, amusants et intelligents.
La scène locale rayonne à chaque édition du Red Bridge Fest.
Down Memory Lane est la vague parfaite, que vous voulez attraper sur une planche de surf. Ils ont conquis le cœur du public à travers un spectacle rempli d’énergie. Doowy Doyon, le chanteur de la formation a une voix qui a sa propre signature. On le reconnaît toute suite et appuyé par le reste du groupe, ils offrent un concert de qualité digne des légendes de la scène punk.
Le moment que j’attendais le plus de la fin de semaine, était le retour de Pridebowl.
Le groupe n’a pas offert de spectacle en plus vingt ans, avant le spectacle de Warwick, quelques jours avant. C’est un groupe qui a tellement offert à leur amateur durant leur courte existence. Leur musique a traversé le temps et aujourd’hui plusieurs avaient la chance de voir en action.
Aaron Goulding, le chanteur du quintuple a vécu plusieurs défis dans la dernière année. Il s’est fait amputer la jambe et il a dû réapprendre à marcher, en plus de mettre de l’énergie à former les nouveaux membres du groupe et préparer le retour de Pridebowl. C’est beaucoup de travail!
Tout cela a joué sur leur performance, qui a été majestueuse. Le groupe avait un allié de taille avec eux, la foule. Je pouvais voir le visage heureux des amateurs de musique et surtout les voir hurler chaque parole de chacune des pièces. Le groupe a bien saisi ce que voulait Québec. Ils ont joué tous leurs classiques.
Pridebowl n’avait jamais performé en spectacle les pièces de l’album Yesterday’s End. C’était vraiment cool de pouvoir les entendre pour une première fois. Ils ont offert quatre pièces de cet album soit The Boy On The Hill, Yesterday’s End, Running From The Sun et Remnants. Je sais si vous calculer The Soft Song, ça fait cinq. Cependant, elle se retrouve aussi sur Drippings of the Past.
La pièce Curiosity a été un de mes moments forts et c’est à ce moment que la nostalgie s’est emparée de moi. La voix d'Aaron est restée intacte et elle était bien dosée. C’était surnaturel de voir, Heath Rowley de la formation australienne Hack the Mainframe derrière la guitare. Il a tellement de talent. Leurs trois spectacles réunions ont été grandioses et on est contents de les savoir de retour pour de bon.
Mustard Plug a pris le FEQ par surprise l’an passé, en offrant une prestation mémorable au parc de la francophonie. On est une de leurs forteresses les plus solides. Ils offrent toujours un spectacle enivrant, rempli de ballons gonflables que les membres du groupe prennent un grand plaisir de jeter au sein de la foule. Le groupe du Michigan, a amené le soleil avec eux au grand plaisir de tout le monde. La température était de notre bord et le ska rayonnait et réchauffait le cœur des festivaliers.
Qui de mieux pour faire suite à cette magnifique trame sonore que d’avoir nos héros ska de Montréal, The Planet Smashers qui offre toujours des spectacles d’envergure avec la meilleure attitude possible. Je les ai vus plus de cinquante fois et je ne me tanne pas. Le chanteur du groupe Matt Collyer a sacrifié gros pour pouvoir aider la scène punk, en formant la maison de disque Stomp Records. Cela a mis une pause aux tournées mondiales du groupe, pendant plus de deux décennies. L’an passé, ils ont recommencé à faire des tournées internationales et l’accueil était digne des grands noms de la musique.
Ce qui est drôle est que les Américains pensaient que le groupe venait des États-Unis et qu'ils avaient arrêté de jouer de la musique. Un des membres de la formation Bite Me Bambi, m’a affirmé la même chose. Ce qui est le fun est que les festivaliers du Red Bridge Fest connaissent la valeur des The Planet Smashers. Quel spectacle rempli de bonheur encore une fois.
Je dois dire que j’attendais Zebrahead au Québec, depuis longtemps. Ils ont offert le spectacle le plus complet de la fin de semaine. Il offre un son qui se situe entre Strung Out et Sum 41. Plusieurs personnes sur le site m’ont mentionné pas connaître le groupe. Je leur disais, vous allez tomber en amour avec eux. C’est exactement ce qui est arrivé, leur personnalité et leur virtuosité ont conquis une nouvelle audience. Le moment fort est arrivé lorsque Zebrahead a sorti la petite piscine gonflable et ont embarqué un de leurs membres qui a navigué à travers le site du Red Bridge Fest, soutenu par la foule qui dansait et se déhanchait aux vibrations des instruments de la formation.
Lagwagon était de retour pour un deuxième concert. Cette fois il allait nous offrir l’intégrale de Trashed, qui est considérée comme leur meilleur album en carrière par plusieurs amateurs de punk. Je dois dire qu’ils ont enchaîné cette pièce maîtresse de leur catalogue à une vitesse vertigineuse. Ça passe tellement rapidement. On a littéralement été projeté dans un vortex et on était de retour dans les années 90. La réponse de la foule était hallucinante. Les gens ont tout donné pour que le groupe les remarque sur scène.
Le moment fort de leur spectacle est arrivé lors de la pièce cachée sur l’album Trashed, soit Back One Out. Cette pièce est une reprise du rappeur LL Cool J, qui ne l’a sûrement jamais entendue. Ma seule déception est que le groupe a joué les chansons en finale que la veille. On aurait aimé avoir plus de matériel des autres albums qui n’ont pas été visités durant les deux concerts. Il reste qu’on a été choyé d’avoir droit à cette nostalgie punk.
Millencolin, nous a permis de rester en 1994 en offrant l’intégrale de leur premier opus Tiny Tunes, qui est devenu Same Old Tunes par la suite à cause de droits légaux.
J’ai aimé la formule, Erik Ohlsson guitariste du groupe a ajusté sa guitare pour offrir un son qui se rapproche du saxophone qu’on entend sur certaine pièce de cet album classique. Le groupe s'est éclaté sur scène.
J’étais sur le côté de la scène en train de chanter avec Heath Rowley de Pridebowl, quand soudain le spectacle s'est arrêté. On a levé la tête pour regarder la scène et le groupe regardait dans une direction précise de la foule. Nous avons vite réalisé qu’une personne avait tombé sur la tête durant la prestation et qu’il y avait une forte possibilité qu’elle a fait une commotion cérébrale. C’est une situation que tout le monde veut éviter, mais le risque que cela arrive reste toujours présente. Le festival, la sécurité et les aides médicaux ont effectué un travail professionnel. La personne a été transportée vers une ambulance et le groupe a repris où il avait laissé.
Millencolin ont offert deux concerts complémentaires pour les amateurs du groupe, nous avons été chanceux de vivre une expérience pareille. C’est là que repose l’essence du Red Bridge Fest, c'est-à-dire créer de la magie pour un public de tous âges tout en rendant l’expérience accessible aux portes feuilles de tout le monde.
Le Red Bridge Fest va avoir beaucoup de travail pour l’an prochain, mais une chose est certaine ils ont un public qui va les suivirent peu importe les groupes présents.
L’ambiance est parfaite!
Deux journées de rêve qui montrent que le festival est vital pour la santé des punk rockeur.
Texte : Eric Bedard – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
Photos : L'oeil de Mel-C. – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
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L'Oeil de Mel-C
Red Bridge Fest - 8 juin 2024
L’amour envers le Red Bridge est de plus en plus fort et la connexion entre les festivaliers est magique, malgré la température bipolaire, nous avons fêté en guerrier, car la pluie n’arrête jamais des punks, même dans leur crise de la quarantaine.
Ce qui est fou quand on y pense, c’est que le Red Bridge Fest nous amène des artistes de partout dans le monde. Cela amène une diversité culturelle, qui perdure à chaque édition du festival.
Deux jours de festivités nous attendaient du côté de Pont-Rouge.
Le ciel de vendredi ne nous prévoyait aucun répit au niveau de la pluie. Cependant, il n’y a eu qu’un gros déluge ce qui a permis à tous les groupes de jouer et laissé place à une magie enivrante. On dirait que quand on est mouillé, on n’a plus rien à perdre et on se laisse aller encore plus.
Les festivités ont débuté avec nul autre que nos héros locaux de Rimouski, Xlarge. Une prestation qui a rapidement attiré l’attention de la foule qui connaissait bien le groupe qui roule leur bosse depuis les années quatre-vingt-dix. L’essence de la formation sur la scène et leur expérience nous amène à vivre une aventure punk rock épique.
Pour la suite des festivités, c'est le groupe A Wilhelm Scream qui a monté le ton de la soirée. La pluie a débuté avec la première pièce du groupe et c’est à ce moment que les choses se sont gâtées. On va se le dire en bon Québécois, on s’est fait ramasser, surtout vers la fin du spectacle.
Rendu là, les festivaliers présents sur le site n’avaient plus rien à perdre et l’ambiance était surréaliste. Les membres du groupe sont non seulement talentueux, mais ils sont extrêmement sympathiques. J’avais eu la chance de les présenter sur scène lors de la première édition du Music 4 Cancer.
Nuno Pereira offre toujours une performance unique, par son imposante présence sur scène. Sa voix a une tonalité dure comme le roc et elle a une touche unique.
J’ai adoré le choix des pièces et la foule a donné beaucoup d’énergie au groupe. Une performance qui ne sera pas oubliée des amateurs du groupe avec la météo qui nous a rappelé qu’on reste à la merci de maman nature. J’étais bien content de parler avec Brian J. Robinson en arrière-scène, c’est un des bassistes le plus complet du punk. Il a, lui aussi, offert toute une performance sur scène. En plus, sans aucune surprise il est un amateur de la formation Iron Maiden.
J’attendais le quatuor Diesel Boy de pied ferme, car j’ai toujours adoré leur musique. Le dernier passage du groupe remontait à plus de vingt ans, avant leur performance au Pouzza Fest en mai dernier, du côté de Montréal. Les amateurs du festival les attendaient aussi avec enthousiasme. Selon moi, leur retour a été triomphal. Ils ont gardé la pièce Titty Twister pour la finale du spectacle et à ce moment la foule a explosé.
La légendaire formation américaine Lagwagon s'est installée pour deux soirées qui s'annonçaient intenses. Le festival affichait complet au moment où Joey Cape offrait les premières notes de la pièce After You My Friend. Les membres étaient très heureux de retrouver leur public du Québec.
En plus, Chris Flippin est de retour auprès de ses frères d’armes.
Il a eu de graves problèmes cardiaques. Il a dû quitter ses fonctions de guitariste le temps de se remettre sur pied. Dave Raun affichait une sobriété époustouflante et il était flamboyant derrière la batterie. Joe Raposo, le bassiste de Lagwagon, était en feu sûrement allumé par la flamme de Dave. Il portait fièrement son gilet de RKL, dans lequel il joue aussi avec son comparse Chris Rest qui amène toujours sa touche magique. Je me rappelle quand il était dans No Use For A Name, il avait amené le groupe vers quelque chose de différent grâce à son talent sans égal. Il avait été avec le groupe pendant quatre ans, avant la mort tragique de Tony Sly, chanteur de la formation.
J’étais heureux que Lagwagon incorpore cinq pièces de l’album Blaze. Never Stop qui se retrouve sur cet album, a été mon moment fort du spectacle. Au grand plaisir des spectateurs qui étaient présents seulement le vendredi, ils ont offert quatre chansons de l’album Trashed. Le groupe a signé un accord avec le festival pour jouer ce mythique album le samedi. Cela a donné un avant-goût de ce qu’il allait offrir le lendemain. Comme plusieurs, j’aurais préféré quelques pièces de l’album DUH, le premier de la formation de la Californie.
Je trouve toujours ça émouvant quand le quintuple joue Making Friends. Cela libère une série d’images d’une époque où tout ce qui comptait était de se faire des amis et d’apprendre à travers eux.
Le groupe a terminé avec May 16th qui a été accueilli à bras ouvert par la foule qui s’époumonait sur chaque mot.
Millencolin a une place particulière dans le cœur des Québécois.
Les spectacles au Québec affichent toujours complet et on en veut toujours plus avec ces Suédois, si charmants. Les avoirs pour deux spectacles étaient un privilège et les festivaliers le savaient. On voyait le sourire sur le visage des amateurs du groupe qui portaient fièrement leurs gilets fraîchement achetés à la tente de marchandises.
Peut-être que Dennis Jagard le chanteur de la formation Ten Foot Pole vous a vendu le vôtre, car il était dévoué derrière la table du kiosque à vendre de la marchandise de la maison de disques People of Punk Rock et des groupes qui performait durant la fin de semaine. Je trouve ça vraiment touchant de le voir soutenir le festival, les organisateurs et son ami Anthony Grenier.
Millencolin a tout donné et ils ont offert quelques classiques qui ont fait leur succès, dont Twenty Two et Penguins And Polar Bears. Le groupe a vendu des millions d’albums de façon totalement indépendante et cela fait d’eux une valeur sûre, car ils ont gardé leur intégrité.
Je dois dire que le medley du groupe a été le moment fort de cette soirée, car ils ont joué In A Room et Pain qui se retrouve sur l’album The Melancholy Collection.
La pièce The Ballad est restée gravée dans ma tête, car elle est venue toucher le cœur du public.
J’ai eu la chance de les avoir en entrevue à plusieurs reprises et je peux vous dire qu’ils ont du cœur et ils savent que le public du Québec sont exceptionnels.
Une soirée qui est difficile à décrire, car l’ambiance et l’attitude des festivaliers est unique.
J’ai quitté le site en affichant un sourire. J’ai été inondé de souvenir de ma journée sur le voyage de retour vers la ville de Québec.
J’allais me reposer quelques heures avant de revenir pour la journée du samedi qui s’annonçait pas mal plus familial, qu’aujourd’hui.
Un gros merci à l’organisation du Red Bridge Fest de nous avoir aussi bien reçus pour cette première soirée.
Texte : Eric Bedard – Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89,1
Photos : L'oeil de Mel-C. – Melanie Clement - Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89,1
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L'Oeil de Mel-C
Straightline - 1er juin 2024
La perfection n’existe pas, cependant la musique de Straightline en spectacle se rapproche de ce concept abstrait.
C’était la première fois que je me rendais au Studio 103 à St-Raymond de Portneuf pour un spectacle punk.
J’ai été impressionné par la salle, qui offre quelque chose de réconfortant et différent. Dès mon arrivée, plusieurs punks et punkettes buvaient une bière dehors et on pouvait lire l’excitation sur leur visage d’avoir la formation Straightline dans leur petit coin de Québec.
L’énergie était belle et on se sentait chez soi, c’est une place conviviale.
La soirée était une présentation de Under the River Productions, en collaboration avec Nordik Legions Productions qui a pris la formation allemande sous leur aile pour cette tournée québécoise de huit dates.
J’avais la chance d’animer cette soirée skate punk et le premier groupe que j’ai eu la chance de présenter était nul autre que Quest Kon-Fuse, qui offre un son punk avec des influences indie et pop. Ils ont donné une performance qui a fait lever la foule dès la première note. Joel Morissette a un vocal qui sort de l’ordinaire et il donne tout ce qu’il a pour livrer la marchandise. Le groupe avait un défi de taille devant lui, puisque leur guitariste ne pouvait pas être de la partie. C’est Eric Letarte du groupe No Step Back qui a pris sa place. Je peux vous dire qu’il a livré une excellente prestation, ce qui est très impressionnant quand on y pense puisqu’il n’a eu que moins de vingt-quatre heures pour apprendre les pièces que le groupe avait sélectionnées pour la soirée. Un excellent spectacle qui a donné le ton pour le reste de la soirée.
No Step Back a une place spéciale dans mon cœur punk-rock, j’avais hâte de les revoir sur une scène. Il y a eu beaucoup de choses qui ont bougé dans le groupe, depuis la dernière fois que je les ai vues en spectacles. Il y a eu une restructuration au niveau de leur son qui amène le groupe à se démarquer dans le paysage de la scène locale. Personnellement, la force du groupe se retrouve entre autres au niveau de la voix. Alex Vézina a beaucoup de puissance au niveau de son vocal et il chante avec une originalité qui amène No Step Back à un autre niveau. Bien sûr, pour que la formule fonctionne, il doit avoir des musiciens de talent avec lui pour l’appuyer. Lewis est un batteur exceptionnel, en plus d’avoir un excellent guitariste qui est aussi un être humain incroyable, soit Eric Letarte et Doum Jack est un bassiste qui pousse ses limites à chaque spectacle. Ce groupe est une force de la nature et rien ne sera épargné sur leur passage.
Pour vous démontrer la générosité de Straightline, les membres voulaient jouer avant Exhibition, pour laisser la tête d’affiche au groupe de St-Raymond de Portneuf. Cependant, la formation du comté de Portneuf a amicalement refusé pour laisser Straightline nous donner une leçon de crossover digne des grandes formations de ce monde.
Exhibition est un groupe qui offre un son skate punk renversant et ils ont beaucoup d’expérience et cela paraît lors de leurs performances. On oublie que le groupe existe depuis plusieurs années et qu’ils ont cumulé beaucoup de bons coups au fil de leur carrière. C’est du monde sympathique et ils le font pour les bonnes raisons. Ils ont ajouté un gros plus à la soirée en donnant un spectacle rempli d’énergie. J’adore leur son et la réaction du public était épique, on sentait l’amour à travers leurs regards. Au milieu du spectacle, il y avait plus de la moitié de la salle qui dansait au son du groupe.
L’odeur de la salle, allait changer drastiquement puisque que nous allions goûter à une saveur très rare sur le marché, celle du crossover européen.
Straightline offre quelque chose de savoureux au niveau de leur sonorité. En plus de combiner deux styles de musique qui m’accompagnent dans la vie à tous les jours, il offre quelque chose d’authentique. Leur musique est contagieuse, elle s’empare de vous comme un virus qui, férocement, vous entraîne dans une convulsion. Elle vous fait vibrer par la combinaison des deux styles, soit le punk et le métal. J’avais eu la chance de voir le groupe à l’œuvre en 2018, au festival Le Délüge à Jonquière et il m’avait foutu une claque musicale. Le genre de claque qui te prend quelque jour pour t’en remettre.
Cette fois, la formation avait deux nouveaux membres en leur sein.
Personnellement j’ai adoré le nouvel ajout et cela a donné un spectacle qui va passer à l’histoire de St-Raymond. Bart, le chanteur et guitariste du quatuor à une technique basée sur la précision au niveau de la guitare. Il alterne très bien sa voix entre un chant mélodique et une voix plus hardcore. Je dois dire que le batteur m’a impressionné aussi, son agilité et son aisance démontre son talent. Ils ont conquis le Québec à nouveau et je pense que cette formation mérite beaucoup plus l’attention de notre part.
Depuis plus de vingt ans il s’efforce à donner un nouveau souffle à la scène punk international.
C’était un gros honneur de pouvoir les présenter sur scène, car je comprends la valeur de Straightline et son importance dans l'univers musical.
Une soirée magique avec du monde très chaleureux et une énergie qui s’est fait sentir partout dans le petit village de St-Raymond de Portneuf.
PS: On raconte même dans le comté que les chevreuils ont adoré leur spectacle.
Texte : Eric Bedard – Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89,1
Photos : L'oeil de Mel-C. – Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89,1
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The Simon & Garfunkel Story - 14 mai 2024
Nous avons eu la chance de retomber dans l’univers d’une amitié si fragile qu’elle a éclaté en mille morceaux pour laisser une génération confuse sombrer dans un gouffre politique dénoncé par ce duo à travers une poésie si subtile que seule une minorité ont compris le réel message.
Une histoire bien connue de deux amis du même quartier qui s’unissent pour changer le monde à travers des mélodies et des mots qui pourront peut-être influencer l’esprit des gens vers quelque chose de beau et poétique. Seulement, l’amitié est un concept complexe qui amène son lot de défi.
Ce que Tom & Jerry voulait accomplir à leur début aura pris le test du temps pour y arriver.
Dès la première pièce de la soirée, The Sound of Silence, les deux musiciens nous saisissent par leur ressemblance avec Paul Simon et Art Garfunkel autant au niveau physique que par leur voix.
Pour bien comprendre une histoire, on doit savoir le contexte politique, économique et technologique. On doit regarder la géologie et l’environnement. C’est exactement ce que le spectacle nous offre. Une immersion totale qui nous permet de comprendre l’état d’esprit du duo lors de la composition des pièces qui les ont rendues célèbres.
Le spectacle est une histoire musicale qui nous plonge dans une nostalgie palpable. La musique vient nous toucher droit au cœur et je dois avouer que j’ai versé quelques larmes devant la beauté de la chose.
Cet hommage est renversant, il nous touche à chaque harmonie.
Je ne pense pas qu’une soirée soit assez. C’est le genre de spectacle qu’on doit revoir tellement il y a beaucoup d’informations et on passe par tellement d’émotions.
Une chance ils sont de retour sur scène pour une supplémentaire, le mardi 14 mai 2024. Il reste quelques billets, je vous invite à ne rater ce spectacle, car il est magnifique sur tous les points.
Texte : Eric Bedard – Prescription Punk Rock – CKRL 89.1
Photos : L’œil de Mel-C – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
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Blind Guardian - 10 mai 2024 - Montréal
Les majestueux gardiens aveugles nous ont charmés à nouveau par leur musique parsemée de magie et leurs contes qui nous amènent dans un univers médiéval fantastique d’une richesse infinie.
La première fois que Blind Guardian est venu au Québec remonte en 2002 et depuis c’est l’amour fou entre la province de Québec et le groupe allemand.
Il faut dire que les amateurs du groupe jouent pour beaucoup là-dedans. La légion d’amateur du groupe c’est les accueillir en grand. Hier n’était pas une exception, la salle affichait complaît et on pouvait lire l’excitation sur le visage de chaque métalleux.
J’étais très fébrile de les revoir puisque je ne les avais pas revu depuis leur passage le 28 novembre 2006 à la salle Albert-Rousseauà Québec. Un spectacle qui m’avait marqué au fer forgé par l’intensité du groupe et de la foule qui combiné ensemble offrait une énergie divine.
Malgré la présence de plus de sept événements musicaux simultanément à Montréal, la salle était pleine à craquer ce soir. Je trouve ça impressionnant ça montre que le métal est plus fort que jamais.
C’est le super trio de la Californie Night Demon qui a ouvert les festivités avec leur son métal traditionnel qui offre une saveur rétro. Leur sonorité et l'esthétique musicale ressemble à celle des groupes métaux des années 80. Il ne réinvente pas la roue, mais ce qu’ils font ils le font avec plaisir et il y a une certaine authenticité là-dedans. L’attitude est définitivement au rendez-vous, mais elle est bien calibrée. Ils ont donné une performance qui a fait réagir la foule positivement.
Blind Guardian a sorti l’arsenal lourd dès le départ de leur performance avec la mythique pièce Imaginations From the Other Side. Dès les premières notes la foule est devenue électrique et l’énergie c’est immédiatement répandu dans la salle. La magie décrite dans leur musique se matérialise réellement à travers la foule qui s’époumone sur chaque pièce du groupe.
La tournée défend le dernier opus The God Machine qui est paru en 2022, ce qui a amené trois pièces à faire le répertoire, soit Blood of the Elves, Secrets of the American Gods et Violent Shadows. Cela au grand plaisir des amateurs du groupe, puisque l’album a été très bien accueilli.
Il y a eu deux moments marquants durant le spectacle. Que dis-je, spectaculaire!
Bien sûr le premier est arrivé lorsque le groupe a lancé qu’il allait jouer The Bard’s Songs – In the Forest. Je me retrouvais entouré de mes amis du secondaire à hurler les paroles de cette magnifique balade, qui a tellement de sens quand on s’arrête au texte. C’était irréel et magnifique moment qui va rester dans ma tête à jamais. La foule adore ce moment où ils peuvent chanter ce classique avec Hans Jürgen Kürsch, le chanteur de Blind Guardian qui ne fait que le guider. La foule devient une seule voix et ça c’est quelque d’exceptionnel à cette formation.
La voix d'Hansi est intacte et il doit avoir toute qu’une technique pour garder sa voix aussi parfaite. Il n’a aucune misère à aller chercher les notes hautes et ses sauts vocaux sont vraiment dignes d’une prouesse olympique.
Le deuxième moment fort est plus un cadeau que le groupe a offert à leur publique de Montréal.
Le groupe a laissé les amateurs choisir la dernière pièce de la soirée et, sans surprise, Montréal a choisi Majesty, elle se retrouve sur leur premier opus et elle est très cher au Québécois.
Je vous rassure l’anneau cité dans le seigneur des anneaux est entre bonne main, car il est protégé par Blind Guardian.
Même Sauron l'instigateur de la création des anneaux de pouvoir. ne pourra pas briser la force de la nature qu’est le groupe sur scène.
Texte : Eric Bedard – Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89,1
Photos : Vincent Descôteaux - Prescription Punk Rock - CKRL 89,1
L'entrevue que j'ai réalisé avec Blind Guardian est disponible ici: https://www.youtube.com/watch?v=zTy902pr90c
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Ice Cube - 5 mai 2024
La criminalité de Compton et l’oppression des forces de l’ordre sur la communauté auront amené un groupe avec en son rang un artiste surnommé Ice Cube à s’élever aux statuts culte des parrains du rap.
La ville de Québec ne reçoit pas souvent la visite de rappeur de renom en dehors du FEQ (Festival d’été de Québec).
La Source et l’Anti Bar & Spectacles offre à l’occasion des spectacles de rap, mais au niveau de l’amphithéâtre, c'est plutôt rare qu’on voie le nom de rappeurs qui ont conquis la planète. J’imagine que le spectacle d'Ice Cube et Xzibit était un test à savoir si la ville de Québec allait répondre à l’appel du rythme et de la poésie.
Tout comme Queen of the Stone Age, la formule a attiré une foule d’environ 5000 personnes. Au moins, tous les sièges disponibles avaient trouvé preneur.
Vous savez ce que j’ai réalisé avec le temps, c’est que ce n’est pas le nombre de personnes qui compte pour passer une belle soirée, c’est la qualité.
Le rap amène son lot de stéréotypes et spéculations dont celui que la foule allait avoir les culottes baissées au genou et que les gangs de rue allaient se réunir pour l’occasion, bien sûr ces commentaires proviennent de gens qui ne connaissent pas le mouvement.
Personnellement, ce que j’ai vu, c'est monsieur et madame tout le monde qui allait passer un bon moment en laissant la nostalgie de cette époque charnière du mouvement rap s’emparer de leur corps.
La soirée a débuté avec DJ KAV qui avait pour mandat de faire lever la foule et l’amener dans une nostalgie vibrante.
Personnellement, j’attendais avec impatience l’arrivée de Peter Jackson, qui a pris d’attaque la scène de façon phénoménale. Malheureusement, sa performance aura été très brève. J’aurais aimé en avoir plus, car il est l’artiste qui nous a permis d’avoir Xzibit et Ice Cube grâce à son talent.
Xzibit à marquer le monde au fer forgé d’un grand X avec son premier album, mais c’est sa collaboration avec Dr. Dre qui aura été le catalyseur qui l’a amené à animer l’émission Pimp My Ride.
Plus de vingt ans après, il a prouvé que sa musique passe le test du temps. Il a offert une performance comme s’il n’y avait pas de lendemain. La publique a répondu à l’appel et une énergie électrisante s'est fait sentir dans tous les coins de l’amphithéâtre. Les filles dansaient sous les vibrations des pièces de X et les gars chillait en bougeant de la tête en guise d’approbation devant les classiques de l’artiste.
NWA est un des groupes les plus influents de sa génération, ils ont mis les mots sur la réalité des ghettos de la Californie, en particulier celui de Compton. Ils ont ouvert le marché du rap à une génération en soif de nouveautés et surtout ils ont laissé une trace qui se fait encore sentir, aujourd’hui.
La tournée de Cube se voulait entre autres une célébration de cette époque, il a joué trois pièces du groupe avec son acolyte, William L. Calhoun, Jr. que l’on surnomme WC. Ils étaient tous les deux dans le projet Westside Connection. Ils ont une chimie indéniable sur scène.
L’agressivité d'Ice Cube est restée intacte durant toute sa carrière et c’est ce qui le démarque. Malgré son succès au cinéma et sur scène, il n’a rien perdu de son mordant, ce qui donne tout qu’un spectacle. Québec a eu une chance inouïe d’avoir l’artiste de Los Angeles pour une soirée qui sentait la plante verte vénérée par les amateurs de cette musique.
Il a performé sur tous ses classiques et la foule a perdu la tête sous cette vibration phénoménale.
Le rap n’est pas dangereux, mais sa poésie est une arme tranchante quand on en fait bon usage et cela doit rester ainsi.
Texte : Eric Bedard – Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89,1
Photos : L'oeil de Mel-C. – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
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Queen of the Stone Age - 14 avril 2024
Queens of the Stone Age offre un spectacle de très haut calibre dans une simplicité étonnante. Parfois désorganisé il se laisse emporter par le publique, sans carte pour les guider.
On va briser l’abcès en partant, on n’était pas beaucoup comparativement à d’habitude. Cela dit c’est la qualité qui compte et ça on l’avait de notre bord.
C’est le groupe britannique The Struts qui a ouvert la soirée. Ça ne vous dit rien? Ils sont moins connus ici, cependant ils sont en train de conquérir le monde avec leur son pop rock. Ils ont une image qui se rapproche avec celle de Queen, The Rolling Stones et The New York Dolls. En Europe ils sont un réel phénomène et ce soir ils ont prouvé qu’il opère une machine bien huilée. Ils sont prêt à prendre d’attaque les États-Unis et le Canada avec leur musique très accrocheuse. La performance à fait lever la foule qui a rapidement fait oublier sa petite taille. J’ai adoré l’énergie que cela à créer.
Tout était place pour amener ce dimanche à un autre niveau avec nul autre que Josh Homme et sa troupe Queens of the Stone Age.
Josh Homme est un artiste dans toute sa splendeur. Il est charismatique, il est beau, mystérieux, il a un talent, une voix incroyable et sa force réside dans son originalité à créer de la musique inspirer par des mélodies polka. La pièce No One Knows est un bon exemple, en plus elle a fait lever la foule présente, au spectacle comme s’il n’y avait pas de lendemain. Tout était en place pour une belle leçon de rock pur et dur.
Le groupe américain a offert une performance digne de leur statut légendaire. Ils ont laissé place à l’improvisation et ils ont laissé la magie opérer. La foule était leur guide dans ce délire musical qui nous a amenés dans une transe devant la splendeur des mélodies créées par le groupe qui cumule plus de vingt-huit ans d’expérience. Ils sont de vieux rockeurs qui savent comment prendre la foule par les sentiments.
Bien que la chimie dans le groupe semble fragile sur scène, la performance n’a pas été alternée. On voyait que le guitariste et le bassiste essayaient d’avoir un moment privilégié avec leur chef musical, mais Joshne leur a pas donné. Il préférait se retourner vers leur batteur qui je dois dire est extraordinaire. Peut-être que les verres de tequila, ont changé son humeur envers ses collègues, mais il est clair que la force du groupe n’est pas basée sur leur chimie sur scène.
Cela n’a rien changé à la valeur de cette soirée.
Josh a passé à travers plusieurs épreuves, il a eu un cancer et il a perdu neuf de ses meilleurs amis dans les dernières années. On le sentait blessé et fragile et je crois que cela a amené beaucoup à la soirée et au spectacle. Je parle souvent de l’importance de la connexion entre les êtres humains et leur environnement.
Le groupe est basé sur cette connexion avec le public et on fait partie intégrante de cette famille dysfonctionnelle. Pas d’écran pas de pyrotechnie, juste de la lumière, de la musique et une énergie captivante.
Texte : Eric Bedard – Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89,1
Photos : L'oeil de Mel-C. - Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89,1
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À l'Ombre d'Héméra - 6 avril 2024
Ils ont offert un spectacle brutal avec une douceur mélodique vénusté. Aucun des musiciens n’est resté à l’ombre puisqu’ils ont tous donné une performance à cœur ouvert.
À L’Ombre d’Héméra est une formation qui offre un son très niché qui mixe le corrosif de la musique tout en misant sur une douceur métallique. C’est une expérience en soi lors de l’écoute sur album, mais je dois vous dire qu’en spectacle, c'est un univers de sonorités. Dès la première note du spectacle, on tombe dans un vortex qui nous amène dans une autre dimension. Je me sentais en transe tout au long de leur performance.
Les musiciens ont une belle connexion entre eux. La formation de Québec se permet ce que beaucoup de groupes aimeraient faire, jouer de longues pièces et se laisser aller comme au local de jam. Cependant, tout est calculé et toutes ces notes qui créent ces mélodies sont pensées. C’est du pur génie créatif, mais il faut comprendre que cette sonorité surtout en spectacle n’est pas fait pour tout le monde.
À L’Ombre d’Héméra ne donne pas dans la dentelle, mais il offre une autre perspective de la musique agressive quelque chose que je placerai dans le post-métal. Ils sont en train de se construire une belle armée de loyaux sujets qui sont assoiffés de musique qui sort du lot et ça se voyait du côté de La Source de la Martinière,le samedi 6 avril 2024.
Tout comme le nom du groupe, la musique est un contraste constant. Héméra est une divinité grecque qui représente la lumière et elle personnifie le jour.
Le spectacle qu’offre le sextuor est une expérience musicale que les amateurs de ce type de musique doivent vivre au moins une fois dans leur vie.
Ils ont quatre parutions disponibles ici : https://alombredhemera.bandcamp.com/
Je vous invite à aller encourager ce bijou de notre scène locale.
Texte : Eric Bed – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
Photos : L’œil de Mel-C – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
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L'Oeil de Mel-C
Achigan - 6 avril 2024
Le mercure de La Source de la Martinière a atteint un niveau d’intensité élevé. Je vous rassure ça ne sentait pas le poisson, juste la sueur punk devant le phénomène qu’est le groupe Achigan.
La soirée s’annonçait forte en émotion puisque deux bêtes de notre scène locale se réunissaient pour nous offrir une soirée unique et surtout diversifiée.
C’est Achigan qui a ouvert la soirée avec leurs punks engagés parsemés de mots tranchants. Le public était au rendez-vous et j’ai adoré voir de nouveaux visages dans la salle. Le groupe a un magnifique cercle d’amis qui les suivent depuis plusieurs années. Le groupe affichait une forme olympienne et l’ajout de Marc-Antoine Bastien (ex Mute) donne un mordant supplémentaire au groupe de la ville de Québec. Il est musicien accompli et il a une énergie contagieuse et cela apporte beaucoup au spectacle et à la musique d’Achigan.
Christian Jacques, le chanteur et poète de la formation était en pleine possession de ses moyens. On sentait sa joie d’être sur la scène et de partager ses magnifiques textes. La foule fait partie intégrante du groupe et, dès les premières notes, elle s’est approchée du quatuor et les pas de danse ont commencé.
Guillaume Guité a toujours été une personne qui m’a impressionné par son jeu de guitare qui sort du lot, c’est original, il y a une touche qui a quelque chose d'unique et caractéristique. Quand on l’entend jouer, on reconnaît son jeu de guitare. La chimie du groupe est solide. En plus, avec Simon Vivier à la batterie, la formation à une fondation solide qui leur permet de passer le test du temps.
Le groupe mise sur ses textes et pour les aider ils ont un allié de taille soit le cinquième membre du groupe Josee C-Larochelle qui est monté sur la scène pour lire un texte de poésie percutant avec Guité. C’est rare que les groupes ajoutent un volet poésie durant leur spectacle, sa reste un risque.
C’est durant la performance qu’on a entendu rugir un homme de Cro-Magnon dans son ivresse avancée « Toé, tu étais pas dans MAP, avant ? » Ça valait la chandelle, car cela a amené de la profondeur au spectacle et ça donne une claque. Le dernier artiste punk que j’ai vu offrir une performance poétique durant son spectacle, c'est Noé Talbot de la formation Fortune Cookie Club.
Ils ont trois albums à leurs actifs qui sont tous différents et savoureux à leur façon.
Tout comme le poisson à son nom, le groupe est impressionnant à observer. Il reste vorace de répercussions positives envers son environnement et il reste aux aguets de ses prédateurs.
Des valeurs qui font de lui une espèce rare et qu’il faut protéger à tout prix.
Texte: Eric Bedard – Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89,1
Photos: L'oeil de Mel-C. – Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89,1
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L'Oeil de Mel-C
Pantera - 27 février 2024
La panthère a vieilli, mais elle reste un prédateur redoutable et avec deux alliés de choix elle nous a fait revivre l’énergie de ses beaux jours.
Pour pouvoir apprécier cette soirée, il fallait se mettre dans le contexte de l’histoire de Pantera.
La formation du Texas a marqué la scène au fer forgé dans les années 90, grâce au génie créatif des frères Abbott. Leur conquête mondiale a été rapide et phénoménale, à la suite de la parution de leur cinquième album Cowboys From Hell. Cependant, elle a aussi été très chaotique due à l'excès et au tempérament de leur sixième chanteur, Phil Anselmo.
Ces problèmes au dos l’ont mené dans un gouffre de consommation, qui a eu raison de la formation puisque les frères Abbott n’en pouvaient plus d’attendre le retour de Phil qui continuait à évoluer au sein de deux groupes soit Superjoint et Down. Il n'offrait aucun signe de vie aux deux frères et il ne démontrait pas un désir de revenir jouer avec la formation. Ce sont deux projets qu’il a formés au début des années 90. Ils ont décidé d’officialiser la séparation du groupe en novembre 2003.
Ils sont allés former Damageplan et malheureusement Nathan Gale est venu mettre fin au groupe en assassinant quatre personnes dont Dimebag Darell avec une arme à feu, lors d’un concert du groupe le 8 décembre 2004.
Par la suite, Vinny Paul a formé le groupe Hellyeah, c’est en 2018 qu’il meurt d’une crise cardiaque durant son sommeil. Il est important de mentionner que Vinny a toujours fermé la porte à un retour possible de Pantera sans son frère.
Cela fait en sorte que cette soirée et cette tournée était une célébration de la musique de Pantera et non un spectacle du groupe Pantera, puisque les frères Abbott sont la pièce angulaire du groupe.
Afin d’offrir un spectacle qui a le panache de ce que Pantera a été en spectacle, il fallait des musiciens de taille qui ont à cœur la musique du groupe et leurs fans. Personnellement, je crois que cette tournée a été bien reçue, car Charlie Benante et Zakk Wylde ont toujours été proches du groupe et qu’ils partagent le même bassin d’amateurs. Ils sont des musiciens exceptionnels qui pouvaient amener quelque chose et nous permettre de célébrer cette musique qui a bercé notre adolescence et notre vie adulte.
Québec était prêt pour cette commémoration, il y avait une odeur de nostalgie dans l’air et les Québécois étaient sur le point de replonger dans cette histoire métal incroyable, une bière à la main.
La première partie de la soirée est revenue à S.N.A.F.U. un groupe de la ville de Detroit aux États-Unis. Le groupe a une belle force de frappe en spectacle grâce à la voix du chanteur et les mélodies des musiciens qui sont vraiment époustouflants. La formation existe depuis 2006 et elle offre un son intéressant et varié. La ville de Détroit est surprenante dans le sens que les musiciens de toutes les scènes se soutiennent et s’encouragent entre eux. Je trouve que cet élément est important à mentionner, car leur musique regorge d’influence variée.
Bien sûr, le groupe joue sur deux fronts soit le grind et le trash metal, cependant je trouve qu’ils ont saupoudré un peu d'hardcore dans leur musique, ce qui rend le tout organique et fascinant. J’ai adoré leur performance et leur présence sur scène. On voyait que le groupe était impressionné d’ouvrir pour leurs héros, Pantera et Lamb of God en plus d’être parmi nous dans la vieille capitale. L’échiquier était placé pour le reste de la soirée.
Lamb Of God est souvent venu nous visiter depuis la création du projet en 1994 sous le nom Burn the Priest, la dernière fois est arrivée cet été lors du FEQ. Ils ont offert un spectacle énergétique avec une approche imposante. Randy Blythe, le chanteur de la formation a une présence intense sur scène. Le noyau du groupe est solide et le groupe a donné une performance à la hauteur d’une tête d’affiche. Lamb of God a misé sur une stratégie efficace tout au long de leur parcours professionnel. Ils ont continué, au fil de leur aventure, à ouvrir pour des groupes légendaires et ont gagné le cœur d'une partie de leurs disciples. Le groupe a enchaîné ses classiques de façon magistrale et a bien défendu son honneur tout au long de la soirée.
Mon moment favori est arrivé lorsque que Blythe a souligné la présence d’un homme dans la foule devant lui qui portait fièrement un gilet du groupe californien Descendents, en mentionnant que le groupe était excellent. Ça valait d’être souligné.
Le groupe peut retourner à la maison la tête haute puisque Lamb of God a gagné le pari de remplir la place d'énergie en l’honneur de Dimebag Darell et Vinny Paul.
La foule était fébrile, elle était représentée par trois générations. Il est clair que peu d’entre nous ont eu la chance de voir la machine métallique qu’est Pantera en action sur scène. Cependant, vu les circonstances et l’alignement il n’y avait personne qui pouvait prédire ce qui allait se passer devant nous et à quel point les quatre musiciens allaient nous faire vivre une expérience inoubliable.
Avant d’arriver sur scène, le groupe a présenté des scènes tirées des trois vidéos qui ont fait leur renommée de débauché, qu’ils avaient intitulée 3 Vulgar Videos from Hell. On pouvait voir le groupe en tournée dans les années 90 et leurs fresques légendaires qui se terminaient avec la destruction de leur chambre d’hôtel. Je pense personnellement que Pantera sont les pionniers, ce qui est allé devenir un genre popularisé par les membres de Jackass et CKY.
Le coup de masse est arrivé dès les premières images où l’on voit les frères Abbott. Je crois que personne ne s’entendait à la nostalgie que cela allait amener tout au long du spectacle. C’est sous les notes de guitare de la pièce New Level que la foule a littéralement explosé. Le son était mieux que celui de Lamb of God et les musiciens étaient en symbiose entre eux. Zakk Wylde ne tentait pas copier le style de Dimebag il le vivait à sa façon avec son expérience et son style à lui. On pouvait sentir la présence des frères Abbott sous chaque pièce, tellement la foule s’époumonait à chanter les pièces qui sont devenues culte dans le monde de la musique. Pantera a fait partie de la trame sonore du film de mon adolescence. Chaque fête que j’allais quelqu’un avait une copie d’un album de Pantera.
Phil Anselmo, le chanteur de la formation est bien placé pour dire que le riff qui entame la pièce Walk est connu de tout le monde, et ce, à travers le monde, même des gens qui ne connaissent pas Pantera. Ils font partie intégrante de l’histoire du métal et c’est cela qu’on a célébré.
Le spectacle était proche d’atteindre la perfection, dans tous les sens. Bien que Phil ne soit plus capable d’aller chercher les notes comme dans son jeune temps, il offre une performance sobre qui démontre qu’il a assimilé une bonne technique pour tenir le coup tout au long du spectacle.
Il a eu de la misère sur la pièce This Love au niveau des vocalises éclaircies, mais il se reprend bien par la suite lorsqu’il doit hurler. Un musicien balancé qui sait ce qu’il fait avec une attitude déroutante. La grosse force de ce spectacle se retrouvait en arrière de la batterie. Charlie Benante est sûrement l’un des batteurs des plus sous-estimés en dehors du milieu du métal. Il a un talent et une frappe qui frôle la précision.
La pièce Floods nous a permis de reprendre notre souffle, avec beaucoup d’émotion puisqu’elle se voulait l’hommage ultime à Vinny Paul et Dimebag Darell. On sentait la foule émotive et on pouvait sentir le vide que la perte de ces deux musiciens a laissé.
La soirée a été un succès grâce à l'impact qu'a eu le groupe sur nos vies et à la possibilité de le célébrer presque vingt ans plus tard. À défaut pour pouvoir revoir Pantera avec les frères Abbott, nous avons eu droit à la meilleure célébration du groupe possible.
Un concert qui a mis la barre haute pour les prochains à venir.
Texte : Eric Bed – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
Photos : Melanie Clement – L'oeil de Mel-C. – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
Ps: L'entrevue que j'ai réalisé avec le groupe Lamb of God est disponible ici: https://www.youtube.com/watch?v=vv0iY5WnkHY
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L'Oeil de Mel-C
Made In Iron - 3 février 2024
Eddie the Head aurait épargné les membres de Made In Iron, puisqu’ils ont passé le test d’offrir une reproduction impeccable de leur spectacle World Slavery Tour, qui a eu lieu en 1984.
Quand nous entrons dans la salle de spectacle du Théâtre Capitole, nous sommes immédiatement frappés par le décor et la toile en arrière-scène qui sont vraiment impressionnants. Ce n’est pas une reproduction identique à celle de la scène du World Slavery Tour d’Iron Maiden, mais à leur façon, ils ont créé une scène sous la même thématique qui y ressemble grandement. Cette scène montre en entrée de jeu que les membres du projet Made In Iron sont très débrouillards et que malgré un budget restreint ils ont réussi à monter une scène qui se rapproche de la réalité.
Le spectacle a débuté sous le discours de Winston Churchill intitulé We shall fight on the beaches. Cet intro a quelque chose d’important au niveau de l’histoire Britannique, mais elle donne aussi un bon coup d’envoi pour le spectacle, juste avant les premières notes d'Aces High, qui se retrouve sur l’album Powerslave, paru le 3 septembre 1984.
Made In Iron est arrivé sur la scène gonflée à blocs, déguisée respectivement comme chaque membre du groupe. Il y a des hommages qui misent sur leur virtuosité pour reproduire de façon magistrale la musique de leur groupe favori. D’autres groupes hommages vont miser sur les décors et les déguisements et offrir une performance honnête, sans plus. Made In Iron offre les deux, soit un décor renversant et une performance similaire avec la même énergie qui a fait la renommée de la vierge de fer, cet instrument de torture médiévale.
Ce qui a rendu cette soirée unique, ce sont les amateurs d’Iron Maiden. Le public de ce groupe est inégalable et offre une grande diversité, mais ils ont une loyauté qui va au-delà de l’amour pour ce groupe. Ils sont prêts à tout donner pour des musiciens qui ont le talent de reproduire leur musique, car ils font partie de cette grande famille dysfonctionnelle. Je l’ai souvent mentionné, mais je crois que les amateurs d’Iron Maiden sont les meilleurs au monde. Pour cette soirée qui met la table avant le retour du groupe à Québec le 27 octobre 2024 au Centre Vidéotron, le public a offert une ardeur qui a duré tout au long de la soirée. Cette énergie métal s'est rendue au groupe Made In Iron, qui l’a utilisée pour donner une couleur unique au spectacle.
Bien sûr, le moment fort de la soirée a été l’arrivée d'Eddie the Head sur scène pendant la pièce Powerslave, juste avant les solos de guitare. La mascotte a fait vibrer le public de Québec et s'est amusée avec le chanteur du groupe, Philippe Harvey. Eddie est allé se promener dans la foule à la fin de spectacle et les gens se sont amusé à prendre des photos avec lui.
La voix de Bruce Dickinson est une voix unique qu’on reconnaît immédiatement. Pour pouvoir recréer cette voie, il faut avoir un talent brut et cela demande une prouesse vocale digne d’un athlète olympique. Je trouve que Phillipe Harvey limite à merveille et il possède un bon cardio pour courir d’un bout à l’autre de la scène tout en chantant les notes à la perfection.
De plus, la dynamique des guitares est impeccable, Fred Bergeron et Pierre-Etienne Drolet se donnent à fond dans leurs personnages, mais aussi sur leurs instruments. Les prouesses de Dave Murray et Adrian Smith sont bien recréées et on sent que le groupe a mis leur âme dans cette reproduction.
D’ailleurs, un autre élément qui ressort de ce spectacle, est le jeu de batterie à Maxime Beausejour, qu’on voit peu derrière sa batterie, vu que son banc est très bas. Il ne tente pas de recréer le personnage qu’est Nicko McBrain, le batteur d’Iron Maiden. Il offre sa propre performance avec une fougue qui est déstabilisante. Le public a remarqué son talent dès le début du spectacle. La batterie joue un rôle majeur dans tous les groupes de la planète, c’est la base d’un groupe et sa fondation. Ici, on a affaire à une fondation en adamantium.
Steve Harris est un bassiste unique que l’on ne peut qu’imiter durement. Cependant, Pat Vir a réussi cet exploit avec une aisance enivrante.
Cet hommage à Iron Maiden a assimilé tous les éléments qui ont fait le succès du groupe, ils ont un contact unique avec la foule, une virtuosité absolue et des éléments visuels qui en jettent plein la vue.
Une tournée à l'étranger est ce qu'ils méritent, les inconditionnels de la troupe britannique en dehors de nos frontières vont les accueillir avec une grande magnificence.
Texte : Eric Bed – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
Photos : L’œil de Mel-C – Prescription Punk Rock – CKRL 89,1
PS: L'entrevue complète que j'ai réalisé avec Made In Iron est disponible via le lien suivant :
https://www.youtube.com/watch?v=bI6NBKK2FmU
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Tramp of the Century - 7 février 2024
Le groupe Tramp of the Century n’a tendu aucun piège, ils nous ont bel et bien fait revivre la nostalgie des années 70 avec la trame sonore idéale, soit celle de leur idole Supertramp.
Bien que le concept de rendre hommage à un groupe est simple, le processus de création pour un hommage professionnel est plus complexe que l’on pense.
Pour bien comprendre cet hommage, il faut savoir que Supertramp a été formé en 1970 à Londres et qu’entre la formation du groupe et leur succès international en 1979 avec la sortie de leur sixième album Breakfast in America, il y a eu plusieurs changements au sein du groupe avant d’avoir un alignement parfait. La force du groupe s'est retrouvée avec le duo de compositeur Rick Davies et Roger Hodgson.
L’album a été vendu à plus de dix-huit millions d’exemplaires à ce jour. Pour vous dire l’actrice Kate Murtagh qui figure sur la pochette avec un verre du jus d’orange sur un cabaret et un menu dans l’autre main, est devenue une vedette internationale grâce à cette photo et la vente phénoménale de cet album. Le groupe a plongé dans une tournée mondiale qui avait du panache. Un équipement de haute technologie, une grosse équipe et un décor qui a coûté plusieurs millions de dollars.
Le défi de recréer cette tournée sans gros moyens financiers est une tâche, voire impossible, cependant la formation Tramp of the Century a réussi cet exploit avec brio. On a minimisé les décors à l’essentiel et la formation a misé sur leur virtuosité.
La musique de Supertramp est complexe sur tous les points et, pour pouvoir rendre hommage à la magie du groupe, il faut des musiciens talentueux. Le piano et le clavier sont un élément dominant du groupe, car il n'y a plus que du talent dans la création des mélodies, il y a de l’âme. Je trouve que les deux musiciens de Tramp on the Century, soit Roger Leclerc et Sébastien Cloutier, ont réussi à capter cette façon unique de mettre son âme dans les partitions. Ils sont majestueux derrière leurs instruments et leur plaisir est contagieux.
On peut sentir qu’ils sont dans leurs éléments devant le public conquis du Théâtre Capitole.
Un autre élément important au sein de la musique Supertramp est l’utilisation des instruments à vent soit le trombone et le saxophone. Je crois pouvoir dire que John Helliwell, que Pink Floyd a débaptisé sur l’album A Momentary Lapse of Reason dans les crédits de l’album, est un des meilleurs au monde.
Personnellement, je trouve que Bernard Baribeau, saxophoniste de la formation Tramp of the Century a le talent pour nous leurrer et nous faire oublier que nous sommes dans un hommage au groupe en reprenant avec brio les notes d'Helliwell.
Au niveau des deux voix, il est ardu de chanter comme Davies et Hodgson, en plus d’avoir de la voix, une bonne technique, il fait posséder un talent au niveau de l’imitation et je pense que Sylvain Auclair et Richard Guérard ont trouvé un terrain d’entente pour donner une performance qui se rapproche de ce que Supertramp offrait à cette époque.
La chimie du groupe nous amène dans un voyage dans le temps et on oublie rapidement que nous sommes dans une reproduction. Le public joue un rôle majeur dans les soirées hommage, car il donne au spectacle de l’énergie et permet aux groupes de faire grimper leur intensité musicale. Ce soir, ils étaient au rendez-vous et ils ont montré l’ampleur de cet album dans le cœur des Québécois.
Tramp of the Century est une force de la nature en tant que soi et je serais intéressé à les entendre composer du matériel original, ensemble.
Entre temps, vous pouvez les voir à Québec à quelques reprises en 2024, car le groupe va offrir plusieurs représentations de ce concert mythique et je vous le recommande fortement même si vous n’êtes pas un amateur de Supertramp.
Rendu à ce niveau, je leur souhaite une tournée internationale avec cet hommage.
Texte : Eric Bed – Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89,1
Photos : L'oeil de Mel-C. – Prescription Punk Rock (PPR) – CKRL 89,1
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